22 décembre 2011
Lors de la campagne présidentielle de 2007, le candidat Sarkozy avait promis de faire reculer la pauvreté d’un tiers au cours du quinquennat. Non seulement cette promesse n’a pas été tenue, mais au contraire le nombre de pauvres a augmenté.
Les chiffres de l’INSEE publiés le30août 2011 indiquent 8,2millions de« pauvres » en 2009, contre 7,8millions en 2008 ;13,5% de la population de France métropolitaine est considérée comme pauvre, c’est-à-dire vivant avec moins de 954euros par mois. Ces mesures de la pauvreté sont fondées sur le revenu des ménages ;c’est un indicateur comme un autre mais il ne faut pas oublier d’autres critères comme la pauvreté en conditions de vie : qualité de l’alimentation, absence de loisirs et de vie culturelle et sociale. Avec de tels revenus il y a une quasi-impossibilité de faire face aux dépenses incompressibles : le logement et les dépenses d’énergie représentent 75% des revenus de ces ménages ce qui les conduit inéluctablement au surendettement.
Quelques chiffres éloquents :
près d’un Français sur sept est pauvre ;
4,1millions de personnes vivent avec moins de773euros par mois ;
16,9% des actifs non salariés sont pauvres ;
un étudiant sur cinq et un retraité sur dix sont pauvres.
Ce tableau alarmant de la pauvreté en France en2009 est certainement bien en dessous de la réalité de2011. Le président du Secours catholique et celui du Secours Populaire estiment que la situation s’est considérablement aggravée : « des pauvres deviennent de plus en plus pauvres mais il y a aussi des personnes qui ne s’attendaient pas à ce qui leur arrive:cadres, petits commerçants, petits artisans ». Certains disent que c’est la conséquence de la crise, mais la progression du chômage et la sortie du système d’indemnisation par Pôle emploi pour un grand nombre de Français en fin de droits sont les principales causes de la baisse du niveau de vie parmi les plus pauvres. En revanche, la part de richesse des 10% les plus riches a continuellement augmenté en dix ans, passant de 22,5% à 24,3%. Et ce, au détriment des personnes à revenus moyens. Plus précisément, « cette augmentation des inégalités par le haut, serait au bénéfice des 1% les plus fortunés », indique l’Insee. Donc les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Ce n’est guère étonnant puisque, depuis 2002, les gouvernements de droite ont multiplié les dispositions fiscales qui profitent essentiellement aux plus riches. En revanche,« les pauvres » sont accusés de tous les maux : travail au noir pour les chômeurs, accusations récurrentes de fraude pour bénéficier d’avantages sociaux.Mais la pauvreté n’est pas une fatalité en soi, il est possible d’inverser la tendance : 20 milliards d’euros suffiraient. Cette somme correspond aux réductions fiscales sur le seul impôt sur le revenu dont ont bénéficié depuis dix ans les 10% les plus riches.
Françoise Eiden