Il faut revaloriser nos métiers !

Revalorisation Chatel : provocation indécente !

4 avril 2010

Le ministre a réuni les organisations syndicales pour leur présenter un “relevé de décision”. Envolée « l’année 2008 des enseignants » selon X. Darcos, enterrées les « grandes avancées sociales » de L. Chatel, les discussions salariales annoncées par le ministre au CTPM du 1er octobre n’auront jamais eu lieu. Voilà pour le dialogue social !
 

Et du point de vue salarial ?

La nouvelle carrière en 9 échelons valable uniquement pour les néo-recrutés au master, est d’une attractivité bien limitée. Les néo-recrutés seront rémunérés en début de carrière au niveau du 3ème échelon actuel (acquis actuellement en 1 an) revalorisé de 15 points d’indice (58 € environ) pour les certifiés et CPE et de 11 points (42 € environ) pour les agrégés. Une augmentation du même ordre est prévue pour les actuels échelons 4 et 5 (futurs 2 et 3) ce qui créera une rupture dans la progression indiciaire et puis rien au-delà !

Non ! Monsieur le ministre, vous ne revalorisez pas la carrière des enseignants et faites bien peu de cas de l’élévation du niveau de recrutement et de la qualification accrue : 25 € environ par mois sur l’ensemble de la carrière.

De plus le “relevé de décision” prévoit de geler le montant des HS1 à celui du 31 août 2010 en supprimant le mode de calcul - pourtant déjà contestable - basé sur le traitement du 1er échelon et du dernier échelon de la classe normale.

Dans un contexte où la part des HS dans les DHG explose et où les chefs d’établissement font de plus en plus pression sur les collègues pour qu’ils en acceptent, cette mesure est un moyen supplémentaire de gagner quelques euros sur le dos des collègues.

Alors que le ministre veut nous faire entrer dans une logique de “donnant-donnant” en conditionnant la revalorisation des enseignants à la moitié de la masse salariale récupérée par le non remplacement d’un enseignant sur deux, il utilise de surcroît le gel de la rémunération des heures supplémentaires pour financer ses maigres mesures salariales.

Quid d’une revalorisation pour tous ?

Le "relevé de décisions" prévoit que les collègues actuellement aux échelons 3, 4 et 5 bénéficieront des 15 ou 11 points d’indice supplémentaires. A l’oral, le ministre envisage une revalorisation des actuels 6ème et 7ème échelons en fonction du budget 2011 mais récuse la revalorisation de tous les personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation. Exit les engagements présidentiels.

Dans la perspective d’individualiser les carrières et avec l’objectif de mieux imposer sa réforme du lycée et sa réforme de la formation des enseignants, il préfère créer des dispositifs indemnitaires pour rémunérer les enseignants qui accepteraient d’être tuteur de nouveaux enseignants, d’étudiants et de lycéen. Sauf que pour l’encadrement des premiers, un dispositif existe déjà et est rémunéré sous forme de bonification indiciaire (plus avantageuse dans le calcul de la pension). Pour le tutorat des étudiants, c’est bien à une conception du concours et du métier que nous nous heurtons. Quant au suivi individuel et à l’aide aux lycéens, ceux-ci devraient être inclus dans notre service hebdomadaire.

Dans un contexte où notre métier est de plus en plus complexe et rendu moins attractif du fait de la double dégradation salariale et des conditions de travail, le SNES considère que ces mesures, en rupture totale avec les engagements pris au plus haut niveau de l’Etat de revaloriser l’ensemble des enseignants, sont indécentes. Elles ne bénéficient qu’à un quart des personnels, sont avant tout indemnitaires avec des HS encore plus sous-payées. De plus, aucune amélioration des conditions de travail n’est envisagée.

C’est d’un plan d’ensemble cohérent, pluriannuel, portant à la fois sur les rémunérations et les conditions de travail dont la profession a besoin.

Pour le SNES, la revendication salariale s’appuie sur une double nécessité : remettre à niveau nos rémunérations et faire de l’agrégation revalorisée la référence pour tous. Cela peut se faire bien sûr par étape : augmentation du nombre de points d’indice pour tous les échelons, intégration des indices terminaux de la hors classe dans une carrière en onze échelons, augmentation du nombre de promotions dans le corps des agrégés et des recrutements externe et interne à l’agrégation

Mais une réelle revalorisation du métier d’enseignant ne saurait aussi exister sans une amélioration des conditions de travail : instauration de décharges de services pour la concertation des équipes dans nos établissements, réduction du nombre d’élève par classe, limitation des compléments de service, respect des missions de remplacement....

Xavier MARAND

intercat@snes.edu

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Position du SNES

Revalorisation des personnels enseignants et assimilés

En bref

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Les mesures prises au printemps et à la rentrée 2008

point de campagne. Plan de revalorisation de Luc Chatel : une provocation

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