20 septembre 2004
Petite chronologie :
1862 : circulaire Rouland qui institue l’obligation d’une bibliothèque dans chaque école primaire publique ;
1950 : création du CNDP ;
1958 création du 1er C.L.D.P, centre local de documentation pédagogique, structure qui ne concerne pas les élèves ;
1966 création des S.D.I., Services de Documentation et d’Information officiellement ouverts à la fois aux enseignants et aux élèves ;
1968 : 8% seulement des collèges possèdent un S.D.I. ;
1973 : création de la F.A.D.B.E.N, Fédération des Associations de Documentalistes Bibliothécaires de l’Education Nationale ;
années 1970 : apparition de textes et de débats autour du “ travail autonome ” ; “ des 10 % ”
1974 : circulaire dite Tallon sur “ le centre de Documentation et d’Information, son rôle, son fonctionnement ”, le CDI est né et devient un lieu d’activités autour de la lecture et de la recherche documentaire ;
1975 : on estime à 2023 les personnels travaillant dans les C.D.I., majoritairement des adjoints d’enseignement chargés de documentation bibliothèque, MA, surveillants, instructeurs ;
1974-1976 : groupe de travail au ministère sur les missions de ces personnels, le ministère refuse l’idée d’un CAPES, trop coûteuse !
1977 : circulaire sur les missions des bibliothécaires documentalistes ;
années difficiles : recours important à la réadaptation, aux reconversions encouragé par une circulaire de 1979, période qui entraînera une image très négative, début de contrôle limité par un texte de 1982, les commissions académiques “ ad hoc ” ;
1982 : rapport Quencez de l’inspection générale sur les CDI.
A noter le rôle positif d’un certain nombre d’acteurs de l’inspection vie scolaire
1986 : nouvelle circulaire de missions des bibliothécaires documentalistes toujours en vigueur réaffirmant le rôle pédagogique des documentalistes.
1989 après des années de luttes impulsées par le SNES, création du CAPES.
un recrutement en dents de scie selon les “ contraintes budgétaires ”, recours massif aux C.e.s, pour masquer les besoins en postes et en personnels.
1995 : promesse de doter tous les collèges d’un poste dans les 3 ans.
1997 : échec programmé d’une circulaire ministérielle sur les “ compétences documentaires des élèves de collège ”
2002 : échec d’une tentative de rédaction d’une nouvelle circulaire de missions.
2004 :
Analyse historique (Jean-Louis Charbonnier) :
Après une première vague de démocratisation du second degré dans les années qui suivirent la Libération, la décennie 70 est celle où se met en place la massification du premier cycle et l’instauration du “ collège unique ” (qui ne sera pas encore démocratique !). Or, les pratiques d’information documentation sont culturellement discriminantes et les nouvelles couches de jeunes scolarisées ne les intègrent pas dans ce que Bourdieu appellerait leur “ habitus ” ou Philippe Perrenoud, dans son analyse de la société scolaire, le “ métier d’élève ”. Les documentalistes en tirent, plus ou moins consciemment, la conclusion qu’il y a là une entreprise pédagogique qui les attend, malgré la lenteur du Ministère à l’identifier et encore plus à l’organiser. Ils s’y engagent nombreux, d’autant plus que l’expérimentation par l’INRDP du “ travail autonome ”, dans un certain nombre de collèges expérimentaux, révèle l’importance de la maîtrise des outils documentaires et des sources d’information dans les apprentissages conçus selon les principes d’une “ pédagogie active ”
Etat des lieux aujourd’hui
Le développement de la société de l’information, la nécessaire élévation des niveaux de qualification, mais aussi les nouveaux programmes scolaires, les dispositifs pédagogiques pluridisciplinaires, rendent indispensable une formation de tous les élèves à la recherche et au traitement des informations. Or celle-ci est impossible.
Les obstacles :
impossibilité d’établir une progression des apprentissages documentaires faute d’un horaire imparti pour toutes les classes ;
difficultés d’organisation avec les professeurs des disciplines : baisse des horaires, absences de dédoublements, manque de temps pour la concertation ;
insuffisance du nombre de professeurs documentalistes garants de la cohérence de ces apprentissages. Nécessité d’un taux d’encadrement : 1 prof doc pour 12 classes.
recours à des personnels non qualifiés en information documentation : personnels précaires (en C.e.s., emplois jeunes ), professeurs de disciplines pléthoriques ou en réadaptation ;
absence de personnels technique d’aide à la gestion.
Afin d’évacuer les problèmes que poserait au ministère l’installation de cette formation : quasi doublement des postes de professeurs documentalistes, fin des discriminations statutaires, nous craignons un glissement de notre rôle pédagogique vers une fonction managériale via les politiques documentaires d’établissement. Nous attendons avec vigilance la sortie d’un rapport de notre inspection générale Etablissements et Vie Scolaire
Références :
CHAPRON, Françoise, Les C.D.I. des lycées et collèges, P.U.F. 1ère édition 1999, 3ème édition 2003.
CHARBONNIER, Jean-Louis, La formation documentaire dans le secondaire : extrait d’intervention au Colloque sur la formation à l’information scientifique et technique dans l’enseignement supérieur, Saint-Denis : Université Paris 8, 19 janvier 1999.
Le site Internet des documentalistes du SNES où nous archivons progressivement tous les articles US dans la rubrique “ histoire du métier ”