Politique documentaire

Rapport de l’Inspection Générale, sur les politiques documentaires des établissements scolaires, juin 2004

Dit "Rapport Durpaire", les rapports prenant le nom de leur rapporteur...

12 février 2005

L’IGEN en charge de la documentation, Jean-Louis Durpaire, a travaillé, l’an passé, à la rédaction d’un nouveau rapport.
 

Nos ipr nous en ont parlé, nos journées départementales de docs ont "planché" sur certains points... des collègues nous ont signalé, à plusieurs reprises, sur les listes de diffusion, que des enquêtes et audit avaient été menés... Mais je me méfie beaucoup des interprétations plus ou moins réalistes, d’ipr plus ou moins au fait de ce qu’est la doc. Pour un qui s’interroge, s’intéresse et participe activement à la vie de notre profession, il y en a neuf, qui sont venus, parce qu’ils ont vu de la lumière... Et je ne parle pas ici que de la doc ! J’ai eu, a de nombreuses reprises, la démonstration que certains ipr (toutes disciplines confondues) ignoraient certains des textes régissant des domaines où ils exerçaient... leur autorité !

Et ce texte que nous attendions avec impatience n’est après tout qu’un rapport. Donnant certes des orientations et ouvrant la réflexion, mais n’ayant pas la valeur d’une circulaire ou d’un décret... alors ?

La lecture des chiffres et des statistiques étant subjective par excellence, mon analyse est largement différente de celle de l’Inspection Générale, surtout quant au nombre de postes et aux affectations de e-doc qualifiés... et mes conclusions, sont, donc, très éloignées de l’avis institutionnel.

Je regrette, en particulier, que le professionnel e-doc, ne voit aucune porte s’ouvrir devant lui... tout le monde se forme, sauf nous, ou presque... quid, par exemple, d’un parcours universitaire [“ Sciences de l’information et de la communication ” (71e section) du Conseil national des universités], cohérent et, accessible (géographiquement, professionnellement...) à l’ensemble des collègues ? La formation continue virtuelle... ça ne mange pas de pain...
Je disais, en juin, qu’il fallait voir, avant de parler... j’ai vu, j’ai lu, je suis déçue !

Visiblement, tous les ipr ont suivi (ou vont suivre) la "suggestion" qui a dû leur être faite en haut lieu de travailler et de réfléchir autour du Rapport... cela me paraît chose normale, je ne vois pas là de quoi applaudir, mais j’aurais préféré qu’ils fassent, tous, cela... avant. Ce rapport reflèterait, peut-être, alors, un peu plus, les véritables préoccupations des enseignants-documentalistes.

Le cadre du rapport :
Dès le départ, on s’interroge sur les motivations de l’Inspection Générale, (il s’agit, le rapport le précise dans son introduction, d’une auto-saisine du groupe EVS de l’IGEN, pas d’une "mission" confiée par le Ministère ou le Gouvernement).
On est surtout choqué des conditions de mise en place et de réalisation de l’enquête aboutissant à ce rapport ! Bien que le titre en soit "les politiques documentaires des établissements scolaires", la question n’est réellement abordée qu’à la page 31, et se dilue rapidement dans une masse informe d’informations et de réflexions annexes, dont on a parfois du mal à saisir la nécessité dans ce cadre... Cette étude semble donc plus un prétexte qu’autre chose. Quel étudiant, quel chercheur, se permettrait de généraliser à partir d’un échantillon aussi réduit et aussi peu représentatif ?

1- L’échantillon :
Les personnes :
Le rapport dans son introduction, fait état d’un échantillon comportant 70 e-doc, (ou faisant fonction) interrogés pour 450 autres personnes.
Même dans le cas d’une fidélité au sujet ("Politiques documentaires des établissements scolaires") rien ne peut justifier le petit nombre d’enseignants-documentalistes interrogés.

Si, vu l’intitulé du rapport, la présence des chefs d’établissement, élèves et collègues, semblait nécessaire à cette réflexion, que penser des 40 cpe et des 50 faisant fonction d’aides-documentalistes ?

Que quelques cpe soient invités à s’exprimer dans le cadre des relations CDI/Vie scolaire, de l’animation, du suivi des élèves ou des différentes instances où nous nous rencontrons et travaillons ensemble, peut paraître souhaitable, mais leur participation à la politique documentaire de l’établissement, n’est pas dans leur statut et reste très anecdotique, sur le terrain. Leur nombre, ramené à l’ensemble des interrogés et aux nombres d’e-docs, parait largement excessif.
Je préfère ne rien dire de la cinquantaine de "personnels dans des fonctions d’aide-documentaliste", si représentatifs d’une certaine politique de l’à-peu-près et du court-terme,, qu’ils n’ont ni statut, ni nom...

