18 juin 2008
Alors que la « société de la connaissance » exige pour chaque individu un haut niveau de formation et de qualification tout au long de sa vie, et que, minée par les inégalités devant l’accès à la qualification et à l’emploi, cette société exige aussi une intervention spécifique en faveur des jeunes les plus socialement et territorialement défavorisés, le gouvernement actuel semble s’acharner à dessaisir l’Education Nationale de toute initiative concernant la Formation Tout au Long de la Vie, en faveur d’autres dispositifs. C’est d’autant plus paradoxal que l’E.N, de par l’ampleur, la qualité et la diversité de son potentiel d’enseignants, de formateurs, d’éducateurs, constitue bien le premier des services publics à pouvoir répondre à ces exigences. Comment en effet interpréter autrement le désengagement de l’Education Nationale du pilotage de 2 de ses missions structurelles : de la MGIEN dont l’encadrement, dans le contexte du dispositif Borloo, est de fait transféré au service national de Défense et au tout apprentissage ; alors que chaque année cette mission, qui est centrée sur les 150000 jeunes en voie de déscolarisation et/ou sortis du système éducatif sans qualification, réussit à réinsérer scolairement une partie importante des 75000 élèves pris en charge. De la FCA, censée sur le marché de la formation professionnelle répondre aux besoins de Formation Professionnelle Continue des salariés et des entreprises, et d’éducation permanente des adultes ; une mission des GRETA, reformatée dans le contexte de la décentralisation aux régions de la formation professionnelle, et dont la maîtrise risque fort d’échoir aux AFPA régionalisées (voir l’exemple de la région centre) ; quid de l’éducation permanente, des actions d’enseignement général, diplômantes ? sans évoquer le raccourcissement drastique actuel de la duré des stages de formation.
En laissant s’affaiblir la Mission Générale d’Insertion de l’E.N. et celle de la Formation Continue des Adultes réalisée dans les GRETA le gouvernement actuel écarte progressivement l’Education Nationale de toute compétence sur la Formation tout au long de la vie ; ce faisant, il réalise sans doute des économies budgétaires, mais en contradiction avec ce qu’il affiche : se donner les moyens d’attaquer les racines de la fracture sociale.
Le SNES et la FSU, s’opposent à cette démarche qui repose sur une conception très restrictive de la Formation tout au long de la vie, centrée sur l’employabilité à cour terme de la « ressource humaine », pour laquelle la formation véritable est uniquement un coût, un détournement de moyen de l’activité immédiate de production.
Au contraire, c’est à partir d’une conception ambitieuse de la Formation tout au long de la vie, au service de la société et des individus, conçue comme un investissement dans la durée, à la fois collectif et individuel, vecteur d’une transformation économique, sociale et culturelle, que le SNES et la FSU défendent la MGIEN et la FCA et leurs personnels.