SNES - FSU

Annexes

Texte Adopté au congrès national de la FSU - Lille - Mars 2010

26 mai 2010

 

IV Les métiers, les missions, les formations

IV-1. Une nécessité : des professionnels plus nombreux et mieux formés

IV-1.1. La massification et la démocratisation de l’accès aux études se sont traduites notamment par une évolution des missions des enseignants et de l’ensemble des personnels de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais aussi par une diversification des emplois et des métiers de la sphère éducative, que ce soit dans le domaine associatif, dans d’autres ministères concernés par l’éducation et la formation des jeunes (justice, agriculture…) ou au niveau des collectivités territoriales.

Le contexte social, culturel et éthique dans lequel s’exercent les métiers des salariés de l’éducation et de la formation aujourd’hui les rend particulièrement complexes. Les exigences éducatives que la société exprime s’accroissent, tant au plan scientifique, professionnel que culturel. L’entrée de tous dans la société de la connaissance, dans la culture, suppose de considérer les questions des moyens attribués à la formation non comme un coût mais comme l’un des investissements les plus nécessaires et les plus prometteurs pour notre société.

IV-1.2. L’amélioration et le renforcement de la formation initiale et continue des personnels et la reconnaissance des qualifications acquises sont indispensables dans tous les secteurs d’activité. Certaines formations, notamment sociales, médicales et para-médicales, sont déjà concernées par le système LMD.

L’intégration des études des infirmières dans le dispositif LMD pose la question de la reconnaissance de leur qualification et de la poursuite de cette réforme jusqu’à l’universitarisation totale (aboutissant à une filière complète jusqu’au D).

IV-1.3. Pour la FSU, enseigner est un métier qui s’apprend. La formation des enseignants et leur recrutement sont des leviers essentiels pour transformer l’école en profondeur. La formation des enseignants et des CPE doit être améliorée et prendre en compte toutes les dimensions des métiers. La place, le rôle et la nature des stages en sont un élément essentiel et nécessitent qu’en soient clairement posés principes, objectifs et accompagnements. L’apprentissage du métier suppose une prise en charge progressive des différentes situations professionnelles, notamment par des stages de pratique accompagnée, avec des périodes comportant des séquences d’enseignement sous la responsabilité des enseignants/formateurs. La FSU considère que les stages proposés aux étudiants (avant les concours) doivent être conçus comme des moments de formation pré-professionnelle intégrés aux études, donnant lieu à un véritable travail de réflexion en lien avec la formation universitaire et validés dans le cursus. Les étudiants stagiaires ne doivent pas être utilisés comme moyens d’enseignement ou de remplacement. Quant aux fonctionnaires-stagiaires (reçus aux concours), ils doivent bénéficier d’une année pleine et entière de formation initiale, avec notamment des stages de pratique accompagnée et une mise en responsabilité progressive qui comporte 2/3 de temps de service consacré à la formation professionnelle.

IV-1.4. Les formations des salariés du secteur de l’éducation et de la formation doivent intégrer une réflexion sur la nature, les exigences, l’évolution des différents métiers, et développer davantage les notions de culture et d’esprit critique. L’ensemble des personnels de l’éducation (enseignants, CPE, assistantes sociales, psychologues scolaires, infirmières, COPsy, BIATOSS, ATSEM, etc.) sont concernés, l’enjeu étant également d’améliorer et de renforcer les possibilités de travail en équipes pluri-professionnelles afin de permettre une prévention efficace et une meilleure prise en charge des jeunes, notamment les plus en difficulté. Tous les personnels de l’éducation doivent pouvoir aussi bénéficier, sur leur temps de travail, de formations communes en plus de leurs formations spécifiques. IV-2. Des régressions en cours IV-2.1. Essentiellement guidées par la volonté de diminuer l’emploi public et de restreindre les contours des services publics, les politiques actuelles en matière d’éducation et de formation tournent le dos à ces enjeux : développement de la précarité, notamment suite aux baisses des recrutements de personnels titulaires, remise en question de certains métiers, redéfinition des métiers et des missions, appauvrissement des formations, désengagement de l’État.

