6 mars 2011
La Fédération générale des retraités de la fonction publique (FGR-FP) va fêter son soixante-quinzième anniversaire. Elle a su maintenir son unité dans des périodes difficiles. Reconnue par les Unions confédérales de retraités (UCR), elle se porte assez bien ; les syndicats de la FSU y trouvent de mieux en mieux leur place et pourtant certains lui verraient bien subir une cure d’amaigrissement !
Créée en 1936, la FGR-FPest une organi-sation qui compte ; elle fait partie de l’inter-UCR,regroupant la quasi-unanimité des grandes confédé-rations dans laquelle doit entrer la FSU. Elle est pré-sente au CNRPA (le Comité national des retraités et personnes âgées) ainsi que dans les CODERPA au niveau départemental.
J.Maurice, alors secrétaire général, se félicita pour le 70e anniversaire « qu’elle ait réussi à préserver son unité malgré quelques secousses à plusieurs momentsde son histoire ».(1)
Les syndiqués du SNES n’ont pas oublié ces moments:notre éviction de la FEN et la création de la FSU ! Notre FGR-FP, car c’est bien de cela dont il s’agit, a résisté, conservé son pluralisme syndical aux côtés des adhérents directs. Nous avons su, tous ensemble, la faire évoluer, intégrer des syndicats nouveaux, don-ner leur place à des camarades de la FSU dans les différentes instances, y compris au niveau national même si existent encore quelques départements figés dans une logique ancienne.Cette activité s’est concrétisée par le vote de motions unanimes dans les congrès.
Rendre les adhérents à leurs syndicats ?
En juin2010, le congrès unanime se conclut par un appel à l’action : la fonction publique et la protections sociale voient leurs bases ébranlées... les salariés manifestent contre les mesures annoncées sur les retraites. Une voix discordante s’élève, celle de J. Maurice,qui s’interroge sur l’utilité du « maintien des adhérents syndiqués à la FGR-FP »proposant de « les rendre à leurs fédérations syndicales »et de garder la FGR-FP avec ses adhérents directs, ouverte à des associations.L’ex-SG de la FGR-FP justifie ses propos par la baisse des effectifs, notamment ceux des adhérents directs, l’évolution du paysage syndical, la loi surla représentativité, l’existence d’organisations de retraités,autant de faits dont aucun n’amène à sa conclusion.
La FSU unanime, le SNUI, des élus et délégués régionaux s’opposent au sabordage, ils appellent au ren-forcement de la FGR, à son ouverture ; l’UNSA-Retraités, rencontrée récemment, s’orienterait versune double possibilité pour ses retraités fonction publique via, d’une part la création d’une fédération des retraités de la FP et d’autre part le maintien de leur adhésion à la FGR sous une autre forme(2).
Faire entendre notre point de vue
La baisse des effectifs est réelle, des syndicats (FO entre autres) quittent la FGR-FP ; seuls, les effectifs de la FSU et du SNUI (Solidaires) progressent (+12,7% entre 2006 et 2009 pour la FSU) ;la création des SFR y contribue et l’équilibre UNSA-FSU évolue du côté de la FSU. Le regroupement uni-taire de la FGR est unique ; il doit être renforcé,développé, s’ouvrir aux associations dont les objec-tifs sont proches des nôtres à commencer par le pôle des retraités de la FP...Réaffirmée au congrès FSUde Lille, la volonté de construire un nouvel outil syndical avec tous ceux qui le souhaitent prend forme : il ne s’oppose en rien à la FGR-FP qui, avec l’inter UCR, exprime l’unité des retraités.
Lancé par la commission exécutive de la FGR, méconnu des adhérents puisqu’aucune publication de la FGR ne l’évoque, un débat doit se dérouler dans les départements sur l’avenir de la FGR jusqu’à fin mars. Une commission nationale en fera la synthèse en présencede deux « experts » : J.Maurice et J.Meyronnenc(FO). C’est le congrès de 2012 qui tranchera.
Le SNES doit être présent et actif dans ce débat et bien sûr dans le collège d’experts – s’il doit y en avoir un – qui accompagnera la réflexion. Celui-ci ne sau-ait se réduire à deux partisans des thèses de Jacques Maurice, dont lui-même ; il doit inclure ceux proposés par les syndicats de la FSU et le SNUI. Au plan local il convient de se mobiliser pour faire entendre le point de vue du SNES, de la FSU dans les CE et les AG, de rechercher toutes les alliances pour mettre en échec le projet et de poursuivre le travail engagé : la construction des mobilisations qu’impose la casse organisée de la fonction publique et de la protection sociale.Le mouvement syndical ne peut se priver de l’outil qu’est la FGR-FP. ■
ANNIE EVENO, 14 FÉVRIER 2011
1) In revue spéciale 70eanniversaire.
(2)Demande d’affiliation en cours de l’ARENCT (Associa-tion des retraités de l’EN et des collectivités territoriales) créée par des retraités du SNAEN dissous au printemps dernier.