On se demande finalement, pourquoi on a, malgré tout, tenu à interroger des enseignants-documentalistes ? 13% d’edoc interrogés, pour un texte qui les concerne à 90%, cela nous donne un ...joli rapport !
Mais bon, on va encore penser que j’exagère, que je ramène tout à nous ; ce n’est pas un rapport sur les enseignants-documentalistes, qu’on se le dise !

JPEG - 20.4 ko

Les établissements :
Si chaque Académie semble avoir été concernée, par le travail des IPR, seules sept d’entre elles ont participé à la seconde partie de l’investigation, soit à peine un quart.
Aucune Académie du Sud, aucune d’Outre-mer, aucune de la Région Parisienne... Sur quels critères ont-elles été choisies ? Nous n’en saurons rien. Il y a fort à parier que le choix c’est fait en fonction de la disponibilité des Inspecteurs ou, de leur zèle.
L’échantillon en lui-même (16 collèges, 18 lycées, 6 LP ...etc) n’est en rien représentatif, (ne serait-ce qu’en termes de proportion) des différents types d’établissement dans l’Education nationale.

D’autre part, que quelques inspecteurs, en mal d’exotisme, aient eu envie, ou l’occasion, de se promener peut se concevoir, mais on voit mal ce qu’a pu apporter la visite de trois établissements à l’étranger, surtout en Allemagne, qui a un système scolaire si différent du nôtre et des enseignants aux statuts on ne peut plus "fluctuants" ou, en Suisse, qui n’est même pas concernée par les projets européens et, alors qu’il ne s’agit, dans ce cas-là, ni de documentation, ni d’établissement scolaire !
Ou bien, on lançait une véritable étude comparative entre les fonctionnements européens en matière de politique documentaire éducative (mais cela ne saurait se faire, sans une étude de l’ensemble du fonctionnement de l’Education, dans les différents pays), ou bien on avait la décence de s’abstenir et on ne prenait pas en compte, dans un tel rapport, des informations aussi anecdotiques.
Enfin, anecdote, encore, UN établissement privé, visité pour 48 publics ? Pour vérifier quoi ? Pour découvrir quoi ? Pour comparer quoi ? Aucun intérêt ! Ou l’on mène deux enquêtes parallèles, dans des conditions les plus approchantes possibles, pour éviter les variables, ou l’on s’abstient.

2- La démarche :
Ce rapport donne l’impression d’avoir été baclé, effectué dans l’urgence -quelle urgence ?- et a, surtout, été réalisé sans concertation avec les différentes instances professionnelles ou syndicales, qui elles, mènent la réflexion sur le sujet depuis de nombreuses années. Il n’est sous-tendu par aucune démarche "scientifique", ce qui est pour le moins curieux concernant le domaine de l’info-com.
On a juste rassemblé un groupe de gens qu’on connait, pas même (surtout pas ?) représentatif de la profession et on leur a posé quelques questions dont on a l’impression qu’elles induisaient les réponses... A ce propos, on aurait bien aimé que soient joints, en annexe au dossier, les "questionnaires", eux-mêmes, cela nous aurait permis une lecture plus claire, sinon, plus éclairée...

Aucune investigation véritable, aucun point de vue nouveau, aucune réelle réflexion, aucune piste nouvelle.
Mais, peut-être, suis-je trop exigeante envers l’Inspection Générale et devrais-je m’estimer heureuse qu’ils en soient, enfin, arrivés là...

