22 septembre 2010
1. Comment s’est déroulée ta pré-rentrée ?
(période entre la prise de connaissance de votre affectation et
l’arrivée dans l’établissement)
Gabrielle Après avoir pris connaissance de mon affectation, j’ai essayé de joindre le plus rapidement possible mon établissement. J’ai eu la possibilité d’être accueillie par mon chef d’établissement le vendredi 25 août. Au cours de cet entretien, j’ai appris que j’avais un seul niveau (des secondes) et un emploi du temps très correct (j’ai une journée de libre en plus de la journée de formation le vendredi), ce qui m’a un peu rassurée. Au cours de cette pré-rentrée, nous avons eu deux journées de formation disciplinaire (le lundi 30 août et le mardi 31 août). Nous avons eu une conférence le lundi matin qui ne m’a pas semblé indispensable puisqu’on nous a rappelé qu’il était désormais nécessaire de passer du savoir scientifique au savoir scolaire, ce qui, à mon sens, constitue un truisme. En revanche, le lundi après-midi et le mardi toute la journée, nous avons été regroupés en fonction de nos affectations (groupes lycée ou collège) et nos formateurs nous ont dispensé des conseils très pratiques concernant la manière de réagir face à telle ou telle situation problématique. Nous avons également tenté de bâtir une première séquence.
2. Comment as-tu été accueilli(e) par les collègues dans l’établissement ?
J’ai été très bien accueillie par mes collègues. Nombreux sont ceux qui m’ont proposé de me donner leurs premiers cours. Notre coordonnateur a d’ailleurs créé une boîte de partage sur Internet. D’autres collègues m’ont fait visiter l’établissement, m’ont prodigué des conseils divers et variés, très concrets. Notre coordonnateur a également créé, dès le soir de la pré-rentrée, une liste de diffusion. J’ai senti que tout était fait pour que je m’intègre au mieux au sein de l’équipe. Tous m’ont dit à quel point ils trouvaient que je débutais ma carrière dans des conditions extrêmement difficiles et ils ont fait part à mon égard d’une grande sollicitude. Certains m’ont aussi proposé d’assister à leurs cours ou de venir dans mes classes si j’en ressentais le besoin.
3. Quelles sont tes conditions de stage
( quelles classes, quelles formations, combien de niveaux, tuteur...) ?
J’ai la chance ( ! ) de n’avoir qu’un seul niveau, des secondes. Le tuteur qui a été désigné par le rectorat pour me suivre a refusé de l’être, ce que je comprends tout à fait. Cependant, malgré son refus, il m’a pris sous son aile et m’apporte une aide précieuse. J’ai déjà pu assister à certains de ses cours. Il m’a d’ores et déjà présenté ses premières séquences et m’a proposé de regarder les miennes afin d’y apporter éventuellement des améliorations. Enfin, il est prêt à venir assister à certains de mes cours. Au final, si, officiellement, je n’ai pas de tuteur, officieusement, j’en effectivement un. Cependant, comme il l’a lui-même souligné, ce mode de fonctionnement reste pervers. En effet, toutes les personnes qui n’ont pas de tuteur, seront, j’imagine, soutenues et encadrées par la personne qui a refusé le tutorat, ou du moins, par l’ensemble de l’équipe pédagogique. Or, si les stagiaires sans tuteur officiel parviennent à s’en sortir, il sera désormais possible d’envisager leur suppression pure et simple, ce qui assurera de nouvelles économies au ministère…
Quant à la formation disciplinaire, je la trouve, pour l’instant, globalement efficace. Nos formateurs ont passé du temps à nous expliquer comment élaborer une séquence. J’appréhendais beaucoup ces journées car la très grande majorité de mes amis enseignants avaient tous eu l’impression de perdre une grande partie de leur temps lors de ces formations. J’attends donc de voir la suite mais, actuellement, je suis plutôt satisfaite.
4. Quelles sont tes impressions après cette rentrée ?
Pour l’instant, malgré le soutien que je reçois, je me sens complètement débordée. Je passe énormément de temps à préparer mes cours (au minimum 10h par cours). Je vis très mal le fait de ne pas avoir de temps pour moi (je n’ai notamment pas lu un seul livre « détente » depuis la rentrée) et j’ai l’impression de travailler deux fois plus que lorsque je passais le concours… Je trouve également très regrettable, en terme de formation, de n’avoir pas le temps de pouvoir aller dans les classes de mes collègues. La charge que représente le temps plein ne nous permet absolument pas de travailler dans des conditions optimales. Si nous voulons parvenir à nous préserver, cela va se faire au détriment de la préparation des cours que nous allons forcément bâcler à un moment ou à un autre, ce qui est délétère non seulement pour nous, professeurs stagiaires rongés par la culpabilité d’avoir mal fait, mais également pour nos élèves. De plus, ce temps plein nous absorbe tellement l’esprit qu’il ne nous permet pas d’avoir du recul concernant ce que nous faisons, alors qu’il serait vraiment nécessaire d’en avoir durant cette année de formation. Bref, réforme du statut des stagiaires = sacrifice du système scolaire…