11 juin 2006
SNES-FSU
Communiqué de Presse
Paris, le 9 juin 2006
Pour améliorer l’orientation, la solution n’est pas la régionalisation !
Lors du colloque de l’Association des Régions de France, son président, Alain Rousset, a exprimé le regret que « le service de l’information et de l’orientation n’ait pas été transféré » aux régions. Dans son allocution de clôture, A. Rousset a même évoqué des pistes de réflexion autour d’une éducation régionalisée et de la création d’un service régional de l’orientation.
Déclaration étonnante, lorsqu’on sait que de nombreux présidents de région se déclaraient opposés, en 2003, à la décentralisation voulue par J-P. Raffarin des personnels non enseignants, notamment des conseillers d’orientation-psychologues.
Les arguments avancés à l’époque gardent toute leur pertinence.
Tous les élèves, quelle que soit leur région d’origine, doivent avoir les mêmes possibilités d’accès à la formation et à l’orientation. Vouloir contrôler la carte des formations, l’information et l’orientation, c’est prendre le risque d’assujettir trop étroitement les projets des élèves et leurs possibilités d’insertion aux besoins immédiats de l’économie régionale. A terme, ceci ne peut conduire qu’à une éducation régionalisée qui accroîtrait encore les disparités entre régions riches et régions pauvres.
Vouloir dissoudre dans une structure régionale des services dont les statuts, les missions et les publics prioritaires sont différents ne pourra que porter préjudice à la qualité du service rendu.
Les conseillers d’orientation-psychologues interviennent auprès du public en formation initiale. Leur mission, centrée sur l’aide à l’élaboration des projets, est éducative et inscrite dans la durée. Elle dépasse donc largement l’information et les choix d’orientation. En s’appuyant sur les projets d’avenir, elle permet aux adolescents et aux jeunes adultes de se développer, de se remobiliser sur les apprentissages et de construire des parcours de réussite. Elle réclame des psychologues qualifiés ayant reçu une formation pluridisciplinaire.
Dissoudre les CIO dans un « guichet unique » avec les structures de l’emploi, reviendrait à faire glisser leurs fonctions vers les publics adultes au détriment des publics scolaires, alors que les conseillers sont déjà trop peu nombreux pour répondre à leurs besoins.
Le défi qui s’impose à la nation, d’amener 50% d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur, nécessite un engagement fort de l’Etat et ne peut être laissé aux seules politiques régionales. L’orientation en est un maillon essentiel.
Le Snes a fait des propositions pour améliorer le système : un droit à l’erreur, des passerelles multipliées, un accompagnement renforcé pour aider à l’élaboration des projets, un meilleur fonctionnement des conseils de classe...
Mais ceci suppose que le service d’information et d’orientation reste dans l’Education nationale et que les effectifs de conseillers d’orientation-psychologues soient significativement augmentés pour que chaque élève puisse bénéficier d’un entretien par trimestre et de rencontres en petits groupes.