3- Les chiffres et les tableaux :
Les rares chiffres fournis par le rapport, ne sont pas significatifs, sont mal exploités et volontairement, mal interprétés ou dévoyés...
Ils ne sont pas plus parlant que la plupart des mots utilisés pour les qualifier, et la confusion est constamment entretenue (en valeur, comme en signification). _ Quant aux commentaires de ces données, il souligne un aveuglement forcené ou une volonté déterminée de masquer la réalité.
Exemple le tableau de la page 23 et ses commentaires : Je passe rapidement sur le fait que le rapport congratule les différents gouvernements qui se sont succédés, au sujet de la création des postes, alors que ces créations étaient réclamées depuis près de 20 ans par les syndicats, avec comme argument décisif, que cela ne coûtait rien et que cela permettrait une fluidification des affectations et faciliterait la mise en place des enseignants documentalistes et le développement de l’idée d’une nouvelle "documentation", mais... que cela ne servirait à rien si les postes aux concours n’étaient pas créés et que le freinage des entrées dans les académies déficitaires, par le Ministère au moment des mutations, ne permettaient pas de compenser les départs à la retraite...etc Donc, nous avons bien création de postes dans les établissements, mais pas le personnel formé qui va avec... de ce côté-là, il y a eu une baisse significative, sur ces dernières années...
Il y a une confusion permanente entre "postes" de documentalistes ET "documentalistes". Lorsqu’on nous dit, dans l’introduction au tableau, qu’il y a 8989 postes de documentalistes dans les établissements publics, ce chiffre concerne en fait le nombre de documentalistes et inclus, les stagiaires IUFM de seconde année. Or, nous savons très bien qu’il peut y avoir des enseignants-documentalistes dans des établissements n’ayant pas de poste et des non-documentalistes sur des postes de documentation... Ce tableau, lui-même, est d’une haute fantaisie... si l’on peut s’étonner de la présence de professeurs d’EPS, d’agrégés, de PEGC ou de CPE sur "un poste dont la discipline... est documentaliste", le tableau masque complètement le fait qu’une grosse partie des enseignants sur ces postes ne sont pas formés (formation initiale ou reconversion) en tant que documentalistes ! En faisant le distingo par catégories, le rapport biaise et évite de préciser la vraie discipline de ces enseignants !
Tout cela nous ramène, au final, a une estimation d’un nombre total de : 8901 documentalistes en établissement scolaire, dont nous savons qu’une part non-négligeable (entre 10 et 25% suivant les académies), est enseignant d’une autre discipline.

Le tableau suivant parachève le travail en changeant la dénomination :
On passe de "enseignants du 2nd degré ...dont la discipline de poste est documentaliste" à "nombre de documentalistes" (total de 9119 en 2003), permettant du coup, sans capes ni trompettes, d’installer tout ce beau monde en documentation...

4- Le bilan :
Forme :
En ce qui concerne le bilan des politiques documentaires et de la situation de la documentation dans l’Education Nationale, si certains peuvent croire que ce rapport est "assez documenté", je ferais remarquer que n’importe lequel d’entre nous s’intéressant à la profession ou ayant quelque responsabilité (responsable syndical ou commissaire paritaire, membres d’associations professionnelles (Fadben...), membre d’un jury ou d’un groupe de travail acdémique, ou simple "curieux" utilisateur de listes de diffusion ou fréquentant les sites dédiés à la documentation dans l’enseignement), pouvait dire la même chose et établir un état des lieux semblable, en nettement moins de temps !
Je n’ai rien vu là-dedans que nous ne sachions déjà ou que nous disions déjà... depuis longtemps !
J’ai fait partie d’un de ces groupes académiques cités dans le rapport (une cinquantaine de collègues) et avec les deux derniers stages docs coanimés pour le snes sur Toulouse, j’ai obtenu, quasiment les mêmes éléments de réflexion.
Ceci, pour les plus "profonds"...
Mais ce qu’on rencontre le plus souvent dans le rapport, c’est ce qu’on entend, parfois, même dans les réunions départementales de documentalistes, ou en salle des profs. C’est le même principe, que ce qui avait été souligné par nos collègues à propos du forum ouvert sur le grand débat de l’école... et ça, ça n’a rien de profond.
Tout ce qui tient du simple constat (le manque de moyens, de temps, de place, de formation...) marque, malgré tout une réflexion "positive", quoique archi-connue. Mais, surtout, tout ce qui relève de la légende, de la rumeur, de la rancœur et de la mauvaise foi et qui provient aussi bien des collègues de disciplines, de l’institution, des parents que, malheureusement de certains documentalistes, eux-mêmes (la doc "sur son coussin", l’ouverture de 50h, les besoins des bts, l’aide au chef d’établissement, l’antinomie vie scolaire/cdi... etc). Toutes ces caricatures de la doc, qui existent, certes, mais en nombre insignifiant, sont ici montées en épingle, haussées au rang de règle, de modèle. En lycée, ne faisant que rarement l’appel, puisque le cdi est ouvert non-stop, à qui veut venir, même pour 5mn, je ne connais de mes élèves que ceux qui sont très agréables et très créatifs, parce qu’ils participent aux actions du cdi et les "dérangeurs" ou les dérangés", parce que, soit, je les punis, soit on les punis... De la même façon, il semblerait que les ipr n’aient interrogé que des enseignants-documentalistes qu’ils connaissaient, dont ils appréciaient le travail et avec qui ils partageaient une même vision du métier. Et qu’ils se soient souvenus de ceux dont ils avaient lu ou connu l’épineux cas (sans d’ailleurs, en général, l’avoir réglé).
Visiblement, quand il a été demandé aux ipr d’enquêter, vu le peu de temps et de moyens dont ils ont disposé, ils se sont adressés aux quelques documentalistes de leur entourage, crdp, iufm, safco, rectorats (souvent éloignés depuis longtemps du terrain) et autres "docs de choc bien en vue grâce à leurs actions". L’enseignant-documentaliste de base qui se débrouille tout seul au fond de son cdi... n’a guère du pouvoir s’exprimer !
Une fois de plus, on réunit quelques "experts" et on généralise leur opinion... Il n’était guère difficile, pourtant d’élaborer une véritable enquête, à destination de tous les partenaires et d’en traiter rapidement et objectivement les résultats. De nombreux logiciels, permettent cela, mais sont visiblement inconnus du ministère.

