SNES - FSU

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Pourquoi refuser cette seconde là ?

9 décembre 2008

 

Rappel :

L’horaire élève :
- Recul conséquent du ministre sur l’horaire élève qui passerait de 27 à 30 heures (et sortirait ainsi des moyennes imposées par l’OCDE), l’organisation sous forme de modules semestriels en seconde ne concernerait plus que les enseignements d’exploration ou d’approfondissement 2x3h et les 3 heures d’accompagnement obligatoires.
- Un bloc des enseignements généraux porté à 21h avec le retour d’un enseignement scientifique dans le TC 3heures de sciences expérimentales

Quelle répartition des horaires dans le tronc commun ?
Déclarations du 14/11
Les enseignements "généraux" se répartiraient entre :
- 4 heures de français (-0.5h)
- 3h30 à 4 heures de mathématiques (-0.5h si 3h30)
- 3 heures à 3h30 d’histoire-géographie et d’éducation civique (-1h si 3h)
- 3 heures de sciences expérimentales (-2h30 svt + pc)
- 5 heures de langues vivantes (1 et 2) (- 0.5h)
- 2 heures d’EPS.

Quelle organisation des modules ?
Déclarations du 14/11
- les modules ne devraient pas être des pré-requis aux éventuels choix des élèves dans le cycle terminal.
- les élèves ne pourraient pas prendre en enseignement exploratoire plus d’un module correspondant à une discipline du tronc commun (L’EPS et les sciences expérimentales feraient exception à cette "règle")

Une seconde qui ne permet pas de relancer la démocratisation au lycée :

Pas de culture commune :
- volonté de réduire l’offre de formation dans sa diversité et sa durée
- une entrée par les structures (semestre-module) qui exclut au préalable la réflexion sur les contenus et les moyens à mettre en œuvre pour donner à tous une culture commune.
- le renoncement à une formation ambitieuse avec les horaires disciplinaires revus à la baisse ( voir les déclarations du 14/11)
- la hiérarchisation des savoirs : le socle commun est mis en œuvre au lycée avec des champs disciplinaires revus, atomisés, voire redéfinis (sciences expérimentales). Les modules qui viendraient compléter ou approfondir, pour certains, des champs des enseignements généraux changent la qualité et les finalités de l’enseignement : l’appropriation de savoirs se réduirait à un empilement de connaissances. Ce découpage conduit obligatoirement à une simplification des savoirs et à un manque d’ambition disciplinaire, aux antipodes de la culture commune.

Une détermination fortement compromise :
- les enseignements proposés dans les parcours, souvent redondants avec le tronc commun, sont peu déterminants, la découverte de nouveaux champs disciplinaires est fortement restreinte.

Une seconde profilée :
- la redondance possible enseignements généraux / modules d’approfondissement conduit à des parcours d’initiés et à l’institutionnalisation de l’élitisme dès la seconde.
- les filières ségrégatives sont reconstituées ce qui aggrave les inégalités, consacre le retour des secondes profilées, en particulier d’une seconde scientifique.

La mise en concurrence des établissements :
- les inégalités spatiales devant l’offre de formation seront importantes : tous les modules ne pourront pas être offerts par tous les établissements

L’absence de réponse à l’échec scolaire :
- absence de précisions sur les dédoublements et les travaux en effectifs allégés
- un traitement de la difficulté scolaire qui n’en est pas un : une organisation semestrielle qui risque de réduire à 50 heures certains champs disciplinaires, de démobiliser rapidement les élèves et de rendre impossible la mise en œuvre de stratégies de remédiation, pourtant fréquente dans les apprentissages sur l’année.
- un accompagnement fourre-tout : censé répondre à une demande des élèves et des familles mais son organisation est peu précise et renvoyée au local cela peut se traduire par un assemblage de dispositifs hétéroclites et non véritable espace d’aide et d’accompagnement .

Les dangers de la liberté laissée à l’élève :
-  l’absence de cadrage suffisant pour le choix des modules permet des parcours très divers, voire incohérents en renvoyant la responsabilité du parcours à l’individu qui choisit les formations.

Quel devenir pour la voie technologique ?
-  facteur de démocratisation depuis plusieurs années, la voie technologique est pour l’instant sacrifiée et réduite à des modules à l’intitulé très général et aux horaires réduits.
-  l’absence de lisibilité sur le cycle terminal pose le problème de la réalité du maintien de la voie technologique Quel devenir pour la série ES ?
- facteur de démocratisation , elle est menacée par la marginalisation des SES mis en concurrence avec 17 enseignements et une structure de seconde qui favorise la bipolarisation lettres/sciences.

