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24 novembre 2003

Le débat sur l’orientation

Les enjeux du débat

24 novembre 2003

 

SNES (FSU) Novembre 2003

LES ENJEUX AUTOUR DU DEBAT

- L’organisation du débat sur l’orientation se déroule dans un contexte particulier. Sans le mouvement du printemps dernier ce débat n’aurait sans doute pas vu le jour. La catégorie y est apparue très mobilisée pour défendre un métier que nos décideurs avaient décidé de remettre aux normes européennes.

Les intentions ministérielles à notre égard n’ont pas fondamentalement changé mais nos interlocuteurs ont fait l’expérience du décalage entre la politique gestionnaire et cynique qu’ils voulaient nous voir accepter et la résistance du terrain Peut-on accorder crédit à ce gouvernement d’une volonté de réel dialogue, alors qu’il a opposé une fin de non-recevoir à la quasi-totalité des revendications du printemps dernier ?

Cette question de fond a motivé le boycott de la présentation du débat sur l’école par les élus de l’ensemble des organisations syndicales le 27 octobre lors du CTPM : sur des sujets importants le débat est déjà tranché par le Ministère (régionalisation des TOS en 2005, suppression des aides éducateurs et des MISE ….).

- Pour autant la politique de la chaise vide ne nous paraît pertinente pour plusieurs raisons :
- Ce débat va instruire au parlement du projet de loi d’orientation qui fixera les objectifs du système éducatif et la détermination du niveau d’ambition pour la formation et l’accès à la qualification de toute la jeunesse.
- C’est donner l’image d’un refus d’évolution de nos pratiques et du système éducatif face à la demande des usagers de l’école.
- Sans se bercer d’illusions sur les conclusions de ce débat, il doit être l’occasion de faire avancer nos positions sur l’école auprès de nos partenaires et de renouer les contacts avec tous les acteurs du mouvement du printemps dernier pour réaffirmer la nécessité d’un service public pour tous les jeunes.
- Il faut donc impérativement être présent dans les débats qui vont se dérouler dans les établissements et les arrondissements ET dans les débats internes dans la catégorie.

Concernant la consultation sur l’orientation, le ministère a élaboré un questionnaire après consultation des organisations syndicales et des associations. Celui ci est loin de nous satisfaire mais il constitue une base commune de discussions que certains CSAIO ont déjà l’intention, apparemment de limiter ou réécrire. Ceci n’est pas acceptable et si des reformulations de questions sont faites, elles doivent l’être en séance après discussions avec les collègues et en motivant ces modifications. Rien ne nous oblige en effet à entrer complètement dans ce cadre et à ne pas réinterroger certaines questions quant à leur pertinence et leurs objectifs, les infléchir le cas échéant en expliquant nos positions.

Dans le grand A : Quels services doivent être rendus dans les établissements scolaires pour accompagner les élèves dans leur choix d’orientation ? Dès la première phrase le terme "service", contrairement au terme "missions" renvoie facilement à une contractualisation ce qui n’est pas notre conception des rapports entre 2 services de l’EN. En outre la restriction de notre action dans les établissements à la question des choix d’orientation est inacceptable car elle ne correspond pas à nos missions ni à notre activité réelle. Le statut dans son article 2 mentionne « l’observation continue des élèves, la contribution à la mise en ouvre des conditions de la réussite scolaire, l’aide à l’élaboration des projets scolaires et universitaires » ! Ces axes d’intervention sont absolument indispensables pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions sur l’orientation et cela prend du temps.

- La question 1 Notre travail dans les établissements ne se résume pas à l ’information mais l’on voit bien que cette question est un enjeu d’importance dans le contexte marchand dans lequel nous sommes. C’est un gros marché qui en attire plus d’un (Editeurs privés, régions, médias…). Il faut réaffirmer l’importance du service public et de l’ONISEP dans l’élaboration et la diffusion de cette information. Même si les parents sont plutôt critiques par rapport à certaines publications il faut insister sur l’objectivité, le pluralisme, l’indépendance de l’information dispensée par le service public.

LES CO-PSY ET LES CIO NE ROULENT PAS POUR UN CFA, UN LYCEE, UN LP, ILS ROULENT POUR CHAQUE ELEVE SELON SA SITUATION PARTICULIERE.

- Concernant la question 2, dont la formulation est bien meilleure nous pouvons bien entendu développer nos conceptions et la nécessité de créations de postes afin de rendre notre action plus visible.

Il est indispensable d’aborder ici toutes nos actions concernant la prévention des décrochages et des sorties prématurées du système, le suivi des jeunes handicapés et des élèves nouvellement arrivés en France. Le groupe Thélot a refusé de prendre ces remarques dans la modification des fiches correspondantes.

Il faut en outre développer toutes nos initiatives concernant les « équipes de suivi » comme un objectif à atteindre en indiquant les moyens nécessaires. La dernière question renvoie le MEN a ses propres contradictions. Certes le suivi des élèves les plus fragiles est une priorité mais le MEN veut-il que les co-psy ne s’occupent plus que des élèves en difficulté alors qu’il claironne partout que tous les élèves doivent pouvoir en bénéficier ? Conclusion : il faut des postes

- Dans le grand B La formulation des questions 1 et 2 fait ressortir une logique gestionnaire et prestataire de service qui ne convient pas dans le cadre du service public. Certes les CIO peuvent jouer un rôle important dans le secteur scolaire. Travail avec les établissements sur les résultats de l’orientation, suivi de cohortes, identifications des difficultés particulières des élèves dans le but de déboucher sur des actions en direction des élèves et des enseignants, formation des professeurs principaux, groupe d’échange avec les parents sur des thèmes concernant la scolarité, l’orientation, l’adolescence… Le CIO n’apparaît que comme un service, sans aucune question sur la pratique des COP au sein de ce service ni sur le lieu d’élaboration de ces pratiques. Il n’est perçu que comme prestataires de services, sans réflexion sur ce qu’il peut apporter aux personnels qui y travaillent (lieu d’échanges de mutualisation des outils et des connaissances, de formation, et lieu "extérieur" pour les élèves et les familles..

- Il ne saurait être question de discuter avec les partenaires extérieurs de l’organisation du CIO ou de son statut. Le problème des moyens et de l’investissement que L’EDUCATION NATIONALE est prête à mettre dans ce service public doit être préalable à toutes les propositions.

- Dans le grand C Le terme échelle régionale apparaît comme une provocation en regard à notre mobilisation de l’année dernière, nous pouvons donc systématiquement le remplacer par l’échelon académique. Il faut affirmer le rôle du CIO comme service public de proximité et développer tout ce dont nous aurions besoin pour mettre en place des actions, en priorité en direction du public scolaire, même si le CIO ne doit pas abandonner son ouverture à tous publics, mais en organisant mieux, peut-être, les liens avec les structures c’est la mission prioritaire. Le snes revendique la création d’un service public d’aide à l’insertion, à la formation continue et à la VAE. Mais ces interventions nécessitent des spécialisations que les co-psy ne peuvent prendre en charge dans le cadre de l’exercice « normal » d’un CIO.

- Dans la question 3, nous pouvons bien sûr développer aussi sur les difficultés de budgets et de déplacements.

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