Dès les premières pages du rapport, le ton est donné. Le sommaire à lui seul est déjà un morceau d’anthologie ! Continuons avec les chiffres...

- Documentation : 3
- CDI : 4
- Politique documentaire : 4
- Documentalistes : 10
- Enseignants : 1 (supposés documentalistes)
Veut-on nous faire croire que le rapport traite des politiques documentaires ou sert-il plutôt de coup d’essai, de test, pour évaluer la profession et sa réactivité ?

- Introduction : 2 pages
- Etat des lieux : 18 pages
- Mutations prévisibles : 7 pages
- Politiques documentaires : 22 pages
- Conclusion : 4 pages

Cette conclusion est elle même une caricature du rapport :
"des mesures pour une politique... nationale"
"des mesures...académiques"
"des mesures...chaque établissement.."
et
"engagements, nécessaires des documentalistes" !!!
On notera que, au bout d’un an de réflexion et 60 pages de rapport, le terme de professeur-documentaliste leur écorche toujours autant la plume et que seul les "documentalistes" doivent s’engager et donner plus, alors qu’on ne leur offre rien !

Ces quelques pages qui encadrent le corps de "étude", sont l’exact reflet d’un rapport qui semble n’avoir d’autre utilité que de remettre en question la profession d’enseignant-documentaliste, de justifier l’existence et l’utilisation de personnels précaires, l’ouverture maximale des cdi, le soutien aux chefs d’établissements et l’extension des réseaux informatique. Avec en prime la justification des nouveaux dispositifs, la glorification du Ministère et la remise en cause du statut !

Contenu : état des lieux et propositions.
Tout au long du texte, la plus grande confusion est entretenue, entre le lieu cdi et la fonction.

Le rapport insiste avec lourdeur sur les besoins des élèves, en particulier les internes (notamment des bts, qui n’ont strictement rien à faire dans un cdi, soit dit en passant).
Il est sidérant de voir que le rapport regrette que l’ouverture d’un cdi soit passée de 52 à 39h, sans que le rapporteur ne s’interroge, à aucun moment, sur la réelle nécessité d’une telle amplitude horaire, ni ne cherche à lui trouver une solution.
Car la chose est simple, ou les élèves souhaitent juste un lieu de travail, et n’importe quelle autre salle peut convenir ou, ils souhaitent le fonctionnement réel du Centre multimédia et donc la présence de l’enseignant-documentaliste, dans ce cas il suffit de créer autant de postes supplémentaires que nécessaire.

Cette volonté d’énoncer des faits, sans chercher à résoudre les problèmes, cet aveuglement permanent est plus que pénible. On le retrouve tout au long des pages, en ce qui concerne les nouveaux dispositifs et la charge de travail qu’ils induisent, ou la formation initiale et continue, plus que lacunaires, par exemple.
Certes, nous en sommes d’accord, beaucoup de choses restent à faire, nous devons tous nous former et nous informer, mais que nous propose-t-on ?
Des formations virtuelles (Limoges) ! Des cursus universitaires, mais hors temps de travail ! L’inspection générale nous conseille la mobilité géographique et professionnelle, mais sur le terrain, les rectorats ne donnent aucun congé formation, refusent les affectations en CRDP ou dans le supérieur, rechignent à attribuer des temps partiels pour préparer concours et diplômes... etc !