La FSU dénonce le choix du gouvernement qui, dans le même temps, refuse l’augmentation du nombre de postes aux concours de recrutement de l’enseignement public et augmente largement le nombre de postes dans le privé.

Le secteur associatif est confronté à des difficultés de financement récurrentes.

En outre, ces politiques tendent à faire évoluer un certain nombre de professions, de personnels de conception vers des personnels d’application. C’est notamment le cas dans les secteurs de l’animation et du sport, confrontés à un appauvrissement de leurs missions. Les choix budgétaires aboutissent à une dégradation inacceptable des remplacements des personnels à tous les niveaux du système éducatif, ne permettant plus d’assurer dans de bonnes conditions la continuité du service public et la formation continue. 22 Le remplacement doit donc être reconnu comme un besoin permanent du service public d’éducation, assuré par des personnels titulaires et qualifiés. Cela nécessite la création des postes budgétaires nécessaires et une amélioration de leurs conditions de travail. La gestion des remplacements ne doit pas être externalisée, par exemple par le biais d’une agence de remplacement et le recours à l’intérim. La FSU rappelle qu’elle est opposée aux remplacements De Robien dans le second degré. IV-2.2. Au niveau de la formation des maîtres, c’est la même logique de réduction des coûts et d’une conception simpliste des métiers qui a prévalu : d’une part le gouvernement utilise cette réforme pour supprimer plus de 15 000 emplois de fonctionnaires-stagiaires dès 2010 et d’autre part il réduit la formation des enseignants à un simple compagnonnage en faisant table rase du potentiel et de l’expérience des IUFM, composante universitaire chargée de la formation professionnelle de tous les enseignants et CPE.

Cette réforme régressive s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’Etat et du rapport Silicani qui propose de supprimer la formation après les concours. Autre danger, avec la RGPP, le risque d’un développement important de la précarité et, à terme, d’une remise en cause des concours par une baisse drastique des recrutements.

Malgré l’opposition quasi-totale de la communauté éducative et universitaire, le ministère a multiplié les passages en force (comme en décembre 2009 avec la circulaire dite Hetzel de cadrage des masters) et cherche à imposer une conception de la formation fondée sur la succession dans le temps d’une formation disciplinaire et d’un simulacre de formation professionnelle, qui se réduit à des stages et à quelques « modules de formation ». La formation professionnelle des enseignants ne peut s’accommoder de la modification de masters existants par des assemblages improvisés de quelques modules, ni de stages en responsabilité avant le concours dont l’organisation et le contenu, déjà imposés dans l’année « transitoire », sont inacceptables. Quant à l’augmentation du temps d’enseignement en responsabilité des fonctionnaires-stagiaires après le concours, elle détériorera considérablement la formation professionnelle des enseignants. Dans certains COM/DOM, la réforme se heurtera à des difficultés supplémentaires liées à un déficit de cursus de masters.

La FSU dénonce la diminution massive depuis plusieurs années du nombre de postes aux concours internes et externes et demande que soient revues les perspectives de recrutement des enseignants dès les concours 2010, selon un plan pluriannuel de créations d’emplois et de recrutements afin de répondre aux besoins à tous les niveaux du système éducatif, d’améliorer les conditions d’enseignement, de permettre un accès plus large aux métiers de l’enseignement, d’offrir aux étudiants une meilleure lisibilité sur l’avenir et de favoriser l’accès aux concours internes dans tous les secteurs. En particulier il est urgent d’imposer un plan pluriannuel pour les CPE et COPsy qui ne sont actuellement remplacés qu’à hauteur de 1 sur 6 départs en retraite. Devant la diminution prévisible et déjà engagée dans le second degré du « vivier » de candidats aux métiers d’enseignants, la FSU rappelle la nécessité et l’urgence de mettre en place des pré-recrutements.

