5 septembre 2008
LE SNES RENCONTRE L’AFPA
Le groupe National FCA du SNES a souhaité rencontrer les représentants CGT de l’AFPA . L’action que les personnels de l’AFPA ont menée au mois de mai contre les projets de démantèlement, nous a souligné l’urgence qu’il y avait à le faire .Pour le SNES c’est l’ensemble du service public de formation continue des adultes qui est aujourd’hui menacé et il est important de voir ensemble les spécificités de nos deux organismes de formation GRETA et AFPA, les publics, les finalités, les complémentarités.
Nous souhaitons nous placer du point de vue de la la formation tout au long de la vie mais aussi de l’Education tout au long de la vie. Il faut réfléchir a la construction d’un grand service public avec les GRETA , l’AFPA mais aussi l’ensemble des services publics de formation, de la territoriale à l’hospitalière.
Pour nous il est indispensable que la EFTLV se fasse à partir d’une formation initiale solide et du niveau le plus haut possible et ne doit pas être prétexte à la diminuer ou l’écourter pour d’hypothétiques formations ultérieures.
Aujourd’hui la formation professionnelle est orientée plus sur une optique patronale que de EFTLV. Elle est soumise également à la RGPP qui vise a supprimer le maximum de postes de fonctionnaires.
Pour les représentants CGT de l’AFPA , Il y a volonté du gouvernement de simplifier le paysage de la formation continue, sans tenir compte que la diversité est liée à l’Histoire et a des besoins de nature différentes.
AFPA a été créée après guerre , dans la volonté de former des ouvriers du bâtiment, avec une main d’oeuvre qui n’avait pas de formation de base .L’AFPA a toujours la volonté d’être un outil objectif pour donner à une main-d’oeuvre non qualifiée un premier niveau de qualification.
Le boulot des psychologues du travail est de rechercher avec les demandeurs une formation adaptée à leur capacité. C’est le meilleur moyen de sécuriser les parcours de formation.
L’AFPA délivre des titres du ministère du travail, et gère les commissions paritaires qui délivrent ce titre. Il y a volonté de privatiser ces titres qui sont le patrimoine de l’AFPA
L’AFPA c’est aussi un service global Ingénierie, Orientation, hébergement, restauration qui permet l’accès à la qualification des publics les plus éloignés.
C’est le démantèlement de ce service que portent les projets actuels.
Il y a mise en concurrence :
Il faut être à l’offensive au niveau des coûts ce qui entraîne suppressions d’emploi, dévalorisation des formations
POSITIONS et PISTES DE TRAVAIL COMMUNES
– élever le niveau de qualification
– acquérir une qualification professionnelle
– former les publics les moins qualifiés.
Pour cela il y a nécessité de développer le service public.
Nous constatons que les publics que nous touchons sont souvent ceux qui sont le plus en difficulté. Il s’agit pour nos deux structures de permettre l’accès à une première qualification qui permet l’insertion sociale et professionnelle. Au niveau des GRETA le public le plus important est celui des demandeurs d’emploi pour une qualification de niveau 5. L’AFPA s’adresse à 70% aux publics sans qualification, à faible niveau de formation et aux chômeurs, afin de leur donner une qualification. Cela nécessite une formation globale qui comprend la formation de base qu’ils n’ont pas acquise et qui seule permet une insertion durable. Il s’agit d’un véritable service social et non pas d’une simple adaptation à un poste de travail. Cela va à l’inverse de la notion de formation continue dans le cadre d’un secteur concurrentiel qui va privilégier des formations pour des personnes ayant un niveau de formation de base supérieur pour leur proposer une insertion dans l’emploi mais à un niveau inférieur. En gagnant sur les coûts des formations de base, les officines privées ont beau jeu de remporter les marchés avec des propositions de coûts moins élevées. Qui remplit réellement un rôle social, en s’adressant aux 150 000 personnes sortant sans qualification qui restent sans emploi ? C’est une dimension qui devrait être prise en compte par le gouvernement et par l’ensemble des collectivités locales particulièrement les régions qui ont en charge ces publics. Il est nécessaire dans ce cadre de maintenir tant au niveau de l’Education nationale que de l’AFPA les conseillers d’orientation psychologues et les psychologues du travail qui permettent une réelle adéquation entre les demandeurs et la formation proposée . Il ne s’agit pas de transférer l’orientation à un organisme unifié (ANPE/UNEDIC.......)qui ne prendrait en charge que l’orientation professionnelle au détriment des dimensions humaines du travail de psychologue Il y a nécessité que l’état mette en place une véritable politique de l’emploi.
Il y a ambiguïté entre service public national et service public régional. Il est nécessaire de trouver une position d’équilibre. La dimension nationale du service public nous paraît indispensable particulièrement au niveau des diplômes qui seuls permettent une insertion durable et la transférabilité que ne peuvent avoir les CQP. La notion de service social devrait poser la question de l’égalité d’accès au service public, et au maintien dans le marché concurrentiel. Il faut contrer les tentatives qui visent a casser les services public dans le cadre du conseil de la concurrence en les accusant de concurrence déloyale.
Nous nous proposons de continuer à travailler ensemble SNES et CGT AFPA, sur le développement du service public, sur les modes de coopération que nous pourrions mettre en place. Cette première rencontre doit être le point de départ de cette réflexion commune