Cette distance entre la "naïveté" de l’Inspection et le matérialisme des Rectorats est étonnante, si l’Inspection Générale ne peut influer sur la politique nationale ou académique, à quoi sert-elle ?
Le rapport avoue que l’IG a été incapable d’obtenir l’état des nominations de précaires auprès des Rectorats !!! D’une part cela en dit long sur la caporalisation des académies, d’autre part, cela montre bien l’incapacité de l’Inspection Générale et des ipr, à se servir des outils à leur disposition... S’il n’y a pas moyen d’accéder à l’information, il est possible de la retrouver ailleurs. Dans notre académie, il suffit de lire l’annuaire des personnels et de le recouper avec d’autres données, issues des différentes commissions d’affectation (encore faut-il que les ipr y siègent !!! C’est un peu long, mais ça se fait. On peut aussi, obtenir ces états auprès des safco.

Mais peut-être que l’inspection devrait, elle aussi se former aux techniques documentaires ou embaucher des documentalistes, en plus de leurs secrétaires ?

Pour terminer, quel est notre avenir, du point de vue de ce rapport ?
- une ouverture à 360° du cdi
- une circulaire qui doit "s’en tenir à des objectifs généraux"
- le concours de chef d’établissement..."

En conclusion :
Tout ce qui est dit dans la partie bilan n’est pas faux, loin de là, mais c’est une représentation parcellaire que l’on peut se faire soi-même en écoutant les collègues discuter autour d’une tasse de thé en salle des profs... n’importe lequel d’entre nous aurait pu écrire ce rapport, s’il s’agissait seulement de recueillir des bavardages et non de faire une étude sérieuse.

Tout ce qui est proposé ne fait que reprendre les tentatives d’étouffement et de dévoiement de la documentation pédagogique, que nous avons connu ces dernières années : de la tentative de nous transformer en chef de réseau informatique à la circulaire avortée de 2001, en passant par le secrétariat de communication (bras droit du bras gauche du chef d’établissement), la formation des enseignants de disciplines aux techniques documentaires et la gestion d’un centre d’accueil pour élève en errance.

L’Inspection Générale n’a vu que ce qu’elle voulait bien voir ! Elle n’a aucune analyse profonde, refuse de réfléchir aux solutions possibles aux problèmes soulevés, nie tout déficit d’intérêt de la part du Ministère, falsifie les chiffres par leur interprétation et ment ou s’aveugle d’une manière éhontée ...
Elle ne pense qu’à deux choses : les chefs d’établissement et l’informatique de réseau... Elle ne connait absolument rien à notre travail et ramène toutes les solutions de nos problèmes, à l’embauche d’aide de documentation... précaires bien sûr, même si elle ne les nomme pas ainsi !

On se dit qu’elle n’a rien appris, qu’elle a toujours la même vision de la doc et qu’elle ne connait strictement rien à notre métier... mais surtout elle n’entend rien ! Bien sur, la demande d’une agrégation ou d’une inspection spécifique, fil conducteur de notre réflexion depuis près de 20 ans n’apparaissent, même pas et ce rapport, met, notre fonction enseignante, plus que toute autre, en danger. Le véritable problème de l’Inspection générale, c’est le Capes, d’aucun, n’ont toujours pas admis que nous soyons enseignants.

Nous avons là, un rapport qui, sous couvert de politique documentaire, donne plus la parole aux professeurs de discipline, aux chefs d’établissements, aux cpe, aux élèves, et même aux assistants d’éducation (ou au ces...) qu’aux enseignants-documentalistes, alors qu’il est question d’eux à chaque page. Un rapport qui piétine allègrement statuts et textes officiels, qui prone la dérèglementation permanente, qui n’a que mépris pour notre profession... Un rapport bâti sur des représentations caricaturales, des statistiques tronquées, des rumeurs et des commérages...

Je ne m’étais pas sentie bafouée et insultée avec autant de force, depuis très longtemps...

 
 

La politique documentaire

2005 Amiens : à propos de....la politique documentaire

Points de vue sur le dernier rapport de l’IG EVS « les politiques documentaires »

2004 L’élaboration d’une politique documentaire : guide méthodologique, académie d’Orléans-Tours

2003/04 Circulaires IPR EVS Paris sur la politique documentaire