26 janvier 2009
DES CONCOURS EXIGEANTS POUR UN RECRUTEMENT ET UNE FORMATION DE QUALITÉ
Le SNES a été reçu à deux reprises pour discuter des nouvelles maquettes des concours de recrutement des enseignants et CPE. Les propositions du ministère se situent dans un cadre très contraint que le SNES conteste : 3 types d’épreuves (1) et 4 épreuves pour l’ensemble des concours : 2 à l’écrit et 2 à l’oral.
Le tout dans un calendrier extrêmement serré (1 semaine).
Nous avons dit notre désaccord sur la méthode et sur le fond : si le SNES est ouvert à une réflexion sur les concours, il est indispensable qu’elle soit menée en articulation avec le reste de la formation en amont et en aval. Dans le cadre de masters scientifiques pourraient ainsi être intégrés des modules de préprofessionnalisation dans les cursus. Par ailleurs, les concours de l’agrégation ne seraient pas modifiés et le ministère envisage d’affecter les agrégés en post-bac ou dans les classes à examens du lycée. Le SNES considère que les professeurs agrégés ont aussi vocation à enseigner dans le second degré, à tous les niveaux et dans toutes les classes.
Nous avons rappelé notre exigence de voir vérifier les connaissances universitaires des candidats pour prendre en compte les différentes situations et différents parcours (2) et avancé nos propositions. La limitation, a priori, du nombre d’épreuves à 4 n’est pas la voie à suivre : c’est ignorer les spécificités propres à chaque discipline et chaque ordre d’enseignement. Pour le SNES, la notion de connaissances disciplinaires est à prendre au sens large. Dans la perspective de mise en place de modules préprofessionnalisants dans les masters, ces connaissances incluent l’épistémologie, la didactique et la réflexion menée sur les stages d’observation éventuels.
Pour ce qui concerne les épreuves d’admission, si l’on peut concevoir l’idée d’un type d’épreuve disciplinaire à connotation didactique, le contenu et le champ de cette épreuve doivent se limiter aux aspects préprofessionnalisants abordés au cours du cursus universitaire. En aucun cas, elle ne peut interroger sur des éléments de professionnalisation qui relèvent de l’année de stage.
Pour certaines disciplines, telles que celles des sciences expérimentales, les enseignements technologiques ou les enseignements artistiques, une épreuve pratique semble indispensable. Pour les langues vivantes, une épreuve orale ne l’est pas moins. Afin de prendre en compte les spécificités de ces disciplines, il faudrait au moins 5 épreuves aux concours. De même, l’épreuve de connaissance du système éducatif, plutôt que d’être centrée sur des aspects purement institutionnels, devrait amener les candidats à réfléchir au lien entre la discipline d’enseignement et le système éducatif en général : vérifier qu’il s’est intéressé aux programmes scolaires, qu’il connaît les différentes voies et niveaux d’enseignement.
En tout état de cause, une réforme des concours de recrutement ne peut être guidée par une logique budgétaire imposée par Bercy, sans réfléchir aux implications sur la conception du métier. Le SNES estime que les épreuves doivent amener les candidats à réfléchir tant sur leur discipline et sa culture propre que sur son implication dans un contexte scolaire.
Emmanuel Mercier
1. Culture disciplinaire, connaissance du système éducatif, capacité à concevoir et planifier un enseignement. 2. Il est possible de se présenter au CAPES avec n’importe quel master. Les parents de trois enfants peuvent également se présenter sans condition de diplôme.
ÉTATS GÉNÉRAUX DU 4 OCTOBRE 2008
Pari réussi : 400 personnes réunies pour débattre des enjeux autour de la réforme du recrutement et de la formation. De cette initiative sous forme d’états généraux, regroupant organisations syndicales, associations et mouvements pédagogiques ainsi que personnalités, on retiendra une idée forte. Si le temps de la réflexion est nécessaire, celui de l’action sera déterminant dans les semaines à venir. En effet, il est urgent de construire des propositions alternatives dans un contexte où les discussions avec les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont débuté avec cette tentative de vouloir imposer un calendrier serré.
Des échanges et des débats parfois contradictoires sur des problématiques aussi variées et pourtant très complémentaires : démocratisation de l’accès aux métiers de l’enseignement et de l’éducation, avenir des IUFM et de leurs personnels, articulation entre formation, master et concours, place et rôle de la recherche en éducation, etc. La journée s’est conclue par un appel afin de réaffirmer que la question de la formation des maîtres n’est pas un débat technique qui serait réservé à des initiés, c’est un choix de société que nous ne pouvons pas faire sans y impliquer largement les parents, les élèves, et les futurs enseignants et CPE. Odile Cordelier