15 janvier 2005
Si la rentrée 2004 a été une des pires que l’on ait connu depuis longtemps, il y a fort à craindre que celle de 2005 ne soit guère plus acceptable ! Tous les aspects de notre métier sont mis à mal, tant ceux des recrutements et des postes que ceux de la fonction et inévitablement celui de la carrière des professeurs documentalistes. Dès le mouvement de juillet, on pouvait compter 24 postes vacants et un grand nombre de temps partiels non pourvus à la veille de la rentrée, conséquence directe du manque de postes budgétaires. Pour combler ces manques, le rectorat a fait appel à des personnels divers : enseignants en réadaptation, enseignants non qualifiés en documentation, contractuels d’autres disciplines, vacataires et même étudiants Iufm préparant le concours au risque de leur empêcher sa réussite !
Si l’on ajoute à cela la disparition des emplois jeunes et CES-CEC des CDI qui malgré des « statuts » fragiles apportaient une aide non négligeable, le tableau est complet. On sent également ces dernières années à travers notes et rapports divers la tentation forte de redéfinir nos fonctions. Beaucoup subissent des pressions diverses qui conduisent à des dérives : confusion entre vie scolaire et actions pédagogiques par exemple (la fameuse mission « accueil » qui permet au CDI d’être le déversoir des permanences). La création du Capes en 1989 a donné aux professeurs documentalistes une mission d’enseignants qu’ils doivent exercer dans le cadre inadapté - mais bien pratique - de la circulaire de 1986. La multiplicité des taches s’accroît depuis plusieurs années avec l’informatisation de la gestion et les travaux de recherche documentaire liés à la succession de dispositifs pédagogiques. Confrontés à des demandes de toutes sortes , en urgence, et hors de leurs compétences ou de leurs missions, les professeurs documentalistes ont de plus en plus de mal à trouver leur identité professionnelle.
Alors, quel avenir peuvent-ils envisager face à une institution qui ne respecte pas leur qualification, les ignore ou les considère comme des super prestataires de service corvéables à merci et qui laisse subsister depuis des années un grand nombre de contentieux ? Il est temps de déclarer l’état d’urgence pour défendre une autre conception de notre fonction. C’est de notre capacité à réagir à une politique désastreuse à tous niveaux que dépendra notre identification et...notre existence. Le 20 janvier sera une étape importante. Ne partons pas en retard.
Patrick Laîné Extrait bulletin syndical S3 POITIERS du 13/01/05