IV-2.3. La FSU dénonce la publication des décrets sur les statuts particuliers des enseignants. Elle réaffirme son exigence d’abandon de la réforme en l’état ainsi que du retrait des textes d’application concernant la formation déjà publiés, au profit d’une toute autre réforme. Elle s’oppose à ce que l’année dite transitoire soit l’occasion d’un passage en force d’une réforme inacceptable au mépris de l’intérêt des élèves et des futurs enseignants. Inscriptions, validations et stages doivent notamment faire l’objet de discussions et non être imposés dans l’urgence au mépris des étudiants et, dans le cas des stages, dans l’abstraction de l’intérêt des élèves. La FSU renouvelle son exigence que les dispositions sur l’organisation des stages pour les étudiants de M1 et M2 soient profondément modifiées, ce qui nécessite que la circulaire dite des « stages 108h » du 20 août 2009 soit retirée et qu’un nouveau texte soit négocié. IV-3. La FSU propose... [A noter : les questions de carrière, grille indiciaire, reconnaissance des qualifications…sont traitées dans le thème 2]

IV-3.1. Le projet d’une nouvelle étape de démocratisation du système éducatif que porte la FSU inclut naturellement celui d’une définition exigeante de l’ensemble des métiers concernés, ainsi que des missions qui leur sont associées.

La FSU revendique pour tous les personnels d’éducation et de formation de la fonction publique dans leurs différents secteurs d’activité, une formation initiale rémunérée préalable à la prise de fonctions et une véritable formation continue.

IV-3.2. Le métier d’enseignant nécessite une formation de haut niveau.

C’est pourquoi la FSU porte des propositions ambitieuses :

- Améliorer la formation des enseignants pour mieux répondre à l’objectif d’une vraie démocratisation de l’éducation et de l’accès à la profession ;

– Permettre à tous les élèves d’entrer dans les apprentissages, quelles que soient leurs difficultés, constitue un défi que les enseignants doivent relever au quotidien ; cela suppose qu’ils soient outillés pour comprendre ce qui fait obstacle aux apprentissages. L’amélioration de la formation passe par une élévation du niveau de qualification qui doit fournir les outils nécessaires aux futurs enseignants, pour faire accéder tous les élèves à une véritable culture commune et non à un socle commun inégalitaire et réducteur, leur permettre de se construire comme citoyens ;

– La formation des enseignants et des CPE doit être pensée de manière progressive tout au long des cursus en amont du concours comme après, selon le modèle de formation dite « intégrée » et non « successive », une formation en alternance qui articule les différentes dimensions académiques et professionnelles et pour laquelle la progressivité, la place, les objectifs, la nature, le suivi et l’évaluation des stages doivent être clairement identifiés ;

– L’amélioration de la formation initiale et continue doit déboucher sur une revalorisation de tous les personnels.

IV-3.3. La FSU entend obtenir des ministres de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de l’Enseignement supérieur des engagements correspondant à ses demandes sur l’année de stage, le devenir et les moyens des IUFM (et centres de formations d’enseignants relevant d’autres ministères), le cadrage national des masters, l’articulation concours et masters, les prérecrutements, la résorption de la précarité afin d’obtenir une tout autre réforme permettant une véritable amélioration de la formation et du recrutement des enseignants. C’est pourquoi, la FSU revendique : – Un recrutement par concours national, au même niveau pour tous, afin d’éviter le décrochage PE / Certifiés / PLP / PEPS et CPE ; – Une programmation pluriannuelle des recrutements avec un nombre de postes correspondant aux besoins et à une réelle ambition pour le service public d’éducation, afin d’éviter le recours aux précaires ;

– Des formations adossées à la recherche qui doit être développée, tant au niveau des disciplines qu’au niveau didactique, pédagogique et professionnel ;

