SNES - FSU

Fiches argumentaires

L’orientation n’est pas qu’une question d’information

8 mars 2011

 

Enjeux

L’orientation focalise toutes les inquiétudes des familles par rapport à l’avenir.
Les élèves et les parents ont l’impression d’être mal informés alors que les sources d’information n’ont jamais été aussi nombreuses. Depuis 2007, les recommandations européennes mettent l’accent sur la formation d’individus « compétents » dotés « de capacités à agir, à réagir et à s’adapter » plutôt que de connaissances approfondies. L’idée est alors de permettre à chaque jeune d’être en possession des compétences requises par le marché du travail.
Pour atteindre ces objectifs, la France applique méthodiquement les recommandations de l’OCDE, comme impliquer tous les personnels et particulièrement les enseignants dans la préparation de l’orientation, la mise en œuvre des programmes d’interventions précoces centrées sur les décrocheurs potentiels ou avérés, une offre pédagogique combinant découverte des métiers et des formations.

Les entretiens d’orientation imposés aux enseignants en 3e montrent clairement que désormais le suivi et le conseil pour l’orientation, relève de la mission des enseignants. Il y a là une volonté de transfert des tâches. Dans la réalité, on sait bien que ces directives restent largement virtuelles, réduites parfois au simple renseignement d’une fiche sur les intentions d’orientation.
Les programmes d’interventions précoces centrées sur les décrocheurs scolaires se sont développés avec les expérimentations Hirsch (circulaire sur le décrochage de 2009). L’Éducation nationale devait être en position de repérage, tandis que des associations ou missions locales prenaient en charge ces jeunes. Seuls leur ont été proposés des stages ou des contrats de professionnalisation.
La mise en place du PDMF remplit le rôle d’offre pédagogique. Les enseignants doivent le prendre en charge de la 5° à la Terminale. La capacité à s’orienter est intégrée dans le LPC (piliers 6 et 7). Le livret de compétences se prolonge en livret d’orientation tout au long de la vie. Les élèves doivent ainsi apprendre à gérer tout leur parcours de vie !

Ce qu’en pense le SNES

Le rôle des CO-Psys est essentiel. Ils doivent évidemment pouvoir répondre aux interrogations des élèves et de leurs familles avec des éléments d’informations précis mais aussi guider l’élève pour l’aider à se projeter dans l’avenir.

Pour mener ce travail, le CO-Psy s’appuie sur sa formation de psychologue, ses connaissances des voies de formation ; des métiers et des caractéristiques de l’insertion par secteur professionnel et sur un territoire précis.

Les réformes proposées réduisent la question de l’orientation à un apport d’informations en réponse à une demande. Les enseignants peuvent certes intervenir pour informer sur les grands types de poursuite d’études ou éclairer les élèves sur les exigences des différentes filières. Mais, pour être efficace, l’information doit « parler » au jeune, être fiable, objective et pluraliste, prendre en compte les questions, les doutes, les projets des adolescents et permettre des projets vraiment personnels qui doivent pouvoir aboutir dans le temps, ce qui relève de la mission des COPsys.

Dans la logique ministérielle l’acquisition de la compétence à s’orienter doit se faire grâce au socle et passe pour une partie (connaissances des métiers et voies de formation) par le PDMF et implique surtout les enseignants chargés de l’évaluation. L’objectif est d’en faire une série d’exercices dont ils auront la maîtrise. Pourtant ce sont l’intérêt, la volonté, la prise de conscience, l’implication qui sont soumises à l’évaluation. Comment alors, ne pas glisser rapidement vers une évaluation des personnes ?

La focalisation du PDMF sur la découverte des métiers en 5ème, la visite de lieux de formation en 4ème, repose sur une conception linéaire de la construction des projets. Elle voudrait que les élèves se donnent d’abord un but (un métier ou un secteur d’activité) et construisent ensuite le parcours de formation correspondant pour y parvenir. Ceci n’est compatible ni avec ce qu’on sait du développement à l’adolescence, ni avec l’évolution des métiers et des contextes professionnels. Cela ne tient pas non plus compte de l’évolution de la personnalité et repose sur un principe d’immanence des goûts – qui est loin d’être une réalité à l’adolescence.

Le travail sur une découverte de l’environnement professionnel et social ne doit pas être un cours sur les métiers et les formations mais plutôt un travail sur les représentations, qui part de questions qui correspondent aux préoccupations importantes à l’adolescence dans le rapport à l’avenir. Tout travail de réflexion sur soi n’est pas de la compétence des enseignants.

Si la préparation des choix d’orientation relève bien d’actions conjointes entre enseignants et CO-Psy, il faut rappeler que chacun a son propre champ de compétences et son positionnement. Il est important de bien dissocier tout ce qui est accès à l’information du travail d’accompagnement de l’élaboration des projets et de conseils.

Les propositions du SNES

- Recruter les COPsys en nombre suffisant
- Penser les complémentarités entre les COPsys et les profs principaux sans que les seconds ne remplacent les premiers
- Offrir un large choix de formations réparties sur tout le territoire avec des passages possibles entre les trois voies du lycée. L’État doit conserver des prérogatives fortes pour tout ce qui concerne la détermination de l’offre de formation (implantation, niveau de qualification et spécialités professionnelles). Il doit assurer l’égalité d’accès, dans toutes les académies à tous les diplômes afin de ne pas renforcer la ségrégation sociale et les disparités régionales.
- Mettre en place une véritable culture commune permettant à tous les élèves de découvrir des contenus d’enseignement et des modes d’entrée dans les apprentissages avec lesquels ils ne sont pas familiers. Ainsi pourront naître et se développer des centres d’intérêts diversifiés sur lesquels pourront ultérieurement s’appuyer des choix.
- Multiplier les passerelles entre les voies de formation afin de favoriser les réorientations et de dédramatiser les enjeux de ces choix.

 

Fiche Collège N°1

Fiche Collège N°2

CLAIR : les arguments juridiques

Argumentaire contre le LPC - Collège Olympe de Gouges Sainte-Pazanne, 44

Missions et charge de travail des enseignants

L’aide aux élèves au collège

Les élèves ont-ils trop d’enseignants en Sixième ?

ECLAIR : Recrutement, lettres de mission et mutations : quels sont vos droits ?