29 avril 2008
En premier lieu, il confirme que le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne sera rendu possible que par la réduction du champ des missions de l’Etat. Ainsi, « Le rythme de diminution des effectifs de l’Education Nationale sera fonction des progrès réalisés dans la remise à plat des programmes et des rythmes scolaires ». Le « pé-cule » proposé aux fonctionnaires qui démissionneraient renvoie explicitement à des transformations majeures du service public.
Aucune réponse n’est apportée à la dévalorisation générale du métier d’enseignant, aggravée par les pertes de pouvoir d’achat du point d’indice de la Fonction Publique de ces dernières années. La revalorisation des carrières telle que la propose le prési-dent fait porter des risques majeurs à la cohérence des équipes en valorisant l’individualisation des rémunérations et en prétendant la fonder sur la performance. L’enseignant soucieux de faire progresser des élèves en difficulté se verra –t-il sanc-tionner financièrement, parce que les progrès de ceux-ci seront moins rapides que ceux d’autres enfants ? La réponse des heures supplémentaires ne peut convenir à nos professions qui n’ont connu aucune RTT et qui demandent un engagement im-portant. Le président moins que quiconque n’ignore pas qu’augmenter le pouvoir d’achat par ce biais ne profitera qu’à une minorité de salariés. Dans la Fonction Pu-blique, elle met directement en cause l’emploi des non titulaires et les débouchés des étudiants. Le budget 2008 en apporte la preuve.
Le pacte proposé par Sarkozy ne saurait répondre aux attentes des personnels ni aux besoins des usagers et représente un véritable dynamitage des principes de la Fonc-tion Publique ; le recours à des emplois de droit privé en est un des éléments les plus emblématiques. La disparition des corps laisse entrevoir la volonté de disposer de personnels dont la qualification n’est plus un élément de la carrière. Elle ouvre la porte à une gestion des personnels selon la seule volonté de leur hiérarchie. Loin d’être un carcan les statuts sont les garants de l’indépendance indispensable du fonc-tionnaire vis-à-vis des éventuelles pressions extérieures. Ils sont le cadre dans lequel peut s’exercer l’inventivité et la liberté pédagogique des enseignants.
Le SNES contribuera à ce que se construisent rapidement des actions unitaires pour la défense et l’amélioration de la Fonction Publique et des services publics. Paris, le 19 septembre 07.