5 mai 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE
Pour de véritables améliorations de l’orientation dans l’enseignement supérieur
La mobilisation contre le CPE a mis sur le devant de la scène les angoisses des jeunes face à un avenir de plus en plus incertain et précaire. Le gouvernement prétend y répondre en installant la commission université - emploi, qui soulignons-le, ne comprend aucun représentant des organisations syndicales représentatives des étudiants, ni des personnels de l’Education nationale
Les deux axes retenus par le Premier Ministre reprennent des discours déjà entendus depuis plusieurs mois concernant l’amélioration de l’orientation : une meilleure information sur les débouchés, la création d’un grand service public de l’orientation. Mais les questions essentielles sont toujours passées sous silence.
L’information est nécessaire mais elle ne créera pas d’emploi. De plus, il serait complètement illusoire de croire que les choix d’orientation se construisent essentiellement à partir d’une connaissance, d’ailleurs très approximative, des débouchés.
Enfin, la prospective en matière de qualification est éminemment politique. Va t-on considérer qu’il faut davantage de personnels qualifiés au sein du service public pour mieux répondre aux besoins sociaux fondamentaux ou choisir au contraire de désengager, toujours plus, l’Etat ? Selon la réponse choisie, les traductions sur les prévisions de formations ne seront évidemment pas identiques.
Va t-on choisir d’augmenter l’investissement dans l’enseignement universitaire et la recherche, et en particulier doter les universités de moyens conséquents pour pouvoir accompagner les étudiants les plus en difficulté afin qu’ils acquièrent les méthodes du travail universitaire, bénéficient d’aides pédagogiques suffisantes et des moyens de documentation et d’information indispensables ?
Le Premier Ministre, comme il l’a déjà fait en janvier, ignore superbement l’existence du service public d’orientation au sein de l’université. Les SUIO (Services Universitaires d’Information et d’Orientation) où travaillent des enseignants, des documentalistes et des conseillers d’orientation-psychologues ont pour mission l’information, l’accueil, l’aide à l’orientation de tous les étudiants. Ils organisent avec le concours des conseillers d’orientation-psychologues des ateliers d’orientation en vue d’affiner les projets ou de construire des parcours de réorientation positifs.
Ces actions pourraient largement être développées avec des moyens supplémentaires. Mais il y a aujourd’hui un conseiller d’orientation-psychologue pour 18000 étudiants et malgré la multiplication des sites universitaires aucun poste n’a été créé, pire on en a supprimé et les recrutements ont été divisés par cinq depuis cinq ans.
Pour améliorer la construction de parcours de réussite à l’université, le Snes demande que le nombre de conseillers d’orientation-psychologues soit multiplié par cinq et qu’un CIO dédié à l’enseignement supérieur soit créé dans toutes les grandes villes, avec les nouveaux de postes nécessaires.
Paris, le 5 mai 2006