15 septembre 2011
En s’appuyant sur une seule des propositions de la conférence nationale sur les rythmes scolaires, Luc Chatel a annoncé en juillet dernier un raccourcissement des vacances d’été dès l’année scolaire 2013-2014, faisant planer de lourdes menaces sur nos métiers, nos services et sur l’organisation du système éducatif.
Dans la réflexion concernant la modification des rythmes scolaires, relancée notamment par la suppression du samedi matin dans le premier degré, le SNES et la FSU ont posé la question globale du temps scolaire et de son organisation.
Pour le SNES, l’enjeu était de dépasser les clichés rebattus afin d’interroger les raisons de la fatigue des élèves, de leur difficulté à se mobiliser pour les apprentissages à certains moments, de la place du travail personnel, voire du travail à la maison... bref de cerner les leviers d’amélioration de l’organisation de la journée, de la semaine, de l’année... Ainsi, le rapport de la conférence sur les rythmes scolaires propose une série de mesures qui n’ont pas vocation « à être isolées les unes des autres ». Fidèle à sa méthode, le ministre semble n’en retenir qu’une : réduire les vacances d’été...
C’est inacceptable, d’autant qu’il poursuit des réformes qui diminuent le temps de cours, aggravent les conditions de travail, alourdissent les effectifs de classe. Ce qui se passe dans la classe n’est pas évoqué et le traitement des difficultés est renvoyé à l’extérieur du cours dans les dispositifs d’aide, d’accompagnement, de remédiation... voire de relégation. Les recherches sur les pratiques pédagogiques qui permettent d’aider les élèves à l’intérieur de la classe sont balayées d’un revers de main par la théorisation de l’individualisation et de l’aide.
Le raccourcissement de deux semaines des vacances d’été s’accompagnerait d’un zonage avec toutes les implications sur l’organisation du baccalauréat (resterait-il national ?), les procédures d’orientation... et des difficultés accrues notamment pour les familles recomposées, qui doivent déjà jongler avec les calendriers de vacances différents suivant les académies. Ce serait également redoutable pour nos métiers avec une augmentation de deux semaines de notre temps de travail, soit plus de 5 % de ce temps. Si certains imaginent qu’elle puisse être rémunérée ou compensée, ils risquent d’être déçus... une telle mesure coûtant près de deux milliards d’euros par an pour le seul second degré public.
Le problème complexe des rythmes scolaires mérite mieux qu’une décision unilatérale dont l’affichage relève essentiellement de la stratégie politique à court terme.
Le SNES n’acceptera pas ce marché de dupes et exige que la concertation sur les rythmes scolaires soit poursuivie sur d’autres bases.
Sandrine Charrier