18 décembre 2010
Malgré un mouvement social d’une ampleur exceptionnelle, la contre-réforme est passée.
Mais, contrairement à 2003, les personnes qui se sont mobilisées ne sortent pas abattues.
Le sentiment d’avoir vécu les prémices de quelque chose de nouveau, la volonté de continuer sont là et, surtout, la sortie du fatalisme démographique et du fatalisme économique, que contenaient des assertions comme « les caisses sont vides » ou « on ne peut pas faire autrement ». En effet, les débats sur la répartition des richesses, sur la place de la jeunesse et des femmes, et surtout sur l’injustice et les inégalités nous ont replacés dans un mouvement offensif. Sarkozy a joué la confrontation, ne laissant aucun espace à la négociation, obnubilé par sa candidature présidentielle et la pression des marchés financiers.
Cette politique de confrontation est durable : les politiques d’austérité nous conduisent à la déflation en Europe et à de nouvelles politiques du même genre. Le refus de mettre les banques à contribution et de discipliner la finance met en question la cohésion de l’Europe. Une révision du traité européen se profile, qui instaurerait une hiérarchie mortelle pour l’Union européenne si des États en venaient à en sanctionner d’autres.
Dans ce contexte d’attaque sans précédent contre les dépenses sociales, les retraites sont dans le collimateur : le pouvoir d’achat des retraités sera une des cibles. Dans l’immédiat, sur le front des retraites, il y a la négociation sur les complémentaires qui commence dans le privé, les tentatives à venir de création d’une caisse pour les retraites de la fonction publique d’État, la création d’un comité de pilotage sans les organisations syndicales représentatives de la fonction publique et, bien sûr, une nouvelle réforme à l’horizon 2013.
DANIEL RALLET