6 mars 2011
Une journée et demie d’exposés et de débats, des séquences gastronomiques, pour certains une visite du vieux Dijon avec un guide aussi passionné qu’érudit. Nos trésoriers nationaux et sur place Claude Béziers avec son équipe d’accueil ont assuré avec succès l’organisation de cette AG, la qualité des intervenants faisant le reste.
Pour commencer, Jean-Paul fait un tour d’horizon de la situation balayant l’international et notamment la Tunisie et Égypte, l’Europe en crise poursuivant sa politique libérale, la France, son président de la République qui provoque une grève de la Justice, ses ministres canailles, où devant la carence du politique il faudrait que le mouvement social prenne la relève, où la lutte contre les déficits publics sert de prétexte à des attaques inadmissibles contre les services publics et leurs personnels, notamment dans le second degré de l’EN.
Puis, avec Françoise, place à la santé, aux ARS et à la perte d’autonomie, avec un diaporama qui mérite d’être mis sur le site du SNES. On brasse de nombreuses questions : les ARS qui se mêlent de tout, avec un fonctionnement tout sauf démocratique, où la parole syndicale est absente ; la difficulté pour la FSU d’entrer en tant que telle dans les débats officiels ; la prévention ; la situation de l’hôpital public et la nécessité d’avoir des contacts avec les associations qui le défendent ; la journée d’action du 2 avril pour un système de santé public solidaire partout pour tous et contre la politique mise en place par les ARS ; l’urgence d’approfondir nos mandats sur le financement de la perte d’autonomie ; la MGEN et la dépendance ; l’apparition des « praticiens intermédiaires » qui pourraient prendre en charge certaines catégories dont les personnes âgées…..On demande une réflexion sur le bénévolat. Toute initiative de débat public est la bienvenue.
Vient ensuite avec Jacky la question du financement de la perte d’autonomie, qui représente aujourd’hui 1,1% du PIB, 1,5% en 2050. A travers les déclarations du gouvernement et du MEDEF on voit bien que c’est en fait la mise en pièces de tout notre système de protection sociale et sa privatisation qui sont en jeu. C’est donc du financement de la protection sociale qu’il faut s’occuper. La FSU réfute toute discrimination liée à l’âge, considère que la perte d’autonomie relève de la solidarité nationale dans le cadre des branches existantes, et préconise la création d’un service public répondant aux besoins des retraités et des personnes âgées.
Différentes voies (UMP, MEDEF, Piketty) sont passées en revue : assurance, cotisation mutualiste, épargne individuelle, TVA sociale, augmentation de la TVA et de la CSG, « révolution fiscale » fusionnant IRPPet CSG.
Notre invité Christian Steenhoudt donnera la position de son syndicat : le SNUI (Impôts Solidaires) est pour une 5ème branche de la Sécurité Sociale, alimentée par une contribution universelle progressive sur tous les revenus y compris ceux du patrimoine et sur le patrimoine.
Intermède sur la fiscalité, avec Christian. D’abord les impôts locaux (71 milliards en 2009, dont 31 de taxe professionnelle, en augmentation de 8%,). Il faut savoir que les collectivités territoriales réalisent 75% des investissements publics et que 10% des Français détiennent 50% du patrimoine. La suppression de la TP, remplacée par la contribution économique territoriale défavorise les entreprises de main d’œuvre et fait perdre 11 milliards aux CT, qui sont étranglées par les transferts de compétences sans les compensations suffisantes, et qui se retournent vers les ménages. Cette réforme s’est faite sans formation des personnels.
Coup d’œil sur les impôts nationaux : la crise et la réforme des retraites ont fait émerger le débat sur la répartition des richesses, notamment l’injustice du bouclier fiscal ; le supprimer rapporterait 700 millions, supprimer l’ISF ferait perdre 4,5 milliards ; la CSG et la TVA rapportent chacune plus que l’IRPP ; la TVA est très élevée, c’est l’impôt le plus injuste et le plus fraudé ; 50% des contribuables ne paient pas l’IRPP. Au final ce sont les classes moyennes qui trinquent, les riches sont épargnés. Pour une réforme de la fiscalité le SNUI lance quelques pistes : réfléchir à la publicité de l’impôt, à la prise en compte des enfants, conserver l’ISF, imposer chaque citoyen même pour une somme minime, imposer le bénéfice brut d’exploitation.
