7 avril 2011
La visite de 36 lycées dans sept académies courant décembre et janvier a permis à l’IG (Inspection générale) de produire un état des lieux de la mise en oeuvre de la réforme du lycée (1).
Ce constat est qualitativement cohérent avec celui du SNES : la réforme se met en place (mais comment pourrait-il en être autrement ?), les enseignements d’exploration MPS, SL et LS peuvent donner satisfaction à certains enseignants et élèves, SES et enseignements technologiques sont maltraités, l’AP (accompagnement personnalisé) n’a pas vraiment été mis en place ou fonctionne mal.
Cependant, l’IG n’en tire pas les mêmes conclusions que le SNES. Pour elle, la réforme introduit de nouvelles pratiques pédagogiques et des espaces de liberté via les enseignements d’exploration et l’AP, dont elle espère bien qu’elles feront tache d’huile dans les autres enseignements. Ces nouveautés seraient portées par un « premier noyau » d’« enseignants innovateurs », qu’il s’agit d’élargir. Les difficultés portent selon les IG principalement sur le manque de formation des enseignants et des équipes d’encadrement, ainsi que sur la complexité de la gestion des groupes d’élèves et des moyens. Leurs solutions : un effort de formation, la mise en réseau des établissements (mutualisation de l’offre de formation) et l’annualisation des enseignements pour apporter plus de souplesse.
On notera que les IG expriment cependant à plusieurs reprises leurs craintes que la réduction des moyens attendue pour la rentrée prochaine ne remette en cause le processus d’innovation et d’adhésion des enseignants à la réforme. Ils demandent par ailleurs la mise en place d’une démarche d’évaluation en terme de réussite des élèves.
L’échantillon visité par les IG n’a pas de valeur représentative. Ce travail a donc surtout le mérite d’apporter l’éclairage de l’Inspection sur la réforme du lycée. Avec des conclusions différentes des nôtres : là où l’inspection voit dans la diversité des situations rencontrées la preuve que les lycées s’adaptent à leurs élèves et en conclut à la réussite de la démarche d’autonomie, nous alertons sur le renforcement des inégalités de territoire, d’une concurrence mortifère entre établissements et sur le risque d’une aggravation de l’échec scolaire.
Une démarche d’évaluation rigoureuse et sincère s’impose. Le SNES entend y contribuer. Il faut imposer le cadrage national des heures de dédoublement, l’accrochage de l’AP aux disciplines, le refus du tronc commun de Première : le SNES appelle les enseignants à continuer d’exiger une réforme plus conforme à l’intérêt de tous.
Valérie Sipahimalani
lycees@snes.edu
1. IG/IGAEN, rapport 2011-010, février 2011 « Mise en oeuvre de la réforme des lycées d’enseignement général et technologique ».