21 janvier 2009
FORMATION : LE PROJET DU SNES
La question de la délivrance du master pour les enseignants se pose alors que s’achève l’intégration des IUFM dans les universités. L’élévation du niveau de recrutement des enseignants et des CPE au master, demande forte du SNES, permet de mettre en avant nos propositions sur la conception de la formation, la place et les contenus des concours, la place de la formation initiale et l’articulation entre le concours et l’attribution du diplôme. Apparaissent alors les nécessités d’aider les étudiants des milieux modestes à terminer leurs études, de peser sur la programmation des recrutements et enfin de porter notre revendication de prérecrutements. Toute élévation du niveau de recrutement des enseignants ne peut se limiter à un simple déplacement du « curseur » mais doit être l’occasion de mieux articuler la formation universitaire et préprofessionnelle située en amont du concours avec la formation professionnelle en aval. La mise en place de modules de préprofessionnalisation sera rendue incontournable si les concours sont revus pour y intégrer, en plus ou au travers des épreuves disciplinaires, des questionnements sur l’épistémologie, l’histoire de la discipline, les sciences de l’éducation... Les contenus et programmes de formation nécessitent un cadrage national fort. Le SNES n’est pas favorable à une « filière » des métiers de l’enseignement et de l’éducation. Les étudiants souhaitant poursuivre un cursus uniquement disciplinaire doivent pouvoir s’inscrire au concours. La formation initiale délivrée après l’admission devra tenir compte du parcours antérieur des professeurs et CPE stagiaires. Pour que les concours gardent leur fonction de sélection des meilleurs candidats, il faut s’assurer d’un vivier suffisant en rendant plus attractives les voies y menant. Il faut donc obtenir des pré-recrutements, débouchant sur la création d’un statut d’élève-professeur ouvrant droit à un salaire et à une prise en compte des années d’études et dans le même temps, aider les étudiants des milieux populaires en augmentant les bourses sur critères sociaux. Il faut également programmer les recrutements sur plusieurs années, afin que les étudiants s’engageant dans cette voie le fassent en connaissance de cause. Au-delà, permettre à plus de jeunes de suivre des études universitaires passe par la création de bourses d’études sur critères sociaux en nombre suffisant et le recours à nouveau au recrutement de type MI-SE. Enfin, il faudra mettre en place un système permettant aux non-titulaires de prendre en compte leur expérience, par exemple par la VAE, pour leur donner la possibilité d’accéder à un emploi statutaire.