26 janvier 2009
13 octobre : le ministère présente de nouvelles maquettes des concours. Le SNES et le SNEP ont dénoncé la méthode de travail du MEN. Lors des dernières audiences, seuls trois sujets ont fait l’objet de discussions : le nombre d’épreuves, l’évaluation des compétences disciplinaires et l’épreuve de connaissance du système éducatif. La méthode avec un calendrier extrêmement serré (maquettes définitives prévues fin décembre) ne permet pas les discussions approfondies et pourtant indispensables pour faire évoluer les épreuves vers une meilleure prise en compte de la professionnalisation des métiers de l’enseignement et de l’éducation.
Que retenir de ces nouvelles maquettes ?
– Des contenus d’épreuves disciplinaires fixés pour tous les concours au niveau de la licence, ce qui contredit l’objectif d’élévation affiché.
– Une référence au référentiel de compétences que nous continuons à dénoncer.
– Un nombre d’épreuves fixé à quatre. Si, suite à notre demande, apparaît la possibilité d’avoir un second volet à l’épreuve pour certaines disciplines, sa place est insuffisante puisqu’il s’agit d’une épreuve orale prenant la forme d’un exercice pédagogique et atténue donc le coefficient de cette dernière au profit de l’entretien avec le jury. L’exemple de l’EPS est parlant puisque, selon le schéma proposé, un étudiant sans culture physique ou sportive pourrait être reçu au concours ! D’autres disciplines, pour des raisons de sécurité ou de manipulation, se trouvent dans le même cas de figure.
– L’implication de membres issus de « la société civile » dans le recrutement des enseignants et CPE pose de sérieux problèmes. Chacun appréciera ce que cela signifie au regard du débat actuel sur les contenus d’enseignement des SES par exemple.
– Une épreuve d’entretien avec le jury sur la connaissance du système éducatif dont les contours restent flous, avec un coefficient surévalué. Si nous jugeons utile ce type d’épreuve, les « aspects concrets » évoqués dans la maquette doivent conduire, pour partie, à un lien avec la discipline enseignée. La conception envisagée du jury laisse craindre le pire à cet égard (personnels de direction, hiérarchie de l’Éducation nationale, membres de la société civile…).
La réflexion sur les contenus et les objectifs des épreuves mérite un tout autre traitement. Si le SNES est favorable à une évolution des épreuves, il est indispensable que les discussions soient menées en articulation avec le reste de la formation pensée sur l’ensemble du cursus depuis les années de licence jusqu’à deux ans après la titularisation.
Emmanuel Mercier