9 mars 2010
Une nouvelle fois, face à des difficultés criantes et prévisibles, le Ministre a décidé de s’exprimer pour tenter de juguler des problèmes qui sont d’abord le résultat de sa propre politique.
Les moyens en remplacement sont insuffisants, c’est vrai, mais le Ministre feint d’oublier qu’à la rentrée scolaire il a supprimé 3 000 postes de remplacement, rendant impossible dans les semaines suivantes le remplacement des enseignants absents.
Il feint aussi d’oublier en parlant des remplacements de courte durée que, l’an passé, des remplacements n’ont pu être assurés pour des absences longues comme des congés maternité.
Laisser croire que les titulaires remplaçants sont inactifs et que certains sont non employés est une imposture. Avoir un volant suffisant de remplaçants impose d’accepter que, pendant certaines périodes, tous ne soient pas utilisés à des remplacements. Actuellement, ils assurent durant ces périodes des activités d’enseignement très utiles dans l’intérêt des élèves dans les établissements (dédoublements, soutien scolaire…). L’alternative proposée est de ne recruter que pour les périodes les plus critiques et ensuite de jeter les personnels comme des « kleenex » usagés.
Il feint aussi d’ignorer que des titulaires remplaçants sont envoyés du jour au lendemain à 100 kms de chez eux pour assurer au pied levé un remplacement sans même une indemnisation à hauteur du coût des déplacements.
L’utilisation de retraités alors que la France a deux millions de chômeurs et que le nombre de recrutés est insuffisant et laisse en 2009 – et laissera en 2010 - des postes sans enseignants est une vraie provocation.
Quant à utiliser des étudiants sans formation professionnelle, c’est placer ces jeunes dans la situation intenable qui consiste à devoir remplacer au pied levé en milieu d’année un enseignant dans sa classe, sans aide, sans conseils et sans l’expérience nécessaire. Ce sont les élèves qui seront pénalisés, quand le ministre fait croire que ces étudiants pourraient assurer un enseignement de qualité dans la poursuite de l’activité pédagogique assurée par l’enseignant qu’ils remplacent.
Le Ministre est réduit à des expédients, ne voulant pas reconnaître la nécessité de couvrir les absences des enseignants par des personnels qualifiés et formés. Il pare au plus pressé sans aucun souci pédagogique et au détriment de la qualité de la formation.
Encore une fois, ce sont les élèves et les personnels qui paieront les conséquences des choix ministériels.
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