SNES - FSU

DOSSIER PROTECTION SOCIALE - SANTÉ

Réforme de la sécurité sociale : où en est -on ?

17 avril 2005

 

Le ministère de la Santé a publié dans la presse en avril des encarts publicitaires vantant les mérites de la réforme de l’assurance maladie. « Ensemble, nous avons déjà pu réduire le déficit 2004 de la Sécurité sociale de 2 milliards d’euros », assure le document En bas de page, un slogan : « C’est en changeant tous un peu que l’on peut tout changer ». Cette campagne d’information, (coût estimé à 238 000 euros), fait suite à plusieurs autres menées depuis septembre 2004. Au total, le budget communication sur la réforme avoisinera les 7 millions d’euros !

La méthode Coué ne peut suffire à maquer une réalité bien plus sombre. S’il y a eu effectivement une légère décélération des dépenses, due pour partie à la diminution des indemnités journalières (-5% en Janvier/Février) et à l’augmentation de la prescription de génériques. Mais elles sont toujours supérieures à l’objectif fixé pour 2005 (inférieur à celui des années précédentes), et alors que le reste - à charge pour les usagers s’est accru. En sont en partie responsables les autorisations de dépassements tarifaires accordés aux spécialistes dans le cadre de la convention signée entre l’Uncam et certains syndicats de médecins. Le risque d’un rappel à l’ordre du « comité d’alerte » est donc toujours bien réel,et dans ce cas, les partenaires sociaux gestionnaires des caisses d’assurance maladie pourraient être contraints de prendre des mesures d’économie, en réduisant encore les remboursements,ou en augmentant la franchise, actuellement d’un euro.

Depuis quelques semaines, comme l’ensemble des assurés sociaux, les fonctionnaires reçoivent de leur mutuelle, qui gère la sécurité sociale, le formulaire d’inscription auprès d’un « médecin traitant ». Le choix devra être effectif d’ici le 30 Juin, pour une mise en oeuvre en Juillet [1]. 6 millions d’assurés auraient déjà choisi leur médecin traitant, dans 90% des cas un généraliste selon le ministère de la santé, mais dans les CPAM, l’incertitude règne sur une réalisation effective à cette date.

Pour la FSU, un parcours de soins, avec un médecin généraliste au rôle revalorisé et mieux formé, notamment à la prévention, et favorisant des pratiques coordonnées entre les différents professionnels de santé, serait en soi une bonne chose. Or, il est peu question ici de qualité, mais de contrôle des patients, au nom de la responsabilisation. Le paradoxe étant que le patient « vertueux » ne sera pas récompensé, et que le patient pressé pourra contourner ce parcours en payant davantage ! Le spécialiste, qu’il soit en secteur 1 ou 2, pourra augmenter encore ses honoraires, instaurant de fait un parcours pour les riches et un parcours pour les pauvres, selon une conception bien libérale de la vertu ! La plupart des mutuelles ont déjà annoncé qu’elles ne rembourseraient pas ces dépassements. Ce « maquis tarifaire », selon l’expression de JP Davant, va pénaliser encore davantage les usagers qui risquent d’avoir beaucoup de mal à s’y retrouver, et à retrouver la santé !

Elizabeth Labaye

[1] Rappelons que l’accès reste direct pour les dentistes, les ophtalmologistes, les pédiatres. En cas d’urgence, et d’éloignement du domicile, par exemple en vacances, il est possible de consulter n’importe quel médecin sans être soumis à pénalité ! On ne sait d’ailleurs pas encore quel sera le montant de la « sanction » pour les patients qui ne choisiraient pas de médecin traitant.

 
 

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