24 mai 2004
GREVE DU 25 MAI : Les CO-PSY ont bien des raisons de la faire !
Dans la dernière ligne droite des conseils de classe du troisième trimestre, croulant sous les rendez-vous, les collègues sont parfois hésitants à « perdre » une journée de travail alors que la fin de l’année approche et que le MEN ne semble pas vouloir changer de politique. Pourquoi faire grève ? Bien sûr, nous avons toutes les raisons mises en avant par le SNES et toutes les fédérations de l’Education Nationale : Le rétablissement des postes supprimés, la diminution des recrutements, la persistance du gouvernement à vouloir transférer les TOS. Mais nous avons aussi plusieurs motifs spécifiques.
Les recrutements :
Notre catégorie est malheureusement celle où la baisse est la plus importante (- 42%) Tandis que les responsables des études prévisionnelles au MEN nous assurent sans sourciller « qu’on a trop recruté dans les années précédentes » notre enquête à partir de la pyramide des âges dans les académies montre un décalage de 100 postes en 2006 par rapport aux estimations faites par le Ministère sur les départs en retraite et un déficit de 150 postes de titulaires depuis 5 ans.
Si on laisse le MEN mener ses projets à bien, les recrutements seront pratiquement réduits de moitié en 2006 et un départ sur deux ne sera plus remplacé ! Les menaces qui pèsent sur notre catégorie sont d’ailleurs sensibles puisqu’il y a eu cette année une baisse de 33% aux concours d’entrée.
Les missions
Dans le cadre du grand débat, les synthèses ont fait apparaître de manière récurrente la nécessité d’augmenter le nombre de postes de co-psy afin d’assurer des entretiens personnalisés. Mais le flou et l’amalgame demeure concernant le processus mis en oeuvre dans l’élaboration d’un projet d’orientation, les responsabilités dans le fonctionnement des procédures et le rôle des acteurs.
Le rapport du HCEE s’il cible clairement l’abandon par l’Etat du pilotage national comme cause essentielle des dysfonctionnements et évoque « la modestie des créations de postes de co-psy » en tire des conclusions qui risquent de faire éclater le statut de psychologue et de dénaturer totalement nos missions.
Enfin les résultats de la consultation mise en place dans les services n’ont pas été communiqués. Le manque de transparence dans l’élaboration des synthèses et leur diffusion, dans certaines académies n’est pas pour nous rassurer.
Tous ces rapports vont nécessairement converger vers une remise à plat du fonctionnement de l’orientation. Il serait bien étonnant que le MEN ne tente pas d’en profiter pour revenir sur ce que certains se plaisent toujours à qualifier d’erreur historique : le titre de psychologue. Le corps pourrait alors être constitué d’étudiants titulaires de toutes licences et d’enseignants en fin de carrière (idée chère à certains hauts responsables) formés en un an à l’IUFM.
L’augmentation de la précarité et de la déréglementation
Aujourd’hui on assiste à une véritable offensive dans les académies visant à déréglementer les mouvements et la gestion des personnels. A la suite de nos interventions le Recteur de Rennes a du reculer dans ses projets de glaciation du mouvement des Directeurs mais la DPE continue à observer un silence gêné quand on le met face à ses obligations.
Les zones de remplacement sont vidées de leur titulaire remplaçant les unes après les autres ce qui permet aux rectorats de ne faire assurer que très partiellement les remplacements nécessaires par les collègues contractuels dont les possibilités de réemploi s’annoncent très préoccupantes pour la rentrée prochaine.
Enfin des moyens définitifs sont transformés en moyens provisoires fragilisant ainsi le potentiel de titulaires et laissant le champ libre à l’arbitraire le plus total en matière de gestion de ces supports.
Les menaces sur les CIO
Sous couvert de mise en conformité des districts et des bassins et /ou des difficultés de relogement de nombreux CIO sont menacés de fusion ou de suppression. Dernier en date les CIO du 6ème /7ème à Paris dont les collègues seraient dispatchés dans es CIO alentours !
Sans parler des budgets qui nous étranglent et des suppressions de postes de personnels administratifs.
Dans les mois qui vont venir la commission Thélot communiquera au Ministre ses propres propositions à partir desquelles sera élaborée la nouvelle loi. On a peine à croire que l’orientation, pierre angulaire du système, ne soit pas concernée . Si tout est à craindre, rien n’est perdu et notre mobilisation de l’an dernier nous l’a bien montré.
Seule une mobilisation importante de notre catégorie pourra empêcher les mauvais coups de l’été. Dans l’unité, mobilisons-nous le 25 !