3 mars 2010
La bascule des régimes de retraite existants vers un régime unique par points ou comptes notionnels étudiée par le COR prendrait trop de temps pour produire des effets. Le gouvernement recherche donc des mesures qui dès les prochains mois dégraderaient un peu plus les pensions. L’hypothèse d’une loi adoptée à l’automne est évoquée. Ce qui laisserait bien peu de temps au débat public, puisque le projet gouvernemental pourrait n’être connu précisément qu’après le scrutin régional de mars.
Le report de l’âge légal de la retraite semble la piste centrale pour 2010 d’autant plus facile à vendre qu’un récent sondage situe à 62 ans l’âge moyen auquel les personnes interrogées accepteraient de reporter leur départ « pour avoir une bonne retraite » et à près de 65 ans l’âge moyen auquel elles s’estiment contraintes de travailler encore. Mais un âge peut en cacher un autre, car reporter l’âge du droit à la retraite, c’est reporter aussi celui d’un départ sans décote, fixé à 65 ans en 2020. Un fonctionnaire dont la carrière a été continue de 25 à 62 ans aurait par application des règles actuellement énoncées pour 2020 un taux de pension de 56,5%. Un décalage de 2 ans des bornes d’âge fait chuter ce taux de plus de 10%, à 50,7% ! Une telle mesure concernerait aussi bien les fonctionnaires que les salariés du privé et les non titulaires de la Fonction publique relevant du régime général. Mais en la présentant, les membres du gouvernement ont souligné que cela nécessiterait de revenir sur des particularités du code des pensions. La référence au traitement des six derniers mois est soulevée sans même être rapprochée de la sévérité du décompte de la durée des services et de la durée d’assurance propre à la Fonction publique, ni bien sûr par la construction statutaire de la carrière. Les droits familiaux et conjugaux de retraite seront aussi débattus avec le risque majeur d’un alignement vers le bas.
Le gouvernement refuse de poser la question d’une augmentation du financement ; pourtant cette piste que la FSU défend commence à être partagée dans l’opinion. La FSU poursuivra le débat, elle s’attachera à montrer que les réformes en œuvre appauvrissent ceux qui ont connu dans leur vie professionnelle précarité, interruptions de carrières, temps partiels comme elles détruisent les garanties apportées aux générations les plus jeunes entrées plus tardivement dans la vie professionnelle. Il est urgent de reconstruire une mobilisation unitaire en proposant des actions inscrites dans un processus durable. Le congrès de la FSU a adopté un appel en ce sens. La journée du 23 mars devra avoir des suites.