2 octobre 2011
Alors que le pouvoir d’achat des retraités continue de se dégrader, le plan « anti déficit » annoncé le 24août par le Premier ministre va aggraver la situation.
En supposant que la réduction de la dette soit une priorité, d’autres mesures auraient pu être prises. Par exemple :
rétablir un véritable impôt progressif en relevant le taux des tranches les plus élevées
renoncer aux exonérations coûteuses et souvent inutiles pour les grandes entreprises ;
supprimer les niches fiscales les plus néfastes(niche Copé, DOM TOM) ;
revenir sur la baisse du taux de TVA sur la res-tauration ;
aligner la fiscalité du capital sur celle du travail ;
abandonner la défiscalisation sur les heures sup-plémentaires, etc.
Mais encore une fois c’est la protection des plus fortunés qui prévaut, les deux-tiers « des économies »restant à la charge des ménages.
Les pensions sont en première ligne. Le recul du pouvoir d’achat des retraités s’aggrave :les nouveaux retraités subissent directement les effets de la réforme des pensions et l’écart se creuse entre les pensions et les salaires. Entre 2003 et 2010,les pensions ont progressé de 11,6 %, alors que l’en-semble des salaires a augmenté de 17,1 % et le SMIC de 23,2 %. Dans ce contexte, un seul exemple suffit à illustrer les choix du gouvernement.
Alors que les très hauts revenus, supérieurs à 5(X) (XX)euros par an, vont « subir » une contribution exceptionnelle et temporaire rapportant 200 millions d’euros, le doublement de la taxe sur les conventions d’assurances (TAC) va rapporter 1.1 milliard d’euros. La répercussion de cette taxe sur les cotisations pénalisera encore plus les retraités que les actifs adhérents à la MGEN, le taux de cotisation des retraités étant supérieur à celui des actifs.
Enfin, deux mesures annoncées, puis retirées pour des raisons électoralistes, auraient des conséquences encore plus lourdes. Il s’agit de la suppression de l’abattement de 10 % sur les revenus et l’alignement de la CSG sur celle des actifs. Mais ces reculs ne sont que provisoires, les projets restant dans les cartons du pouvoir.
Le 6 octobre les retraités ont fait connaître leur colère. Cette journée doit servir de tremplin aux mouvements sociaux indispensables pour contrer la politique du gouvernement.
J.-C. LANDAIS