7 septembre 2007
S’il y a quelques mois, on évitait de parler de réforme au Ministère de l’Education Nationale, on n’hésite plus aujourd’hui à parler de refondation.
Dans sa lettre aux éducateurs, le président de la République dessine à mots couverts une Ecole beaucoup plus sélective rompant avec l’idée du collège unique, mettant en place une évaluation en fin de CM2 (pour les élèves qui n’auraient pas acquis les fondamentaux), des horaires à géométrie variable selon les collèges, limitant l’accès au lycée. Il projette une Ecole du service minimum avec moins d’options, moins de séries de bac, moins d’heures de cours afin d’ajuster la mission éducative à la saignée budgétaire prévue pour 2008. Comment en effet faire face, sans réduction de l’offre éducative au non remplacement d’un enseignant sur 3 ?
Les tables rondes sur le métier d’enseignant qui devrait débuter en octobre sont donc mal engagées. A priori, les autres métiers de l’Education ne sont pas concernés. Mais la préparation du « livre vert » voulu par le Ministre ne peut laisser de côté la question de la complémentarité COPSY – enseignant. Elle doit au contraire créer une dynamique qui fasse reconnaître les besoins et nos revendications. Pourtant le Ministre lui-même a souligné le lien étroit entre système éducatif et système d’orientation.
Dans sa conférence de presse de rentrée, il a en effet souligné que les pays qui avaient réformé leur système scolaire l’avaient fait en réformant leur système d’orientation. Il s’est interrogé sur l’opportunité de « repenser les sites d’orientation », de les « fusionner » « afin de construire des parcours d’orientation » et « d’agir de manière plus réactive et plus individualisée ».
Le chantier de l’orientation devrait s’ouvrir début 2008. La lecture du rapport de la mission sénatoriale nous renseigne précisément sur le sens de cette évolution : transfert des CIO aux régions, et transformation des COPSY en conseiller d’orientation professionnelle et psychologues.
Le Ministre de l’Education Nationale semble chercher à être le meilleur élève de l’OCDE, ce qui dans notre secteur est plutôt inquiétant. Mais, nous n’attendrons pas 2008 pour réagir.
Au dernier trimestre de l’année scolaire dernière, le SNES a participé à plusieurs réunions avec d’autres organisations et syndicats afin d’aboutir à un texte commun.
Celui-ci devrait être finalisé prochainement. Nous souhaitons qu’il serve de base à un rassemblement de toute la profession pour promouvoir notre conception de l’éducation et de l’orientation, exiger l’abandon des suppressions de postes et le retour à des recrutements en nombre suffisant. Le SNES mettra tout en œuvre pour y parvenir en prenant des initiatives en direction des enseignants et des parents.
Catherine Remermier Marie-Agnès Monnier