21 janvier 2010
Le candidat Sarkozy nous l’avait assuré : la réforme de 2003 avait sauvé les retraites par répartition. Singulière victoire, quand 81% des salariés s’estiment « peu ou pas confiants quant à la garantie de toucher une retraite satisfaisante » !
Pourtant le Président nous convie en 2010 à un nouveau rendez vous, nous assurant qu’il « prendrait ses responsabilités ». Il situe le temps des décisions à la mi 2010 .S’il affirme que « tout est sur la table », le décalage de la « borne » d’âge légal de départ en retraite, prôné par le Medef, est une option sérieusement envisagée. Or, c’ est un piège. En effet, l’âge limite moyen auquel les salariés s’estiment « contraints de travailler » est tout proche de 65 ans. Reculer l’âge légal de départ en retraite pourrait apparaître indolore à certains, sauf que... l’âge d’un départ sans décote serait repoussé d’autant !
De plus les pistes de réforme sont multiples et leurs effets conjugués risquent bien d’aggraver encore la situation. Emploi des seniors, situation des régimes complémentaires du secteur privé, avantages familiaux et conjugaux de retraite sont autant de sujets inscrits à l’agenda 2010. Les dispositions particulières à la Fonction publique en matière de réversion, du droit des mères de 3 enfants ou plus seront débattues au ministère du budget.
Il y a aussi ce rapport commandé au conseil d’orientation des retraites par le Parlement et qui devrait être rendu public en février sur « les modalités techniques » de basculement des régimes de base obligatoires vers un régime unique, par points ou à l’exemple de la Suède « en comptes notionnels ». Ce régime, qui simule la capitalisation a l’avantage, aux yeux du gouvernement, de se réguler sans bruit : une augmentation de l’espérance de vie provoque ipso facto une diminution des pensions. Les salariés,quant à eux , privilégient une augmentation des cotisations « pour partir à la retraite le plus tôt possible » (45%) avant les pistes « travailler le plus longtemps possible » (1/3) et « partir le plus tôt possible quitte à avoir une retraite moindre » choisie par un peu plus de un sur 5. Imposer un débat public sur les retraites, rien de plus urgent ! Le SNES et la FSU s’y emploieront avec toutes les forces disponibles. De leur point de vue, c’est bien la piste du financement qu’il faut investir, comme celle de l’emploi car le chômage explique en partie les déficits de la protection sociale.