5 novembre 2009
Le ministre avait fait savoir par coursier qu’il accédait à cette demande, que le volet de revalorisation serait bien traité et un calendrier de travail proposé.
Las ! L’entrée en matière de l’audience fit rapidement apparaître qu’il s’agissait surtout de minorer les promesses faites en matière de revalorisation, disserter sur différents sujets sans d’ailleurs de contenu ni de propositions concrètes (seconde carrière par exemple).
Le Conseiller social commença par un couplet sur l’évaluation des enseignants, le caractère peu satisfaisant de la double notation, la volonté d’aller vers davantage d’individualisation…Le SNES et le SNEP convinrent de certains dysfonctionnements, rappelèrent nos propositions notamment pour rendre la notation pédagogique plus objective, pallier les effets des retards d’inspection, donner corps aux missions d’aide et de conseil et à la formation continue. Ils mirent aussi sérieusement en garde le Cabinet contre toute réforme du système qui mettrait en concurrence les personnels, donnerait aux chefs d’établissement un poids renforcé, soumettant ainsi les enseignants aux intérêts locaux, privilégiant l’évaluation des tâches immédiatement visibles au détriment du cœur du métier, les questions d’apprentissage.
La finalité de ce regain d’intérêt pour les questions d’évaluation apparaît bien vite si on la lie au dossier de la revalorisation. En plaçant d’emblée les discussions dans le cadre d’un double calendrier, le Conseiller social trahissait bien la volonté du gouvernement de manquer aux engagements pris : un calendrier pour les nouveaux recrutés au master et des mesures à prendre d’ici à janvier 2010 ; un autre calendrier, sans échéances, pour les « autres sujets » que les débuts de carrière. De fait, les pistes de travail proposées ont tourné autour des débuts de carrière (gain moyen d’une centaine d’euros).
La marge de discussion consistant à choisir entre un effet supplémentaire sur les débuts et des effets moindres sur les échelons suivants de milieu de carrière, ou l’inverse.
Le reste de l’enveloppe budgétée pour la revalorisation des enseignants étant prévu pour indemniser les nouvelles missions en lycée comme le tutorat.
En réponse aux exigences du SNES d’un plan pluriannuel concernant l’ensemble des personnels et des moments de la carrière, les conditions de travail, l’aménagement des fins de carrière, le MEN invoque cyniquement le « retour catégoriel » lié aux suppressions de postes. En fonction des suppressions du budget 2011, on verra…
Nicolas Sarkozy avait fait le constat d’une dévalorisation globale de nos métiers et avait proclamé la volonté de les revaloriser. Par notre engagement massif dans la grève du 24 novembre, rafraîchissons-lui la mémoire.
Frédérique ROLET
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