6 décembre 2010
Le premier bilan au lycée XXX confirme les dangers et les aberrations de cette réforme, qui n’aidera pas les élèves à mieux réussir :
la diminution des horaires disciplinaires oblige les enseignants à faire leur programme en moins de temps, pour certains sans dédoublement (à décliner en fonction de la situation locale)
l’aide individualisée a été remplacée par l’accompagnement personnalisé : au lieu d’un soutien disciplinaire en très petits groupes par des enseignants qui connaissent les élèves, on met en place une structure dont le contenu est flou pour tout le monde, où les enseignants prennent ponctuellement en charge des élèves qu’ils ne connaissent pas toujours, où les élèves « tournent » d’un prof à l’autre sans y voir de sens ni de cohérence (à décliner en fonction de la situation locale) ;
les enseignements d’exploration rencontrent des difficultés (décliner en fonction de la situation locale : dédoublements ou pas, SES, MPS, LV et LA etc.) et n’ont pas toujours de sens pour les élèves qui ne les ont pas toujours choisis ;
le plus grand flou entoure l’orientation en fin de Seconde.
Par ailleurs, la globalisation des heures à effectif réduit débouche sur des conditions d’études différentes d’un lycée à l’autre, inégalité de traitement des élèves inquiétante notamment dans la perspective du bac.
Cette réforme, qui sert à supprimer des postes et à développer une logique de concurrence entre personnels et entre établissements, n’a aucun aspect bénéfique pour les élèves.
Le Ministère veut imposer à la rentrée 2011 la suite de cette réforme, en classe de Première. Dans notre lycée, cela se traduirait par :
XXX heures d’enseignement disciplinaire en moins, des complications d’emploi du temps, et la reconduite des difficultés en accompagnement personnalisé ;
la suppression de XXX groupes classes et le groupement des élèves en effectifs plus nombreux pour les « enseignements communs » aux série ES, L et S (mêmes programmes et horaires), soit une dégradation des conditions d’étude et de travail qui n’a d’autre motivation que de supprimer des postes ;
les enseignements spécifiques à chaque série sont marqués par une nette diminution horaire : 3h30 de sciences en moins en S, suppression de 2h d’enseignement « au choix » en ES (LV, maths, SES), suppression des mathématiques obligatoires en L. Comment prétendre « mieux spécialiser » les élèves quand on leur donne moins des disciplines spécifiques de leur série ? Ici encore, l’enjeu est budgétaire.
Le CA du lycée XXX demande :
la remise à plat de la réforme de 2nde (cadrage national par discipline des heures de dédoublement, redéfinition des programmes et de l’accompagnement personnalisé, horaires plus conséquents pour les enseignements d’exploration) ;
un moratoire sur la réforme du cycle terminal, pour lancer une vraie réflexion pour une autre réforme.
A télécharger