3 avril 2008
Mars 2008
Académie de Reims, 1er bilan de l’expérimentation des livrets dans un collège
Tentative de compte-rendu bref et clair sur un sujet, on ne peut plus nébuleux...
Premier conseil pédagogique de l’année : le principal nous annonce l’apparition du livret, que notre établissement est choisi pour l’expérimenter, donc nous devons discuter avec nos collègues pour choisir entre le livret vert et le bleu. Une réunion avec l’IA aura lieu, réunissant les collèges et écoles concernés, afin de choisir le livret. Chez nous, les classes concernées sont : une classe de 6ème, 2 classes de 3ème et une classe de 4ème. A ma question portant sur le choix de la 4ème qui est la classe bilangue, réponse bredouillée et incompréhensible. La SEGPA est aussi partie prenante. Deuxième réunion où sont convoqués tous les enseignants concernés en dehors du temps de travail comme d’habitude et où nous devons travailler en équipe, le coordonnateur ZEP monopolise la parole : aux multiples questions posées, des réponses floues et pour terminer « nous devons remplir ce livret, c’est notre mission, si nous ne sommes pas contents, nous pouvons aller travailler ailleurs... » Bilan : le principal nous a donné une feuille que nous devions remplir et rendre au professeur principal afin de noter nos observations sur les formulations du livret et afin de l’améliorer. Combien de profs l’ont remplie, je ne sais pas et depuis ce jour, silence total !!! A croire que tout a disparu.
Principales questions et remarques des collègues - mis à part ceux qui suivent ventre à terre ! :
Quelle est l’utilité de ce livret ? Aucune réponse valable jusqu’à présent. La quantité de travail supplémentaire qu’il engendre.
Le temps de concertation nécessaire par équipe pédagogique et par matière (aucune heure sup n’a été rémunérée pour l’instant).
Comment valider les compétences, à la fois nombreuses et floues, sur quels critères ? ... Aucune réponse claire pour l’instant.
Remarques que j’ai transmises aux deux P.P qui les ont transmises telles quelles à l’administration, pensant que ça reprenait les diverses observations émises par les collègues.
1) Quelle est l’utilité du L.C ? La question reste posée car les réponses se sont avérées floues et peu convaincantes. Est-il amené à se substituer plus tard aux bulletins scolaires ?
2) Il sera remis à l’élève et aux parents. Dans ce cas, c’est aussi un moyen de communication mais peu efficace car la lisibilité et la compréhension des thèmes et des tâches s’avèrent très ardues déjà pour les enseignants. Alors, qu’en sera-t-il pour les parents et les élèves qui ne disposent pas de la grille Eduscol pour tenter de décrypter les messages ?
3) Les sous-ensembles se réfèrent à une telle quantité de compétences et de tâches à la fois précises et floues que l’évaluation de chacune d’elles exige :
un travail énorme : créer une évaluation, une grille pour chacune d’elles, car aucune indication n’est donnée sur la façon d’évaluer
un temps énorme de préparation / lors des heures de cours
Vu le temps requis pour effectuer ces évaluations, que restera-t-il pour simplement enseigner, c’est à dire transmettre et échanger des connaissances qui sont et restent les bases pour acquérir un savoir-faire ? Pas assez certainement pour pouvoir accomplir tous les travaux décrits dans la grille Eduscol !
4) Aussi, quand peut-on cocher la case correspondant aux éléments requis ? La question reste là aussi posée. Il n’est pas nécessaire que tous soient satisfaits pour que le palier soit acquis, telle a été la réponse. Dans ce cas, quel est le nombre exigé et sur quels critères ?
5) Il est à craindre que, face à l’incertitude, aux questions restées sans réponses, au flou général qui ressort de la mise en place de ce livret, le travail titanesque qu’il demande, une grande part de subjectivité n’intervienne dans les critères d’évaluation. Celle-ci sera alors injuste, inique. Les critères sont si imprécis qu’ils créeront de toute façon une différence d’appréciation au sein des enseignants d’un même collège et à plus forte raison de collèges différents.
Suite aux observations émises lors de la réunion, il faut rappeler que bon nombre d’enseignants, toutes générations confondues, sont entrés dans l’éducation nationale, dans le but et le désir de transmettre à des jeunes, des savoirs et des connaissances dans une matière qu’ils aiment, les rudiments pour acquérir autonomie et esprit critique entre autres choses, et non pour agir en tant que serviteurs de l’état.
Un 2ème bilan provisoire doit être fait en mai.
La collègue m’a montré la synthèse du collège, ses remarques n’y figurent pas...
A suivre …