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Nos carrières et l’autonomie

9 octobre 2010

 

L’autonomie laissée aux Recteurs en matière de gestion des carrières (accès à la hors-classe et mutations) des personnels enseignants, CPE et Co-Psy a considérablement augmenté ces dernières années. Dans ce contexte, le rôle des chefs d’établissements, en particulier pour l’accès à la hors-classe mais aussi depuis peu pour le recrutement dans les établissements labellisés CLAIR, devient sans cesse plus important. Ces évolutions ainsi que la vitesse dont l’administration les a mise en place impactent nos carrières et notre métier.

Concernant l’accès à la hors-classe, l’avis des supérieurs hiérarchiques directes (chef d’établissement et IPR) conditionne celui du Recteur. Le poids de son avis est tel dans le barème de nombreuses académies comme au niveau ministériel pour les agrégés, que seul un avis très favorable permet d’accéder à la hors-classe. Ainsi, de nombreux collègues subissent un chantage : s’ils ne participent pas à la mise en place des réformes (livret de compétences en collège, accompagnement personnalisé en lycée ou encadrement d’un stagiaire), ils n’auront pas d’avis très favorable ; sans que l’implication dans ces dispositifs ne garanti un avis « très favorable » les exemples sont nombreux. C’est la conception de nos métiers et de nos carrières qui est en jeu, c’est aussi la nature même de notre évaluation qui est transformée. Cela conduit aussi à de forte inégalités entre les collègues pour leur carrière.

Même si nos corps sont dérogatoires, la substitution dans l’ensemble de la Fonction Publique de la notation individuelle pour évaluer la valeur professionnelle d’un agent par un entretien individuel et un rapport du ressort du supérieur hiérarchique direct fait peser au dessus de nos tête un épée de Damocles. Si le système de notation qui existe actuellement n’est pas parfait, il a au moins le mérite de classer les personnels les uns par rapport aux autres. Si elle devait être mise en place, la généralisation d’un entretien professionnel individuel et ses conséquences sur le déroulé de carrière en ferait un outil de caporalisation de nos métiers. De plus, la suppression de la notation pour les corps enseignants aurait pour conséquence de supprimer le poids relatif du chef d’établissement par rapport à celui de l’IPR dans la notation globale en affaiblissant le poids de cette dernière.

Ceci s’inscrit dans l’objectif du gouvernement, d’imposer une autre organisation du système éducatif, basé sur l’établissement de contrats et dont les résultats seraient évalués à l’aide d’une série d’indicateurs. Ce qui fonde le cœur de notre métier, l’enseignement d’une discipline, deviendrait accessoire au profit du pouvoir d’une hiérarchie locale plus encline à contraindre les personnels à appliquer des réformes managériales, à mettre en œuvre des "bonnes pratiques" ou à accepter des missions sous peine de sanction sur la carrière et la retraite.

Le SNES n’est pas opposé a priori à la déconcentration de certaines opérations de gestion. Mais cela doit se faire avec un cadrage fort du ministère et sur des opérations qui ne peuvent avoir de conséquences pour la carrière (attribution des congés par exemple).

 
 

Agrégés : notation administrative

Notation pédagogique des certifiés : disparité à tous les échelons

Agrégés : notation pédagogique

Agrégés : avis annuel de notation

"Pacte de carrière" : un dû que le ministre veut nous vendre !

Le décret du 28 juillet 2010, portant sur l’évaluation professionnelle des fonctionnaires, nous concerne-t-il ?

Histoire d’une inspection

Hors-classe des certifiés : les inégalités en chiffre

Notation administrative : refuser les "entretiens individuels"

Les CPE, COPSY et professeurs stagiaires privés d’avancement

Consultation... ou manipulation ?

Évaluation : perte de repère

Évaluation : notre mot à dire

Entretien et notation

Les propositions du SNES pour le second degré et ses personnels

Nos carrières - Nos salaires