Réforme du lycée

Place de l’information-documentation dans la réforme du lycée

17 décembre 2008

Nous publions ci-dessous un texte de réflexion élaboré par le collectif national des enseignants documentalistes du Snes.
 

La réforme du lycée s’annonce comme un nouveau rendez-vous manqué pour la reconnaissance de l’information-documentation dans le cursus des élèves. La seule place qui semble pour l’instant réservée aux activités info-documentaires est celle à trouver parmi les 3h d’accompagnement personnalisé qui prévoit entre autre « une aide méthodologique, un travail interdisciplinaire ou, pour ceux qui sont le plus à l’aise, un travail d’expertise ». Il faut refuser cette solution car :

- Elle réduit la place de la recherche documentaire à la portion congrue, noyée au milieu d’un fourre-tout d’actions les plus diverses.
- Elle en fait une activité artificielle déconnectée des disciplines.
- Elle ne concerne pas tous les élèves.

Nous demandons que soit instauré un module d’information-documentation obligatoire pour tous les élèves de 2nd. Pourquoi parler de module ? Ce terme ne doit pas être tabou, il n’appartient pas à la réforme de M. Darcos. En 1997, le rapport du sénateur Gérard Multimédias et réseaux dans l’éducation préconisait déjà pour la classe de seconde la mise en place d’un « enseignement modulaire confié aux équipes d’enseignants documentalistes et de disciplines » afin de former les élèves à la maîtrise de l’information. L’organisation modulaire offre une souplesse qui convient aux pratiques de recherche documentaire. Et la création d’un tel module permettrait de donner un cadre et une cohérence a des apprentissages info-documentaires qui manquent pour l’instant de visibilité dans le cursus de formation des élèves.

Nous réclamons l’instauration de séquences d’apprentissages info-documentaires qui seraient à articuler avec une des disciplines du cursus de l’élève, toute activité documentaire s’inscrivant dans un contexte disciplinaire. Elles devraient se dérouler sous la forme d’un travail de groupe et donner lieu à des travaux évalués conjointement par le professeur de la discipline et par le professeur documentaliste.

La nécessité de former tous les élèves à la maîtrise de l’information est un enjeu de société reconnu par des instances internationales telles que l’Unesco et par des chercheurs – l’équipe de recherche « culture informationnelle et curriculum documentaire » vient d’organiser un colloque sur ce thème. Les pouvoirs publics s’en préoccupent d’ailleurs ; ce mois-ci est paru un rapport rédigé par M. le sénateur Assouline sur les nouveaux médias. Il préconise en 2nd un module d’éducation aux médias d’une dizaine d’heures annuelles par classe, confié au professeur documentaliste en collaboration avec un autre professeur. L’association professionnelle des enseignants documentalistes (Fadben) a présenté à M. De Gaudemar des contenus pour un module d’information-documentation sur les trois niveaux du lycée. Mais, pour l’instant, aucune suite ne semble être donnée à ces propositions.

La reconnaissance d’un enseignement de l’information-documentation doit aller de pair avec celle des enseignants documentalistes qui en sont les garants. Cela passe par la révision du calcul de leur service pour dégager le temps nécessaire au travail pédagogique (préparations, évaluations, concertations), la création d’un corps d’aide documentaliste en appui aux tâches de gestion et bien entendu par l’augmentation des postes aux CAPES de documentation. Alors que 2 professeurs documentalistes sur 3 ne seront pas remplacés à la rentrée 2009, on constate sur le terrain les conséquences de ce sous-recrutement ; par exemple, à cette rentrée, de gros lycées de plus de 1000 élèves de l’académie de Grenoble ne bénéficient plus que d’un seul poste de professeur documentaliste à la suite de la suppression de 8 postes dans des cités scolaires ainsi que de 3 demi-postes dans des lycées de plus de 1000 élèves.

Jusqu’à quand le Ministère pourra-t-il continuer à faire la sourde oreille à nos revendications légitimes ? Il en va de l’avenir de lycéens dont le manque avéré d’autonomie dans les pratiques informationnelles et documentaires contribue fortement à leur échec dans l’enseignement supérieur.

Collectif national des enseignants documentalistes du Snes - novembre 2008


N’hésitez pas à réagir à cette analyse et aux propositions qui sont faites en écrivant à documentalistes@snes.edu. Nous publierons ces réactions avec l’accord des intéressés. Soyez nombreux à participer au débat autour de la Réforme du lycée, il en va de l’avenir de notre profession !

 
 

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