Quel devenir pour la série L ?
- série la plus en difficulté de la voie générale, on voit mal comment cette réforme réglerait le problème de la fuite d’élèves vers les formations littéraires. D’autant que les enseignements qui, à côté du français et le philosophie, profilent actuellement cette série sont encore davantage marginalisés que dans la seconde actuelle : enseignements artistiques, langues anciennes, langues vivantes 3. Imagine-t-on sérieusement qu’il suffira aux élèves d’avoir accès à des « modules semestriels scientifiques ou économiques et sociales » en complément pour qu’ils choisissent en spécialité des enseignements « littéraires » ?

Le mépris des contenus d’enseignement :

L’absence de réflexion sur les contenus des enseignements en amont du projet :
- une redéfinition des contenus à la hâte et sans consultation
- l’impossibilité de mettre en œuvre une consultation sur les programmes et leur évolution.
- Un redécoupage des programmes sans tenir compte de l’identité de la discipline (enseignements généraux et modules d’approfondissement, distinction français/littérature par exemple)
- l’architecture enseignements/modules pose des problèmes pédagogiques : quelle articulation entre TC et module pour une même discipline ?

Réduction des horaires disciplinaires inadmissible

L’aggravation des hiérarchies entre les disciplines :
- une architecture qui marginalise de fait les enseignements qui ne figurent pas dans la liste des enseignements généraux
- quel devenir pour les SES, les enseignements technologiques, les langues anciennes, les enseignements artistiques, les langues vivantes autres que l’anglais et l’espagnol ?

L’intitulé des parcours et des modules révèle des dérives dangereuses :
- l’initiation à la gestion est introduite dans le parcours « sciences de la société », ce qui exclut les STG des enseignements technologiques et les met en concurrence avec les SES puisqu’elles sont dans le même parcours.
- la combinaison arts-histoire des arts renforce le patrimonial. Pourquoi les arts ne sont-ils que dans les humanités ?
- le choix de proposer « informatique et société numérique » dans les sciences oriente l’enseignement vers la programmation au détriment de l’utilisation de l’outil et de la réflexion sur les champs de la société dans lesquels il intervient.

Quelle interdisciplinarité ?
- Le module d’accompagnement obligatoire fait référence à l’interdisciplinarité, mais celle-ci semble dissociée des disciplines. Darcos assure que l’accompagnement sera assuré par un enseignant. En a t-on la garantie alors qu’il sera défini localement ? quelle place pour les enseignants documentalistes ?

L’accompagnement est dissocié de la discipline
- le module accompagnement obligatoire, soumis à une organisation locale, met en concurrence remise à niveau, orientation et travaux interdisciplinaires.
- Le traitement des difficultés des élèves et la lutte contre l’échec est ainsi renvoyée au local et dissociée des disciplines.

 

Le point sur la réforme des lycées

Haro sur le baccalauréat ?

Le point sur...les lycées

Fiches lycées remises au ministre, avril 2008

Données statistiques

Lycée : ouverture de discussions - juin 2008

le point sur la réforme - septembre 2008

Pourquoi cette réforme ?

Classe de seconde : Projet Darcos

Etat des lieux

Réforme du cycle terminal

Nos propositions pour le cycle terminal

Publication FSU : un lycée pour l’avenir

Pour un lycée démocratique. 8 pages. Septembre 2009

Derrière le show (courrier de S1n°3 du 17/09/09)

Réforme du lycée : rejetons les "pistes" du ministère (US mag 685)

Lycée Chatel : le renoncement (US n° 689)

La réalité des réformes Chatel (US n°689)

Courrier de S1 lycées : Mobiliser et argumenter (US n°702 du 4 décembre 2010)

DHG en lycée général : réforme et pénurie (US 704)

Quel métier d’enseignant la réforme du lycée dessine-t-elle ? (US 703)

Pour une autre réforme du lycée : construire la mobilisation (US 701)

Consultation sur les programmes de terminale : à investir de toute urgence ! (US 706)

Réforme du lycée et orientation des élèves : vers des déconvenues (US 708)

Orientation en fin de seconde : attention ! (US mag 707)

Histoire Géographie au lycée (US mag 707)

Lycées au Conseil Supérieur de l’Education : programmes et bac (US 707)

Rapport sur la réforme du lycée : des conclusions inquiétantes (US 707)

Le lycée dans l’US Magazine 706 du 5 mars 2011 : réforme et réussite des lycéens, nouveaux programmes, philosophie

Lycée général et technologique malmené (US 706)

Première Générale version Châtel nous n’en voulons pas (US 705)