30 janvier 2008
Contre le livret de connaissances et de compétences.
Collège Jules Vallès à Choisy-le-Roi, académie de Créteil.
Notre collège a été désigné pour expérimenter le livret commun de connaissances et de compétences qui sera généralisé en septembre 2008.
Nous craignons que le livret qui est l’application du socle, nous incite à revoir les contenus des programmes à la baisse pour les adapter à l’évaluation nécessaire à la validation des items. On observe en effet une réduction des exigences : l’histoire se résume essentiellement à l’acquisition de quelques repères centrés sur la France et l’Europe. La pratique artistique n’est pas présente, et nous craignons que les disciplines artistiques soient tout simplement évacuées. De plus, les items seront soit acquis, soit non acquis, sans nuances, sans commentaires.
D’autres items sont inquiétants, quand on sait que le livret suit du CE1 à la 3° et qu’il pourrait être utilisé pour la recherche d’un stage pour les CAP ou BEP (aux dires d’un IPR) car ils induisent une vision normative des élèves et peuvent dériver vers un formatage au monde économique. Par exemple il est recommandé dans le pilier 6 (Compétences sociales et civiques) de savoir « travailler en équipe » et dans le pilier 7 (Autonomie et initiative) de « mettre en œuvre des projets individuels ou collectifs ». Un élève trop timide ou ne marquant pas un vif intérêt pour le collège serait donc très pénalisé.
Nous n’avons pas eu de réponse sur l’utilisation du livret : la non-acquisition des différents items peut-elle entraîner un refus de passage en seconde ? Quelle évaluation sera privilégiée, l’évaluation habituelle ou celle du livret ? Moins cher, remplacera-t-il le brevet à terme ? Comme il sera informatisé, il y a le risque d’un enregistrement de données sur les élèves d’autant plus que ses finalités ne sont pas claires.
Il représente une charge de travail conséquente, demande des heures de préparation et de concertation sans aucune décharge horaire et, bien entendu, sans rémunération.
Enfin, parce que nous refusons de servir d’alibi à sa mise en place, nous avons décidé lors d’une AG à l’unanimité des présents (plus des ¾ des profs du collège) de refuser de faire l’expérimentation.
SNES – janvier 2008