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Les programmes de terminale ES, après le vote du CSE

14 septembre 2011

 

Les projets de programmes de terminale en SES (enseignement spécifique et enseignements de spécialité, après consultation, ont été soumis au vote du Conseil Supérieur de l’Education (qui, rappelons-le, n’émet qu’un avis consultatif). Le SNES s’est prononcé contre ces projets. Le CSE, a également émis un avis négatif. Les raisons qui ont conduit le SNES à adopter cette position sont les suivantes :

1) Des programmes trop lourds et déséquilibrés :

Enseignement spécifique : certes, il y a eu quelques allègements, par exemple, en ce qui concerne le nombre de « notions indispensables pour traiter chaque question », on passe de 170 (89 de terminale + 81 acquis de première) à 158 (85 de terminale + 73 acquis de première)… mais cet allègement est encore largement insuffisant ! On peut toutefois noter la disparition de certaines notions ou de certains thèmes exagérément abstraits ou difficiles par exemple, la suppression (Regards croisés 1.1) des notions de justice commutative, distributive, corrective. Certaines incohérences ont été corrigées, par exemple, on a regroupé dans un même chapitre (Regards croisés 2 : travail, emploi, chômage) ce qui était, dans le projet initial, séparé en un chapitre d’économie et un chapitre de « regards croisés »). La notion de « syndicat » a été introduite en sociologie (point 2.2)…. On peut également noter un certain rééquilibrage : moins d’économie, moins de sociologie, plus de « regards croisés »… mais cela ne change rien à la logique de « cloisonnement » des disciplines.

Enseignement de spécialité « économie approfondie » : Un chapitre disparait (la protection sociale). Le chapitre 1. « Economie et démographie » est réorienté vers les questions patrimoniales et financières, réintégrant une partie de ce qui était dans le chapitre « protection sociale » auparavant. Les deux autres chapitres subissent des modifications mineures.

Enseignement de spécialité « sciences sociales et politiques » : Même démarche que pour l’autre enseignement de spécialité. Un chapitre (les organisations politiques) disparait, une partie de son contenu (« quelle est la contribution des organisations politiques au fonctionnement de la démocratie ? ») étant réinjecté dans le chapitre 1. Allègement essentiellement « cosmétique » !

2) Une démarche toujours aussi inacceptable :

En enseignement spécifique : la partition économie/sociologie/regards croisés, même « rééquilibrée » vers davantage de « regards croisés » demeure inacceptable. Rappelons que tous les programmes précédents laissaient, sur ce point, une liberté pédagogique totale et autorisaient les enseignants à croiser ou à ne pas croiser les regards… En enseignement de spécialité : la séparation entre spécialité économie et spécialité sciences sociales et politiques (allant de pair avec la suppression de la spécialité LV, correspondant à un vrai parcours de formation pour les élèves de ES se destinant à LEA, certains IUT ou BTS…) consacre le cloisonnement disciplinaire déjà observé en enseignement spécifique.

La disparition en terminale comme aux autres niveaux de l’étude du travail, de son organisation, alors que c’est une question centrale dans le débat public est des plus dommageables. Plus généralement, en se tenant éloignés des « questions socialement vives », susceptibles de mobiliser l’intérêt des élèves, les programmes sont en rupture avec l’un des objectifs fondateurs de SES : leur permettre de comprendre le monde qui les entoure.

L’entrée dans les programme demeure très « notionnelle » : l’étude des concepts et outils invite plus à les étudier pour eux-mêmes qu’à comprendre comment ils peuvent être utiles pour traiter les « questions sociales vives ». Cette logique n’est pas du tout remise en cause par les projets de programme revus après « consultation ».

Finalement, les SES en terminale deviennent un enseignement organisé à partir de thèmes et de démarches (mentionnées dans les indications complémentaires) qui sont« calqués » sur ceux du supérieur, niant les spécificités de l’enseignement secondaire.

L’absence de discussion à partir des thèmes des programmes (qui ne sont pas de véritables questionnements) conduit à une dérive techniciste : la quasi-totalité des libellés sont descriptifs, du genre « comment … », confirmé par la rédaction des indications complémentaires : « on montrera … ». Par ailleurs, la vision trop « orthodoxe » de l’économie et la démarche très « académique » qui prévaut en sociologie peuvent conduire à limiter le pluralisme des approches théoriques.

Le risque est grand que ces programmes conduisent au moment de l’évaluation finale à des exercices du type « restitution du cours » ou « exposé de mécanismes »…

 
 

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