18 décembre 2009
Compte rendu de l’audience SNES / ministère du 17 novembre 2009
Représentants le Ministère au niveau de la DGESCO : Jean-marc HUART (sous -direction des formations professionnelles) Marie- véronique SAMAMAPATTE et Gilles ZELAZNY (bureau de la formation professionnelle initiale, de l’apprentissage et de l’insertion) Représentants le SNES : Thierry REYGADES ( secrétaire national) Paul- marc REMY et Yvan LOURDAIS-LEROUX (groupe MGI national)
La demande d’audience portait, de façon un peu provocatrice sur « La politique du Ministère de l’Education Nationale en matière de décrochage scolaire ».
C’était pour le SNES une façon de préciser que notre entrée était les jeunes et ceci dans le cadre de l’éducation et de la formation tout au long de la vie. Il s’agit de traiter le problème du décrochage dans le cadre d’une sécurisation des parcours de formation et d’insertion, première étape à la sécurisation des parcours professionnels.
Le mandat su SNES est de contribuer à porter la scolarité pour tous à au moins 18 ans et à faire en sorte que tout jeune sorte du système éducatif avec au moins un niveau de qualification.
Mais nous sommes obligés de faire le bilan que 47 000 jeunes sortent sans qualification et 150 000 sans diplômes.
Le décrochage est donc une réalité, il doit être traité, pour le SNES, c’est la responsabilité du ministère de l’Education Nationale.
Aujourd’hui, nous percevons un abandon de cette question par ce ministère, à titre d’exemples :
circulaire interministérielle sur le repérage des décrocheurs ;
propositions de Martin HIRSCH ;
discours de Nicolas SARKOZY à Avignon ;
expérimentations et traitement au niveau régional ;
réformes prévus ou engagées : voie professionnelle, lycée, qui oublient la notion de démocratisation.
Pourtant la Mission générale d’Insertion de l’Education Nationale montre son efficacité : sur 55 000 entretiens de situation, 75% des jeunes sont revenus en formation et seuls 20% sont restés sans solution.
Mais nous estimons qu’environ 200 000 jeunes devraient être touchés chaque année par ces actions et en pure arithmétique il faudrait multiplier par 4 les moyens de la MGIEN.
Nous notons des démarches très variables dans les académies, en terme d’actions et de financement.
Le SNES demande :
un pilotage national des actions visant à lutter contre le décrochage, une lettre de cadrage spécifique ;
une réflexion sur la professionnalisation des acteurs ;
une étude qualitative et quantitative des actions mises en œuvre.
Après cette introduction de Thierry REYGADES, Monsieur HUART de la DGESCO est intervenu, précisant la position du Ministère sur le décrochage scolaire : « il ne faut pas regarder le phénomène du décrochage scolaire en « village gaulois » : l’Education Nationale doit intégrer la notion de partenariat en liaison avec les autres structures (mission locale, pôle emploi…). Cette position exprimée par Monsieur HUART est également confortée par Madame SAMAMA-PATTE, qui s’interrogeant à voix haute se demande si : « est-il vraiment gênant que l’Education nationale ne soit pas seule à piloter le dispositif de lutte contre le décrochage scolaire ? ».
Le ministère reprend à son compte les dispositions prises dans le cadre du plan de Martin HIRSCH (livre vert), notamment la marge de manœuvre laissée aux recteurs (exemple : convention cadre signée entre le rectorat de Toulouse et l’union régionale des Missions Locales) et le pilotage de l’ensemble du dispositif par le préfet du département.
Monsieur HUART reconnaît qu’il existe un problème récurent concernant le repérage par l’Education Nationale, des jeunes sortis du système éducatif sans diplômes (Thierry REYGADES parle de 150 000 jeunes et Monsieur HUART avance le chiffre de 120 000 jeunes).
Paul-Marc REMY et Yvan LOURDAIS-LEROUX interpellent Madame SAMAMA-PATTE sur le devenir de la circulaire ministérielle de cadrage concernant la MGI prévue en 2007. Nous n’obtenons pas de réponse claire à ce sujet.
Monsieur HUART par contre reconnaît la nécessité d’une redéfinition de la mission à travers :
les objectifs
les publics
les personnels concernés.
Il parle d’intégrer dans cette réflexion une évaluation des dispositifs expérimentaux, de remédiation contre le décrochage et l’échec scolaire (écoles de la deuxième chance, lycée auto-géré, lycée élitaire de Grenoble).Il propose au premier semestre 2010 (au mois de mai), une journée nationale consacrée à la MGI.
Paul-Marc REMY et Yvan LOURDAIS-LEROUX posent le problème des perspectives et du déroulement de carrière des titulaires et non-titulaires de la MGI (inspection, notation, mutation, détachement, CDI, CPIF…). Monsieur HUART reconnaît qu’il existe des difficultés concernant ces questions, mais ne semble pas retenir, pour le moment, l’idée de la mise en place d’un groupe de travail (demandé par le SNES dès 2006) consacré au référentiel CPIF. Nos interlocuteurs évoquent l’existence d’un malaise profond qui touche l’ensemble des personnels de la MGI (maladie, départ volontaires, démission…).
Thierry REYGADES remercie nos interlocuteurs et les invite
. ( vous renseigner auprès du secteur national MGI)
Paul -marc REMY Yvan LOURDAIS-LEROUX (groupe MGI national)