6 mars 2011
Le grand chantier est lancé
Après la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy fait de la « dépendance » des personnes âgées le thème du prochain grand chantier gouvernemental, entérinant ainsi la discrimination par l’âge face à la perte d’autonomie.
« Je souhaite la création (...)d’un nouveau risque, d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale : le cinquième risque. »Mais après ces pro-pos rassurants le chef de l’État ajoute, sous forme de questions : « Faut-il faire un système assurantiel ? Obliger les gens à s’assurer ? Faut-il augmenter la CSG ? Faut-il avoir recours à la succession quand les enfants n’ont pas la volonté ou les moyens ? »poser ces questions n’est-ce pas déjà répondre ? Roselyne Bachelot en charge du dossier enfonce le clou « Des mesures législatives doivent être prises à l’automne 2011 (...). Mais nous ne partons pas de rien ! Plusieurs rapports, dont le dernier, celui de Valérie Rosso-Debord, posent les enjeux et les solutions qui peuvent être envisagées » . Ces propositions seront au cœur des débats mais déjà les tenants du libéralisme en font les seules solutions acceptables étant donné l’état des finances publiques.
Premier coup de boutoir contre l’État providence
L’objectif à long terme est de mettre fin à la prise en harge collective de la perte d’autonomie des per-sonnes âgées ; le lobby des sociétés d’assurance ne ménage pas sa peine pour cela, le marché est juteux.Le rapport Rosso-Debord qui fait un plaidoyer enflammé en faveur du recours à l’assurance privée cite dans une note en bas de page : « La Fédération française des sociétés d’assurance comptait2007600 assurés versant 387,6millions d’€ de cotisations (...) et versait 112,4millions d’€de rente en 2008. En 2009, 2024200 assurés versaient403,1millions de cotisations tandis que 127,7 mil-lions d’€de rente étaient servis ».Ce premier essai de transfert vers l’assurance privée d’un pan de la protection sociale solidaire prépare selon Laurent Mauduit « un véritable big bang de la Sécurité sociale ».Et pourtant d’autres solutions sont possibles,l’exemple allemand qui est sans arrêt mis en avant mérite réflexion. Ce doit être notre combat. ■
JACKY BRENGOU