Le débat met l’accent sur la complexité de la prise en charge des personnes en situation de perte d’autonomie, notamment à domicile, l’indispensable formation des intervenants, la non prise en charge réelle des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, la marchandisation par le biais des autoentreprises d’aide à la personne,…. et le manque d’anticipation pour la définition de nos mandats. Des interrogations : quand est-on dépendant ? et est-ce si coûteux au regard d’autres dépenses ? Il nous faut chiffrer pour prouver que la prise en charge solidaire est possible.
Nous sommes le 10 février, jour de grève et de manifestations à l’appel de la FSU. Daniel Robin, cosecrétaire général, informe que c’est la meilleure grève depuis 2 ans et demi. Le succès témoigne du rejet global de la politique menée à l’EN. Il brosse un tableau complet des attaques que subissent le second degré, ses personnels, notre métier. Le SNES appelle les personnels du second degré à manifester le 19 mars, de préférence à Paris pour mettre massivement en avant les problèmes de ce secteur, ou dans les départements.
Daniel évoque aussi la question de l’avenir du syndicalisme. La loi sur le dialogue social va provoquer la disparition d’organisations minoritaires dans leurs secteurs. Des tentatives de rapprochement se dessinent (par exemple UNSA-CFDT). La FSU a des contacts réguliers avec la CGT et Solidaires ; plusieurs colloques communs ont été organisés. Mais rien n’est simple dans ce domaine, et c’est un travail de terrain, non une démarche d’appareil, qui fera bouger les lignes.
Du côté des UCR la FSU n’a toujours pas de réponse, ni à sa nième demande d’entrer dans l’intersyndicale des retraités au niveau national (depuis nous savons que c’est non) ni à sa proposition d’une carte postale commune à Sarkozy sur le pouvoir d’achat. L’incertitude règne sur le devenir du travail commun SFRN-FSU/UCR-CGT sur la perte d’autonomie. Plusieurs camarades font le même constat dans leur département d’initiatives communes bien avancées et qui n’aboutissent pas suite aux réticences nouvelles de la CGT. On veut bien de la FSU pour bosser mais pas pour signer. Il semble plus facile de travailler en intersyndicale dans les CODERPA.
L’avenir de la FGR-FP : un important sujet d’actualité
Voir par ailleurs l’article d’Annie Eveno.
La FGR-FP est un outil unitaire, un lieu de rencontre et de débats, a une expertise. Il faut la préserver et la renforcer. Le souvenir cuisant de la FEN a laissé des traces mais, la FSU y devenant majoritaire, des manœuvres ne sont pas à exclure. Il faut mener le débat dans les départements. De nombreux membres du SE-UNSA sont opposés à la proposition de J.Maurice et veulent que la FGR-FP conserve son caractère syndical. Dans plusieurs départements une motion a déjà été votée dans ce sens à l’unanimité.
Des associations travaillent avec la FGR mais ne veulent pas y adhérer. D’autres sont tellement réactionnaires ou antisyndicats qu’il vaut mieux les éviter.
Il est difficile de trouver des militants pour animer la FSU retraités, le S1 des retraités, la FGR-FP, le CODERPA.
Pour conclure une dijonnaise, Odile Cordelier, fait le lien entre actifs et retraités. Pour elle le travail des retraités du SNES doit être intégré dans le travail national et leur syndicalisme est l’affaire de tous. Ils ont une expertise à transmettre. Le débat sur la FGR-FP devrait faire l’objet d’un article dans l’US. Vice-présidente du Comité Syndical Européen Education, elle nous indique que des luttes similaires aux nôtres sur les retraites, la protection sociale ont lieu en Europe, malheureusement sans coordination. Elle travaille principalement avec des syndicats allemand, britanniques et italien. La FSU a demandé son adhésion à la CES mais sans attendre il faut se préoccuper de l’adhésion de la SFRN à la FERPA.