SNES - FSU

santé au travail

Le travail empêché

2 octobre 2011

Enseigner, c’est s’engager, avec ce que cela suppose d’initiative et de liberté, d’encouragement de la part de l’institution, de respect du travail entrepris. Il y faut de la confiance
 

. Les métiers enseignants comme d’autres sont des métiers exigeants et complexes, qui ont besoin du collectif, de l’équipe, non de la concurrence et du chacun pour soi. Ils sont source de plaisir et d’épanouissement et ne devraient pas être source de souffrance. Aujourd’hui, ces métiers sont en voie de dénaturation, et le travail « le bon travail » est mis en cause par les conditions de travail, les nouvelles formes de « management », mais aussi les contenus d’enseignement imposés aux professionnels que nous sommes, trop difficiles ou/et trop longs, parfois fort contestables sur le fond, avec des injonctions de réussite. Face à des élèves plus divers, les enseignants ont changé leurs pratiques, mis en oeuvre des stratégies d’apprentissage et de réussite, des projets ont vu le jour, parfois remis en cause à la rentrée suivante. Les efforts pour lutter contre l’échec scolaire ont été réduits à néant par l’accroissement des effectifs, la suppression d’un poste, une diminution d’horaires, voire par la négation de la spécificité et de la richesse des enseignements, l’exemple de la voie technologique en est l’illustration. La mise en concurrence des établissements, l’obsession des « évaluations » ont encore ajouté à la pression, à l’intensification. L’enseignant « performant »nous dit-on devra pourtant faire en sorte que ça « marche ». Alors on s’efforce de réaliser des compromis avec les contraintes, on se « débrouille »…Mais quand les écarts deviennent trop grands entre l’attendu et la réalité de ce qui peut être fait, le stress se renforce. Quand ce que l’enseignant perçoit une moindre qualité de son travail, malgré un surinvestissement pour faire toujours mieux et plus, le stress s’installe durablement, entraînant TMS et burn - out,déprime ; la fatigue « normale » et dont on récupère devient une usure et une lassitude permanente. L’exercice du métier parfois trop solitaire peut conduire à penser que l’on est l’unique responsable de ses difficultés. L’isolement est souvent la conséquence de l’organisation du travail, quand l’expérience n’est pas prise en compte ou niée. L’idée du personnel fragile ou « en difficulté » comme on dit pudiquement, fait alors son chemin. Mais ce n’est pas l’enseignant qui est en cause, c’est bien l’organisation du travail qui lui est imposée, c’est « le travail qui est malade ». Pour la FSU et le Snes, le syndicalisme doit prendre la question du travail à bras le corps, donner aux collectifs enseignants les outils pour réagir, débattre concrètement des situations de travail, prendre la main au nom de la qualification, des compétences, de l’expérience, et opposer la solidarité à la mise en concurrence. Revue POUR « le travail empêché », dossier de Septembre. www.fsu.fr L’institut de recherches de la FSU a engagé depuis plusieurs années un travail sur le travail. http://institut.fsu.fr .

 
 

Enquête du carrefour santé social (CSS) 2011

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