SNES - FSU

US magazine 703 du 22 décembre 2010

Quel métier d’enseignant la réforme du lycée dessine-t-elle ?

19 janvier 2011

 

La mise en place de la Seconde Chatel commence à produire sur la profession des effets nocifs. Toute réforme demande un effort de mise en place, mais le fardeau est léger quand la nouveauté semble bien fondée. Installer des dispositifs auxquels on ne croit pas vraiment, dans un contexte de pénurie de moyens, n’est pas un parcours de santé... et devient source de souffrance. Pour les professeurs qui ne l’ont pas choisie, la prise en charge dans les heures d’enseignement de l’accompagnement personnalisé est souvent vécue comme une dévalorisation du métier : une tâche pour laquelle il n’y a pas eu de formation, qui désempare et laisse le sentiment de perdre à la fois son savoir-faire, son temps et celui des élèves.

Ne pas se laisser faire

Devoir gérer des questions qui jusque-là étaient fixées nationalement, comme les dédoublements, ainsi que l’organisation de l’accompagnement personnalisé et de certains enseignements d’exploration, impose des tâches nouvelles qui ne sont pas jugées comme participant du coeur du métier, mais dont on sent qu’il faudrait qu’elles en deviennent une indispensable condition d’exercice. Dans un autre contexte, dans lequel les disciplines ne seraient pas en concurrence avec l’accompagnement, dans lequel les programmes auraient été le fruit de la recherche du consensus au service des élèves, dans lequel arbitrer entre les dédoublements ne serait pas choisir le collègue qui sera en complément de service ailleurs, dans lequel travailler l’accompagnement personnalisé ne serait pas prendre la place du CO-Psy dont le poste a été supprimé avec son départ à la retraite, dans lequel il serait possible de se former sereinement et en « présentiel » avant de se lancer dans la nouveauté, dans lequel... les évolutions du métier en lien avec celles de la société et des élèves pourraient être pensées et élaborée, collectivement et positivement plutôt que subies.

Que faire ? Le SNES propose d’agir pour obtenir a minima un moratoire : ne laissons pas la réforme du lycée continuer de se mettre en place. Informons les collègues (outils en ligne : Courriers de S1 et www.snes.edu, puis Réforme du lycée), participons aux actions locales, académiques et nationales (bientôt une pétition), ne nous laissons pas faire ! Reprenons la main sur notre métier !

Alice Cardoso, Valérie Sipahimalani
lycees@snes.edu

 
 

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