20 décembre 2010
Six mois après la dernière revalorisation des pensions, nous constatons une accélération de la dégradation de notre pouvoir d’achat ; et ce n’est pas terminé...
Le 1er avril 2010, les pensions ont été augmentées de 0,9 %, valeur correspondant à une prévision d’inflation de 1,2 % diminuée de 0,3 % de « trop-perçu » pour 2009. Mais pour la plupart des retraités de l’Éducation nationale, le gain n’aura été que de 0,3 %, suite à l’augmentation de la cotisation de la MGEN. Or c’est ce dernier chiffre, correspondant à la pension nette, qui représente réellement notre pouvoir d’achat.
Plus de 1 % de perte de pouvoir d’achat en 6 mois...
Pour l’INSEE, l’inflation en glissement annuel s’élève à 1,6 %. Quant à l’inflation moyenne, qui permet de réindexer nos pensions, elle atteint 1,55 % sur les neuf premiers mois de l’année, ce qui équivaut à une perte supérieure à 1 %. Pourtant, tout a été fait pour camoufler l’évolution des prix. Ainsi, entre avril et septembre, toujours selon l’INSEE, les prix n’ont pas progressé, malgré les hausses enregistrées cet été (5 % pour le gaz de ville, 3,5 % pour l’électricité, sans oublier les timbres-poste, les transports...). Et il nous faudra attendre le 1er avril 2011 Même plus de quoi faire les soldes... pour voir nos pensions revalorisées, sauf si, au nom de la rigueur, la décision de surseoir à une mesure « aussi dispendieuse » n’est prise. ...
et un avenir bien sombre
Cette situation devrait encore se dégrader.
Dans les négociations entre la grande distribution et ses fournisseurs, « certains industriels réclament aux enseignes des hausses de prix de 5 à 19 %, arguant de la hausse des matières premières(1) », en particulier celle des céréales, liée essentiellement à la spéculation.
Éric Woerth, en présentant la réforme des retraites, a déclaré que « l’effort de l’État » au financement des retraites des fonctionnaires de la FPE serait gelé à son niveau de 2010. Outre le fait que l’ancien ministre confond effort et engagement, cela risque d’aboutir à un blocage des pensions pour les fonctionnaires d’État.
Les mesures prévues dans le budget 2011 de la Sécurité sociale devraient « augmenter mécaniquement de 8 % le coût des complémentaires santé(2) ». La MGEN a déjà chiffré cette augmentation à 4 % au 1er janvier en argumentant longuement dans le dernier numéro de sa revue(3).
Dans les tablettes du gouvernement, il est prévu que le taux de CSG réduit des retraités imposables (6,6 %) soit aligné sur celui des actifs (7,5 %) et que l’ensemble des retraités soit assujetti à la contribution de 0,3 % (CSA déjà perçue sur les actifs par la suppression d’un jour férié).
Les retraités vont trinquer, sauf à mettre en échec cette politique de démolition du code des pensions et de la protection sociale.
J.-C. LANDAIS
(1) Le Monde du 9/11/2010
(2) UFC-Que Choisir ?
(3) Valeurs mutualistes, n° 269, novembre-décembre 2010, rubrique « Les cahiers de la MGEN ».