SNES - FSU

Pouvoir d’achat

Les limites de l’Indice des prix à la consommation (IPC)

12 juin 2011

 

La revalorisation des pensions est maintenant connue. Elle s’élèvera à 2,1 %. Il apparaît nécessaire de faire le point sur les chiffres diffusés chaque mois par l’INSEE, en rappelant que l’indice du mois est calculé en référence à un indice 100 en 1998.

IPC mode d’emploi

Depuis la loi de 2003 les pensions sont indexées sur les prix. Pour l’INSEE, l’IPC est « l’instrument de mesure de l’inflation. Il permet d’estimer, entre deux périodes données, la variation du niveau général des prix des biens et des services consommés par les ménages ». Cependant cette définition est nuancée puisque l’IPC n’est pas considéré comme « un indice de dépenses, ni comme un indice du coût de la vie ».

L’inflation mensuelle. L’IPC est déterminé chaque mois. L’inflation mensuelle représente l’évolution de l’indice du mois considéré par rapport à celui du mois précédent. Pour le mois de mars 2011 il s’élevait à 121,9 contre 120, 9 en février. Ce qui représente une augmentation de 121,9/120,9 = 1,008, soit une inflation de 0,8 %.

L’inflation en glissement. Pour un mois donné,c’est l’évolution de l’indice du mois par rapport à celui du même mois de l’année précédente. En mars 2011 elle s’élevait à 1,9 % (121,9/119,58).

L’inflation en moyenne annuelle. C’est le qui est utilisée pour le calcul de la revalorisation des pensions. Elle s’obtient en comparant la moyenne des indices mensuels d’une année à celle de l’année précédente. La moyenne annuelle est passée de 118,0 pour 2009 à 119,76 en 2010 soit une augmentation de 1,5 % (119,76/118,04).

L’inflation perçue. Enfin l’INSEE donne aussi la valeur de l’inflation estimée par les Français. Depuis2003 elle correspond à peu près au double de l’inflation « officielle ».

Revalorisation des pensions pour 2011

Pour le gouvernement il s’agit d’une stricte application de la loi. Les 2,1 % se décomposent en 1,8 % de pré-vision d’inflation en 2011 plus un rattrapage de 0,3 %pour 2010 (ce rattrapage correspond à la différence entre la prévision de 1,2 % et l’inflation mesurée à 1,5 %).Silence total sur le fait que nous n’avons été augmentés que de 0,9 % l’an dernier, puisqu’il nous a été retiré0,3 % de trop-perçu et qu’en pension nette (celle qui détermine notre pouvoir d’achat) la progression n’a été que de0,3 % à la suite de l’augmentation de la cotisation MGEN.

Enfin aucune mesure sur le recul de l’échéance de la revalorisation reportée au 1er avril depuis trois ans.

Il faut changer l’instrument de mesure.

Que penser d’un indice qui estime que l’ensemble des prix n’a progressé que de 22 % depuis 1998 ? Tout le monde s’accorde sur le fait que le poids des dépenses contraintes est largement sous estimé dans la pondération utilisée par l’INSEE. Mais l’intégration des innovations technologiques et de l’effet qualité dissimule aussi de manière significative l’augmentation des prix.

Les Français ressentent de plus en plus le décalage entre l’évolution des prix annoncés et la réalité. Pour brouiller un peu plus les cartes l’INSEE envisage de laisser à la grande distribution le soin de relever les prix alimentaires à la place de ses enquêteurs.

Il est plus que jamais nécessaire d’imposer la mise en place d’un véritable indice du coût de la vie.

J.-C. LANDAIS

 
 

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