5 juillet 2009
Alors que, pendant plusieurs années, nous nous félicitions de voir ce nombre porté à une vingtaine, en 2007 et 2008, la hausse (34 postes restent vacants puis 61) avait été spectaculaire. Cette année, ce sont 83 postes qui n’ont pas trouvé preneur, soit un peu plus de 22% des postes offerts au mouvement. Cela devient franchement inquiétant. Bien sûr, il y a des vacances habituelles et même structurelles comme en Arts appliqués où, même quand les capacités d’accueil sont ouvertes en nombre, notre académie n’a pas l’heure d’attirer les enseignants !
Par contre, trois disciplines peuvent être considérées comme « sinistrées »
En premier lieu, et loin devant toutes les autres, il y a la Documentation avec 22 postes vacants.
Depuis 2005 c’est la discipline la plus touchée par la baisse des postes au CAPES ;
Suppression des rares seconds ou troisièmes postes des très gros établissements ;
Etablissements ouverts sans poste ;
Près de 400 postes vacants au niveau national, soit deux sessions de recrutements au rythme actuel de ceux-ci ;
Au quotidien, rappelons que les temps partiels et décharges sont rarement compensés et que les congés de maternité ou de formation ne sont pas remplacés non plus par des personnels formés et compétents.
Aussi, les rectorats usent de pratiques méprisantes pour notre métier :
reconversions sans formation ;
confusion entre reconversion et réadaptation, au mépris des personnels en difficulté ;
pression sur les TZR d’autres disciplines, non volontaires, pour qu’ils acceptent des affectations sauvages en documentation, etc.
Non, un enseignant en difficulté ne fait pas un bon professeur documentaliste et tous les enseignants ne sont pas compétents en Sciences de l’information.
20 ans après la création du CAPES, il s’agit d’une terrible régression.
Développer une culture de l’information chez nos élèves est indispensable face à la masse et à la complexité des informations dont ils sont abreuvés quotidiennement. Cette mission, essentielle dans les établissements, est rendue impossible à assumer par manque de postes de titulaires.
Dans notre académie, les postes vacants sont de plus situés dans des zones rurales, loin de toute offre culturelle. Pour que l’expression de M. Richard Descoings, « Le CDI poumon du lycée » ne soit pas qu’un voeu pieux, il convient de prendre en considération la situation et d’y remédier.
Nous espérons que les pouvoirs publics, pourtant alertés (Rapport du sénateur Assouline sur l’Education aux médias) vont enfin se décider à nous donner les moyens humains indispensables à la formation de nos élèves à l’information. Il en va de la survie de notre métier.
Snes – Section syndicale de Reims (juin 2009)