28 novembre 2009
1. Évolution de l’apprentissage
2. Géographie de l’apprentissage
3. L’apprentissage, une « filière » ?
4. Résultats, insertion... et ruptures de contrats d’apprentissage
5. L’apprentissage : un monde éclaté
En 2006, les apprentis représentaient 19 % des jeunes en formation professionnelle initiale et 4,7 % des jeunes de 16 à 25 ans.
On note une stagnation des effectifs au niveau V (CAP, BEP), une stabilisation au niveau IV (Bac Pro ; BP) et un développement dans le post-bac.
Les formations industrielles prédominent largement ; elles regroupent 70 % des apprentis aux niveaux V et IV. Mais les filières de formation post-bac se développent surtout dans les services où elles sont majoritaires.
L’apprentissage est essentiellement masculin, plus que les formations scolaires équivalentes, avec de fortes disparités régionales. La figure de l’apprenti « ouvrier-technicien » ne reflète pas la réalité d’un apprentissage qui jusqu’au niveau bac reste un essentiellement un apprentissage traditionnel (coiffure, artisanat, bâtiment...).
Les très petites entreprises sont les principaux employeurs d’apprentis (environ 70 %). Ce n’est que pour l’apprentissage post-bac que les grandes entreprises prennent une part significative.
La durée des contrats d’apprentissage tend à diminuer. En 2007, seuls 54 % des contrats sont d’une durée d’au moins deux ans, contre 65 % en 2000.
On note de fortes disparités régionales ; pour jeunes de 15 à 19 ans, on peut y voir une structuration historique au niveau V et IV.
Pour les plus âgés, la première place de l’Ile de France n’est pas étonnante, pour des formations de niveaux III, II et I...
| de 15 à 19 ans ; de 20 à 24 ans Source : Insee, "Bilan Formation-Emploi" (données 2007-2008) |
Pour que l’on puisse parler de « filière », il faudrait qu’une proportion significative des apprentis à un niveau poursuive au niveau supérieur et qu’ils représentent une part significative des apprentis à ce niveau supérieur.
En 2007, 36 % des apprentis poursuivent au niveau IV à l’issue d’une formation de niveau V, ils y représentent 50 % des effectifs d’apprentis, avec de fortes disparités selon les secteurs. L’existence d’une filière de l’apprentissage au niveau de l’enseignement secondaire professionnel peut se discuter, mais il faudra analyser l’effet de la généralisation du bac pro 3 ans.
Par contre la réponse est clairement négative pour les niveaux supérieurs. Seuls 12 % des apprentis de poursuivent au niveau III à l’issue d’une formation de niveau IV, ils y représentent 16 % des apprentis.
Bien qu’« il n’existe pas de suivi régulier » (sic !), on estime qu’environ 25 % des contrats d’apprentissage sont rompus en cours de formation, principalement au cours des deux premiers mois. Au niveau V cela représente environ 30 000 jeunes, soit la moitié des 60 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification.
Les taux de réussite à l’examen des apprentis sont du même ordre que ceux des scolaires. Mais si l’on tient compte des ruptures de contrats, l’espérance d’obtention du diplôme est nettement plus faible pour les apprentis aux niveaux V et IV.
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| Scolaires | Apprentis | Scolaires | Apprentis | Scolaires | Apprentis | |
| Candidats | 50 601 | 78 139 | 197 203 | 22 154 | 95 049 | 23 187 |
| Reçus | 41 947 | 61 754 | 152 183 | 16 520 | 75 110 | 18 400 |
| Taux de réussite | ||||||
La comparaison de l’insertion professionnelle des apprentis et des scolaires est délicate du fait du rôle majeur joué par les caractéristiques individuelles (diplôme surtout, mais aussi sexe, situation familiale, nationalité des parents...), barrières que les jeunes apprentis ont déjà en partie franchi.
Des études « toutes choses égales par ailleurs » estiment une probabilité d’emploi salarié, trois ans après la sortie de formation initiale, supérieure de 7 % pour les apprentis de niveau IV et V par rapport à des élèves de lycée professionnel ; d’autres études sont moins optimistes. De même, les apprentis pourraient espérer un salaire légèrement plus élevé de l’ordre de 3 %, mais ce résultat est contesté.
Des études similaires ne semblent pas avoir été menées au niveau post-bac, notamment pour les BTS, mais les taux bruts d’insertion et les salaires des ex-apprentis et des ex-étudiants sont quasi-identiques.
Aux niveaux V et IV, l’apprentissage représente donc un avantage en termes d’insertion , mais celui-ci est relatif et un développement massif de l’apprentissage pourrait laminer cet avantage.
L’apprentissage post-baccalauréat, celui qui se développe aujourd’hui, ne présente par contre pas d’avantage significatif sur ce plan.
L’apprentissage regroupe donc une multitude de réalités différentes ; il forme un « monde éclaté ».
Les pouvoirs publics cherchent à donner une image unique, positive, de l’apprentissage et glissent d’un tableau à l’autre, pour faire miroiter à chaque fois la facette la plus valorisante.
Alors que l’apprentissage pré-bac et l’apprentissage post-bac forment deux univers très contrastés et assez étanches, le gouvernement s’appuie sur l’image valorisant de l’apprenti post-bac pour valoriser l’apprentissage aux niveaux V et IV. Et il s’appuie sur la nécessité pour chaque jeune d’acquérir au moins une qualification de niveau V pour développer l’apprentissage post-bac !
Voir aussi :