20 mai 2010
Le gouvernement a construit un calendrier et une méthode adaptés à l’objectif d’imposer des régressions que la population rejette. Il a tenté de prendre la main en recevant les organisations syndicales les unes après les autres « pour dire aux Français : (…) voilà ce que valent les solutions qui sont proposées par les uns et par les autres ».
L’assimilation des besoins de financements à des déficits, accumulés pour faire bonne mesure et assommer l’opinion avec des centaines de milliards d’euros, peut illustrer le déchainement médiatique auquel a donné lieu la publication du rapport du COR en avril dernier. La responsabilité de la crise dans l’aggravation des projections entre 2007 et 2010 est occultée.
Les 14 engagements du gouvernement se veulent rassurants pour les retraités et les salariés tout en se pliant au véto du MEDEF ! Le gouvernement rejette l’idée pourtant de plus en plus partagée que pour garantir les retraites il est nécessaire de mobiliser des financements nouveaux et récuse toute augmentation des cotisations, patronales car cela détruirait des emplois , salariales car cela pénaliserait le pouvoir d’achat. Le gouvernement n’en a pas moins été contraint de concéder une « contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital (…) affectés au financement des mécanismes de solidarité », sans préciser davantage ni l’ampleur, ni les modalités. Ce faisant il ferme toutes les portes qui ne seraient pas celles du « travailler plus longtemps ». En allongeant la durée d’activité exigée, il maintient dans l’emploi les salariés les plus âgés en laissant les jeunes à la porte du marché du travail. En retenant des critères inatteignables par les salariés, il programme la baisse des pensions.
Tout en assumant leurs différences d’approche, les organisations syndicales FSU, CFDT, CGT, Solidaires, UNSA se retrouvent pour affirmer leur refus de toute remise en cause de l’âge légal de 60 ans. Elles considèrent qu’une « plus juste répartition des richesses, la réduction des inégalités, l’égalité entre les Femmes et les Hommes au travail s’imposent aussi pour garantir à tous un bon niveau de vie à la retraite » et que « la pénibilité du travail doit être reconnue et ouvrir des droits à un départ anticipé à la retraite ». Cette démarche unitaire, concrétisée par la journée de grèves et de manifestations du 27 mai est un obstacle dans la tactique du gouvernement qui tout au long du document d’orientation, tente d’introduire une brèche dans le front unitaire. Seule la mobilisation des salariés peut mettre en échec cette stratégie. Autre tentative de division, opposer les salariés du public et du privé. Au nom de « l’équité », il conviendrait de « poursuivre la convergence entre les régimes de retraite du public et du privé » en revenant sur les règles spécifiques qui « ne seraient plus adaptées ». La règle des 6 derniers mois qui se justifie par les particularités d’évolution des traitements des fonctionnaires au cours de leur carrière est explicitement menacée.
Le SNES et la FSU ne laisseront pas se faire des choix qui pénaliseraient les salariés ou remettraient en cause le Code des pensions. On trouvera sur le site de la FSU à la disposition de tous argumentaires et documents pour défendre d’autres choix que ceux des régressions qui se profilent.