6 juin 2009
La FSU a proposé aux autres organisations le boycott du CTPM le 28 mai ; celui-ci a donc été reconvoqué le 29. Dès l’ouverture, nous avons, en commun avec les autres syndicats, renouvelé dans une déclaration la demande de report de l’examen des décrets ; le Directeur de Cabinet ayant refusé le report, l’examen des différents textes a eu lieu. Chaque organisation a défendu ses positions, faisant apparaître des divergences ; les syndicats nationaux de la FSU ont fait de même, dans le respect de leurs mandats respectifs, après avoir lu une déclaration de la fédération et déposé un vœu sur la mise en place de pré-recrutements.
Le SNES a fait savoir en quoi les projets du MEN concernant l’affectation des néo-titulaires auraient des conséquences lourdes et bloqueraient le mouvement, interdisant aux collègues désireux de rejoindre l’académie de leur choix de le faire. Le recul du MEN sur ce point décisif a amené un vote en abstention sur les décrets CPE, certifiés et agrégés, des évolutions ayant eu lieu en outre sur la garantie de formation après le stage, impliquant toutes les composantes de l’université dont les formateurs IUFM.
La FSU et ses syndicats nationaux ne continuent pas moins à demander le report et le feront savoir lors du Conseil Supérieur de la Fonction publique du 12 juin.
Lire les déclarations du SNES et de la FSU (cliquez ici)
Pourquoi le SNES s’est-il abstenu lors du vote sur la formation des maîtres et n’a-t-il pas voté contre avec les autres organisations ?
Les textes soumis au CTPM de la semaine passée ne concernaient pas l’ensemble du projet ministériel sur la formation des maîtres. Ces décrets statutaires ont à la fois de l’importance en ce qui concerne modalités de titularisation et d’affectation des néo-titulaires et des limites, d’autres points étant réglés par arrétés ou notes de service ; en l’occurence, les textes examinés ne portaient que sur l’élévation du niveau de recrutement et sur les mesures transitoires que nous avions fait évoluer avec la FSU ces dernières semaines ; ils laissent ouverts tout ce qui concerne l’organisation de l’année de formation (quotité de service, rôle des IUFM) Le projet initial introduisait par ailleurs une modification dans la gestion des enseignants du second degré et des CPE, projet qui conduisait à empêcher, chaque année, la mutation de plusieurs dizaines de milliers d’enseignants et ouvrait la voie à la régionalisation du recrutement des enseignants du second degré. Sur le premier point, contrairement à d’autres organisations syndicales, le SNES revendique depuis longtemps l’élévation du niveau de recrutement des enseignants demandant la nécessité de l’obtention du master pour être recruté. Le contenu du projet ministériel sur ce point va dans ce sens. Sur la question de la gestion des enseignants nous avons réussi à obtenir du ministère le retrait de son projet et le maintien de la situation existant aujourd’hui. C’est sur cette base que le SNES a donc décidé de s’abstenir sur les projets de décrets concernant les professeurs certifiés et agrégés ainsi que celui concernant les CPE. Pour autant ce vote qui ne porte que sur un point de la réforme et non sur l’ensemble de la réforme, ne nous fait pas oublier les points de désaccords qui subsistent avec le ministère : réduction de la décharge de service des enseignants stagiaires, absence de prérecrutement, avenir des IUFM. Le SNES, dans les jours qui viennent, continuera donc à agir pour que la réforme proposée soit radicalement différente de celle initialement prévue, en particulier sur les points évoqués juste au dessus. D’ores et déjà le Snes a fait la proposition aux organisations étudiantes d’une large campagne sur les pré- recrutements permettant aux étudiants des classes populaires se destinant aux métiers de l’éducation d’être rémunérés à partir de la licence. Pour le SNES, il est clair qu’au delà des points qui faisaient l’objet du décret soumis au CTPM rien n’est joué.
Que répondez vous à ceux qui vous accusent de sacrifier les IUFM et la formation professionnelle des enseignants au bénéfice de la mastérisation ?
S’agissant de l’avenir des IUFM, notre position est claire. Leur création , dans un contexte de démocratisation des études et d’évolution des publics a constitué un réel progrès pour la formation des enseignants et l’appréhension du métier.Nous souhaitons que les IUFM et leur potentiel soient maintenus. Nous pensons en outre que toutes les composantes des universités (IUFM, UFR) doivent être parties prenantes de la formation des enseignants du second degré. C’est la complémentarité de ces composantes qui est la meilleure garantie de la construction d’un formation des enseignants qui associe une formation disciplinaire de haut niveau (indispensable pour les enseignants du second degré) et une formation professionnelle enrichie. C’est bien pourquoi la diminution de la décharge de service des enseignants stagiaires est un désaccord majeur entre le SNES et le ministère car c’est bien cette diminution du temps de formation qui risque d’affaiblir la qualité de la formation professionnelle des enseignants.
Notre démarche est bien de concevoir et mettre en place une élévation de la formation disciplinaire et professionnelle des enseignants, ce qui conduit bien à donner aux universités le pilotage de cette formation et de rechercher entre les UFR et IUFM des collaborations qui, en fonction des différents corps d’enseignants, doivent jouer un rôle différent. Il s’agit de penser la formation tout au long du cursus (préprofessionalisation sous forme d’introduction progressive d’éléments de didactique de la discipline et d’épistémologie, stages validés dans le master et donnant lieu à une préparation et un suivi, année de stage post concours et réflexivité sur les pratiques) Le schéma actuel tend trop souvent à cloisonner les formations disciplinaire et professionnelle au lieu de les imbriquer. Cela suppose de peser pour obtenir la préservation des moyens humains et financiers actuels et une véritable année de formation comme stagiaire
Vos partenaires syndicaux parlent de rupture du « front syndical ». Est-ce votre avis ?
Ce n’est un secret pour personne, il existe des divergences entre les différentes organisations syndicales sur la formation des enseignants. Toutes ne partagent pas notre demande d’une élévation du niveau de recrutement des enseignants. Les motifs qui ont conduit aux différents votes sont de nature différente selon les syndicats ; certains développent la revendication d’un modèle de formation successif qui n’articule pas formation disciplinaire et professionnelle et présente l’inconvénient d’imposer aux étudiants un numerus clausus en cours de master ; nous développons une conception autre de l’articulation des deux et réclamons aides sociales et pré-recrutements ( cf voeu déposé par la seule FSU) , d’autres font fi des enjeux des textes statutaires pour privilégier une critique globale de la politique éducative du gouvernement, critique que nous partageons et que nous traduisons dans l’action mais pas en faisant courir le risque pour nos collègues de textes dangereux compromettant par exemple leur droit à mobilité Pour autant ces divergences ne doivent pas faire oublier que sur des questions essentielles comme l’année de stage,l’’avenir des IUFM, les moyens, il existe une identité de vue entre la quasi-totalité des organisations syndicales. Mais on ne peut demander au SNES de sacrifier son exigence d’une élévation du niveau de recrutement, de laisser se mettre en place le recrutement régionalisé des enseignants du second degré (régionalisation que certaines organisations souhaitent).