– Une élévation de la qualification tant disciplinaire (ou pluridisciplinaire) que professionnelle de tous les enseignants des premier et second degrés et des CPE, reconnue par un master ;

– Une année de fonctionnaire stagiaire pour les lauréats de concours de l’éducation nationale qui soit une véritable année de formation et d’entrée progressive dans le métier avec un service d’enseignement réduit de 2/3 qui permette un aller/retour entre la pratique professionnelle et l’analyse des pratiques ;

– Des décharges de service et des formations pour les formateurs de terrain : « tuteurs » dans les établissements du second degré et maîtres formateurs du premier degré ;

– Le maintien et le développement du potentiel de formation et en particulier des équipes pluricatégorielles de formateurs, le maintien des sites de formation, tout particulièrement les IUFM, pour la formation initiale et continue. Dans le cadre du projet de formation des enseignants porté par la FSU, le rôle des IUFM, réelles composantes des universités, doit être réaffirmé : c’est celui de contribuer à la conception des masters, leur mise en oeuvre et leur validation ainsi qu’à la formation après le concours. Ceci en coopération entre toutes les universités d’une même académie ;

– Une carte des formations qui permette la préparation de tous les concours, garantis sur l’ensemble du territoire, s’appuyant sur les IUFM ;

– Le maintien et le développement des formations spécialisées (CAPA-SH dans toutes les options, DDEAS…) ainsi que des assurances sur le devenir des centres de formation ASH et de l’ensemble des formations spécialisées dans le nouveau cadre universitaire de formation des maîtres ;

– Le recrutement au niveau du master 2 de psychologie des COPsy et psychologues scolaires. Dans le cadre du recrutement interne (conformément à la loi de 1985 sur le titre de psychologue), la formation doit être organisée afin de permettre aux enseignants d’accéder à la préparation des diplômes requis.

IV-3.4. Cela impose :

– Un cadrage national de la formation et des masters (volume horaire conséquent, contenus, nature et progressivité des stages…) ;

– L’intégration, à côté des connaissances disciplinaires, d’éléments pré-professionnalisants dans le cursus universitaire dès la licence ;

– Une « formation pré-professionnalisante » qui comporte de véritables stages (observation, pratiques accompagnées) encadrés tant par un formateur de terrain (maîtres formateurs avec décharges de service et maintien des réseaux d’écoles d’application pour les écoles, enseignants dans l’établissement dans le second degré) que par des formateurs /enseignants de l’IUFM et de l’université. Tous les stages doivent être intégrés aux contenus de formation et non répondre à des impératifs gestionnaires. Les étudiants ne doivent pas servir de moyens d’enseignement ni de remplacement ;

– Une entrée progressive dans le métier lors des deux premières années après titularisation ;

– Un développement de la formation initiale et continue des formateurs, formation qui doit être qualifiante ;

– Le développement et la diffusion des recherches en éducation, une place spécifique et reconnue de l’INRP rénové et doté de moyens nouveaux.

IV-3.5. Pour les étudiants, la FSU revendique :

– Des aides matérielles et financières significatives, une allocation d’autonomie et des pré-recrutements les assimilant à des fonctionnaires stagiaires, pour rendre attractives et plus accessibles les voies qui mènent aux métiers de l’enseignement et de l’éducation, et pour assurer la démocratisation et la diversité sociale dans nos professions ;

– Les concours doivent rester ouverts à tous (et pas seulement aux pré-recrutés), pour rendre possibles des choix tardifs et des reconversions ;

– La réorientation universitaire doit rester possible ;

– Tous les masters doivent permettre la double finalité d’insertion professionnelle et de poursuite d’études au niveau Doctorat ;

– Les débouchés professionnels autres que l’accès aux métiers de l’enseignement doivent être identifiés et clairement proposés aux étudiants. Ces points font accord dans la FSU.

 
 

Tableau des indices

Texte adopté au congrès national du SNES - Perpignan - Mars 2009

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