24 juillet 2008
La consultation officielle sur les projets de programmes de lettres, histoire - géographie -éducation civique, enseignements artistiques, technologie et EPS est close depuis le 9 juin. Elle a débuté mi-avril, avec plus de deux mois de retard sur le calendrier prévu. Censée permettre une large concertation des enseignants et la rédaction d’un avis collectif, elle s’est déroulée dans la précipitation et l’improvisation les plus complètes. Le ministère a refusé d’accorder la demi-journée banalisée demandée par le SNES pour que les collègues puissent se concerter, la circulaire adressée aux recteurs stipulant en effet que les emplois du temps des élèves ne devaient pas être perturbés. Il a fallu se réunir hors temps de travail, dans des conditions difficiles. Certains collègues n’ont même pas été officiellement informés. Le SNES a reçu de nombreux témoignages sur cette « caricature de concertation » : « Nous sommes délibérément traités comme quantités négligeables alors que c’est à nous seuls qu’il incombera de supporter jusqu’à la prochaine mouture les insuffisances de ces projets de programmes ». Le SNES a dénoncé ces méthodes et portera l’avis des collègues au CSE du 3 juillet à partir des résultats de sa propre consultation.
Des contenus de programmes diversement accueillis En lettres, ce projet de programme, exhumé d’un passé perdu, enferme les élèves dans une culture étroitement patrimoniale, ignorant l’étude de la littérature contemporaine, les réalités des usages de la langue ainsi que les apports de la linguistique. En histoire-géographie et éducation civique, les programmes montrent des avancées intéressantes mais aussi des choix critiquables quant aux compétences à évaluer, où le retour en force du récit historique risque de se faire au détriment de l’étude de document comme formateur de l’esprit critique. En technologie, le projet laisse augurer un changement de nature de la profession, tournant majeur contesté par les collègues. En mathématiques, sciences physiques et chimiques et SVT, les programmes ont été substantiellement « ajustés » sans aucune concertation. Des précisions ont été apportées en éducation musicale, sur les pratiques instrumentales, et sur le vocabulaire spécifique en arts plastiques. Enfin, l’histoire des arts, introduite comme un nouvel enseignement à part entière, modifie le sens même des enseignements artistiques. Le SNES n’a d’ailleurs découvert le programme d’histoire des arts que deux jours avant sa présentation aux commissions spécialisées précédant le CSE.
Détails de nos analyses dans les différentes disciplines
Alice Cardoso, Valérie Sipahimalani