SNES - FSU

L’argumentaire du S1

L’aide aux élèves au collège.

13 avril 2011

 

1) Les dispositifs d’aide aux élèves

De multiples dispositifs, aux modalités et aux intervenants différents, se superposent au collège.

- L’ATP en Sixième : Deux heures d’ATP (Aide aux élèves et accompagnement de leur Travail Personnel) sont incluses dans le service des enseignants pour mettre en place des dispositifs d’aide variés (soutien disciplinaire, travail en petits groupes, aide méthodologique, études dirigées…).
- Le PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Educative) Le chef d’établissement peut proposer un PPRE à tout élève qui risque de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin du cycle. Les difficultés prises en compte sont prioritairement en français, mathématiques ou langue vivante, soit une partie seulement du socle commun. Le PPRE ne fait toutefois l’objet d’aucun financement spécifique.
- L’accompagnement éducatif Annoncé comme une réponse à « une forte demande sociale de prise en charge des élèves après les cours », ce dispositif est censé permettre aux élèves de bénéficier après la classe d’une :
• aide aux devoirs et aux leçons et « diverses activités » : approfondissement disciplinaire, lecture, atelier scientifique, découverte des métiers ;

• pratique des langues vivantes étrangères ;

• pratique sportive ;

• pratique artistique et culturelle Les intervenants sont très divers : enseignants, personnels non enseignants, étudiants, parents d’élèves, bénévoles (membres d’associations, enseignants à la retraite...).

Peuvent s’ajouter à ces dispositifs les aides mises en place par les collectivités locales, les associations, voire des officines privées.

2) Ce qu’en pense le SNES

Le travail quasi systématique en classe entière et des effectifs trop lourds ne sont pas de nature à faire entrer tous les élèves dans les apprentissages scolaires et prévenir les difficultés. Les équipes pédagogiques ont souvent utilisé la petite marge d’autonomie dont elles disposaient pour inventer des dispositifs variés d’aide aux élèves. Mais leur maintien est de plus en plus menacé par la pénurie des moyens. Même l’ATP en 6ème a tendance à disparaître et il ne reste plus qu’une demi-heure au cycle central pour mettre en place des dédoublements. Alors que l’ATP vise à assurer une aide régulière en lien avec la classe, les PPRE privilégient une conception individualisée de l’aide, fondée sur le morcellement et la répétition de quelques savoirs déconnectés du travail en classe. La multiplication des intervenants contribue à accentuer les difficultés des élèves concernés qui sont rendus responsables de leur éventuel échec.

Le travail personnel à la maison tend ainsi à s’alourdir et le recours aux cours particuliers s’est développé. Or, les parents ne sont pas à égalité pour suivre et accompagner leurs enfants dans leurs études. Le travail à la maison contribue ainsi à accroître les inégalités lorsqu’il met en jeu des savoirs et des savoir-faire qui n’ont pas été travaillés en classe. L’accompagnement éducatif, qui ne s’adresse qu’aux élèves volontaires, entre en concurrence avec des activités qui relèvent du temps scolaire (approfondissement disciplinaire, lecture, atelier scientifique, travail sur projet interdisciplinaire, recherches documentaires, pratique des langues vivantes...).

En renvoyant l’aide aux élèves « hors temps scolaire », le ministère ne vise-t-il pas à terme à réduire les horaires élèves, ce qui permettrait de légitimer de nouvelles suppressions de postes ? On constate déjà de premières dérives avec l’externalisation vers l’accompagnement éducatif de la chorale, de l’ATP en 6ème, voire du latin.

3) Les propositions/revendications du SNES

- Repenser les contenus d’enseignement, en les articulant mieux entre eux, afin de permettre aux élèves de s’approprier un savoir cohérent.
- Améliorer la formation initiale et continue des enseignants afin de les aider à mieux identifier ce qui fait obstacle aux apprentissages.
- Abonder les dotations de manière significative afin d’améliorer les conditions de travail des élèves au sein de la classe et favoriser la diversification des pratiques pédagogiques : des horaires suffisants, des effectifs limités à 24 élèves (20 en ZEP), des dédoublements et des travaux en petits groupes…
- Renforcer les dispositifs d’aide intégrés dans le service des enseignants dans le temps scolaire, et à tous les niveaux du collège, en s’inspirant par exemple de l’ATP en Sixième. Cela pourrait donner lieu à des temps d’étude surveillée et/ou dirigée pour tous les élèves.
- Donner du temps aux personnels pour se concerter et pour apporter des réponses adaptées aux problèmes rencontrés par les élèves dont ils ont la charge.
- Créer les postes nécessaires à un bon encadrement des élèves et au bon fonctionnement d’équipes pluriprofessionnelles complètes (enseignants, surveillants, CPE, CO-Psy, assistante sociale, infirmière...) où chacun apporte son regard et ses compétences.
- Réfléchir à des dispositifs d’aide décidés par le conseil de classe comme alternative possible au redoublement.

 
 

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