16 février 2007
ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE - ÉLECTIONS LÉGISLATIVES NOS QUESTIONS SUR L’ÉCOLE POUR UNE ORIENTATION RÉELLEMENT AU SERVICE DES JEUNES
La conception de l’orientation, en France, s’est toujours inscrite dans une démarche éducative et continue, prenant appui sur les projets d’avenir des élèves, leurs intérêts, leurs aspirations, pour les aider à construire des parcours scolaires ambitieux, débouchant sur une qualification et une insertion professionnelle réussies. C’est ainsi que les grandes avancées du système éducatif pour la prolongation de la scolarité et un accès élargi aux études secondaires et supérieures, ont toujours largement fait appel au service public d’orientation et à ses personnels.
Aujourd’hui la logique est tout autre.
L’orientation devrait devenir le vecteur de parcours rectilignes, sans fautes et sans risques pour l’institution, débouchant sur une insertion professionnelle ajustée aux besoins économiques locaux, une orientation rentable et gestionnaire. Dans cette perspective, il faudrait convaincre les élèves, particulièrement ceux d’origine modeste, de s’engager dans des voies de formation professionnelles courtes correspondant aux offres d’emploi à court terme, surtout s’ils ne sont pas particulièrement brillants et méritants.
AINSI S’EXPLIQUENT LES DISCOURS ET LES CHOIX ACTUELS AUTOUR DE L’ORIENTATION
Le ministère de l’Éducation nationale prétend que les jeunes manquent d’information alors que les ressources mises à disposition n’ont jamais été si nombreuses. Ce dont les élèves et les étudiants ont besoin c’est d’une aide spécifique et personnalisée pour s’approprier ces informations en fonction de leur cas.
Il insiste sur la nécessité de conseils individualisés mais transfère les missions des conseillers d’orientation-psychologues sur les enseignants qui n’ont ni les connaissances, ni les compétences de psychologue, ni le positionnement institutionnel.
Il veut ainsi ignorer les processus psychologiques complexes à l’oeuvre dans l’élaboration des projets d’avenir Parallèlement il divise par cinq le recrutement des conseillers d’orientation-psychologues, au risque de ne remplacer que 20 % des départs à la retraite dès l’an prochain. Il stigmatise les conseillers d’orientation-psychologues pour leur méconnaissance du monde professionnel et de l’insertion alors qu’ils sont les professionnels de l’éducation les plus formés dans ce domaine. Il oublie que l’orientation des élèves du secondaire porte avant tout sur des voies de formation, même si la mise en perspective des choix professionnels est nécessaire.
Le Premier ministre souligne le manque de cohérence des structures ayant en charge l’orientation et l’insertion oubliant que la quasi-totalité des collégiens et des lycéens sont pris en charge par les CIO. La plupart des organismes (Missions locales, Paio, Cidj, ANPE) n’intervenant qu’auprès de publics déjà sortis du système scolaire et à la recherche d’une insertion. Confondre les besoins spécifiques de ces différents publics, faire fi des qualifications spécifiques indispensables pour apporter des réponses adaptées, ne pourra que repousser les élèves du secondaire vers le secteur privé du " coaching ".
Pour le SNES, l’orientation doit être le moyen d’élever le niveau d’aspiration et d’ambition de toute la jeunesse. Elle doit permettre aux jeunes de prendre de la distance par rapport aux déterminismes sociaux, favoriser l’accès à l’autonomie et l’élaboration d’une démarche personnelle. Elle doit reconnaître un droit à l’erreur et au changement et s’inscrire dans un contexte où les passerelles sont plus nombreuses et où la lutte contre l’échec est une priorité. Elle doit être un moyen d’offrir des réponses adaptées en fonction de l’âge des jeunes en formation initiale, de leurs problématiques personnelles et des étapes de leur cursus. Pour atteindre ces objectifs, l’orientation scolaire doit relever du réseau public des CIO de l’Éducation nationale, lieux d’accueil, d’information et de conseils personnalisés, et être assurée par des conseillers d’orientation-psychologues.